Gesec : la donnée comme levier pour accélérer la transition écologique
À l'occasion de sa Convention des Partenaires, organisée le 17 septembre à Paris, le Gesec a placé la coopération et le partage de la donnée au cœur de sa Vision 2040. Le réseau de PME du génie climatique et électrique entend ainsi faire émerger de nouveaux leviers pour développer l'économie circulaire, préserver les ressources et renforcer la compétitivité des entreprises.
Réunissant chaque année les entreprises, industriels et distributeurs de son écosystème, la Convention des Partenaires du Gesec a cette année pris une dimension particulière. L'édition 2026 constitue en effet la première action de déploiement de la Vision 2040 du groupement, qui entend contribuer à transformer les métiers de l'eau, de l'air et des énergies.
Créé en 1970, le Gesec fédère aujourd'hui environ 420 PME indépendantes, représentant plus de 11 100 collaborateurs et un chiffre d'affaires cumulé de 1,7 Md€. Le réseau compte également 84 partenaires, fabricants, distributeurs et entreprises de services.
Cette nouvelle feuille de route place notamment la sobriété, l'efficacité énergétique, la préservation de l'eau, la réduction des pollutions et l'économie circulaire au premier plan. Elle mise aussi sur davantage de mutualisation et de coopération entre entreprises, industriels, clients et acteurs des territoires.
Sortir d'une logique linéaire
Pour le Gesec, cette transformation passe notamment par une meilleure exploitation des informations produites tout au long de la vie d'un bâtiment. Aujourd'hui, les données relatives aux équipements, à leur état, à leur historique ou aux interventions réalisées restent dispersées entre les différents métiers.
Or, cette connaissance peut devenir déterminante lorsqu'il s'agit de choisir entre entretenir, réparer, remplacer, réemployer ou recycler. Le passage à une économie plus circulaire suppose donc de conserver et de structurer davantage ces informations.
Le partage de la donnée pourrait ainsi contribuer à mieux anticiper les interventions, faire évoluer la maintenance curative vers des approches préventives, voire prédictives, prolonger la durée de vie des équipements ou encore identifier des gisements de matériaux et de mobilier réemployables. Il pourrait également faciliter la coordination des différents intervenants sur un même bâtiment et permettre de mesurer plus précisément l'impact environnemental des projets.
Coopérer sans renoncer à la confidentialité
Reste un obstacle majeur : la donnée est aussi une ressource stratégique pour les entreprises. Sa mutualisation peut susciter des craintes liées à la protection des savoir-faire, à la concurrence ou à la création de valeur au profit d'autres acteurs.
Le Gesec défend donc une approche qui ne consiste pas à rendre toutes les données accessibles à tous. Des modèles de coopération peuvent permettre de construire collectivement des connaissances, des outils ou des services tout en conservant la maîtrise des informations sensibles.
La question posée lors de la Convention n'est ainsi pas seulement celle de la circulation de la donnée, mais de ce que les acteurs peuvent accomplir ensemble grâce à elle. Une telle démarche implique de définir en amont les objectifs, les données nécessaires, les contributions de chacun, mais aussi les règles de gouvernance, le partage des coûts et des bénéfices, la confidentialité et la cybersécurité.
Du réseau à une dynamique de filière
À travers les témoignages de Caroline Alazard, Isabelle Follenfant, Michel Meunier et Victor Génot Chardavoine-Roques, la Convention entendait confronter cette réflexion aux réalités économiques et opérationnelles. Les échanges portent notamment sur la gouvernance, l'écoconception, les achats responsables, le réemploi et la valorisation des ressources disponibles dans les territoires.
L'ambition affichée par le Gesec est finalement de dépasser les initiatives isolées pour faire émerger une dynamique collective de filière, dans laquelle fabricants, distributeurs, installateurs, clients et donneurs d'ordre pourraient trouver un intérêt commun. Une manière, pour le réseau, de donner une première traduction concrète à sa Vision 2040 : « rendre nos territoires plus sobres et préserver durablement nos ressources et nos futurs ».
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