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GRAND ANGLE - CONGRES FRANCE GAZ - S35 & S36
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, mis à jour le 26/08/2026 à 09h57

« Les capteurs, les objets connectés et l’IA peuvent être les alliés des plombiers »

Jérémy Leite
expert plomberie chez Acorus
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Portrait Jérémy Leite, expert plomberie chez Acorus

Longtemps associée aux interventions invasives et aux recherches par tâtonnement, la détection de fuite évolue avec le développement de méthodes dites non destructives. Jérémy Leite, expert plomberie chez Acorus, explique comment ces techniques permettent de localiser plus précisément les fuites, y compris dans les réseaux encastrés ou enterrés, tout en limitant les dégâts. Il revient également sur les situations les plus complexes et sur le potentiel de ces nouvelles approches en matière d’économies d’eau et d’évolution du métier.

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On entend de plus en plus parler de recherche de fuite « non destructive ». Qu’est-ce que cela change concrètement par rapport aux méthodes traditionnelles ?
Jérémy Leite

Ce qui change pour l’entreprise, ce sont d’abord des outils et des méthodes complémentaires plus complets. Les premiers outils d’un plombier, ce sont ses yeux, ses mains et sa réflexion ; avec cela déjà, la grande majorité des fuites est localisée. Ensuite, il y a les fuites plus complexes. Ce qui change concrètement pour le client, c’est qu’on réduit la durée de recherche. Et surtout, on localise les fuites encastrées, enterrées ou cachées sans destruction inutile, pas besoin de casser des doublages, d’ouvrir de gros coffrages ou de creuser des tranchées dans les jardins et les parties communes. Nous avons déjà pu résoudre des fuites à côté desquelles plusieurs plombiers étaient passés.

Par exemple, sur l’un de nos premiers succès, un client avait reçu un devis pour faire une tranchée de plus de 15 mètres afin de remplacer un tuyau qui alimentait un local déporté. Avec nos méthodes Acorus, nous avons localisé une fuite pas plus grosse qu’une tête d’épingle et nous avons pu réparer seulement la partie fuyarde en creusant un minimum. Le client fait donc des économies précieuses : en temps et en investigation, mais aussi sur les dégâts du bien, le coût des réparations et la ressource en eau.

Comment choisissez-vous la bonne technique ? Existe-t-il des situations où certaines technologies sont particulièrement efficaces… et d’autres où elles montrent leurs limites ?
Jérémy Leite

Notre approche s’apparente à celle d’un enquêteur, mais aussi d’un médecin : on doit d’abord se renseigner sur les symptômes, écouter notre client et ses locataires. On se renseigne aussi sur l’historique du bâtiment, les événements particuliers (des travaux en cours ou environnants, par exemple). Ensuite, on étudie les réseaux, selon ce qu’on a pu récolter comme informations et la configuration du réseau présumé coupable. À partir de ces premières conclusions, on choisit nos outils, mais souvent, avant même de se rendre sur place, on a déjà une ou deux techniques en tête.

Les technologies déployées par Acorus se complètent, certaines sont plus efficaces que d’autres, mais un seul outil ne sera jamais efficace sur toutes les configurations. L’acoustique est très efficace, mais toutes les configurations ne permettent pas toujours de pouvoir l’utiliser. L’analyse de la composition physico-chimique en est une technique qui accélère les enquêtes sur des fuites très complexes, mais seule, elle ne nous permet pas souvent de localiser la fuite.

« Les cas les plus complexes, ce sont parfois les immeubles les plus récents. »

Quels sont les cas les plus complexes que vous rencontrez sur le terrain : immeubles anciens, copropriétés, bâtiments tertiaires, réseaux encastrés… ?
Jérémy Leite

Les cas les plus complexes, ce sont les immeubles récents. C’est même à partir de recherches de fuite dans des immeubles de moins de 10 ans que la réflexion de monter un service de recherche de fuite non destructive est née chez Acorus. Nous faisons face à des sinistres cumulés, à la suite de défauts de construction dont l’intégralité des réseaux est encastrée. Et c’est parfois tellement absurde et caché que la logique et l’expérience du plombier ne suffisent pas. Nous localisions la grande majorité des fuites avec nos méthodes traditionnelles sur ces immeubles neufs, mais il arrivait que certains sinistres se fassent toujours ressentir. Et c’était très frustrant pour les équipes comme pour nos clients, et désolant d’observer des biens se dégrader prématurément.

Très complexes aussi, ce sont les surconsommations anormales, que ce soit dans les immeubles anciens, les copros ou les grands bâtiments tertiaires. Nous savons qu’une fuite existe, mais il n’y a aucune trace de sinistre en cours. Donc l’enquête s’intensifie, et la recherche de fuite peut se réaliser en plusieurs phases avec un protocole à suivre que nous avons créé avec les équipes d’Acorus sur le terrain. Les fuites peuvent être partout, par exemple, un locataire qui ne déclare pas que sa chasse d’eau coule en continu peut perdre 0,5 m3 chaque jour. Ainsi, quand notre client est alerté d’une surconsommation de 3 m³ par jour sur un parc de 120 locataires, il faut investiguer.

« La détection précoce des fuites peut devenir un véritable levier de sobriété hydrique. »

La détection précoce des fuites peut-elle devenir un véritable levier de sobriété hydrique dans les bâtiments ?
Jérémy Leite

Lorsqu’on s’intéresse au sujet et qu’on réalise la quantité d’eau potable perdue et gaspillée dans nos villes actuellement, la détection précoce peut devenir un vrai levier de sobriété. Selon nous, les réseaux de distribution avant les compteurs ont une grande part de responsabilité. Dans certaines communes, les réseaux sont très anciens et les événements climatiques, comme les vagues de canicule ou les grosses pluies, rendent les sols plus mobiles et fragilisent d’autant plus certains réseaux. Certaines communes perdent près de 50 % de la production d’eau potable !

Par rapport à l’expérience des techniciens d’Acorus, les principaux gisements se trouvent dans les immeubles d’habitation. Cela ne concerne pas que les WC : dans un logement, il y a différentes sources de fuites et la détection précoce, stratégiquement installée avec des alertes automatisées, pourrait faire réaliser de grandes économies d’eau.

Comment le métier de plombier et de chercheur de fuite a-t-il évolué et comment va-t-il encore évoluer ces prochaines années ?
Jérémy Leite

Les plombiers sont habitués aux évolutions et aux changements : normes, matériaux et outils évoluent depuis toujours et il y a une réelle veille technique à entretenir, surtout avec l’accélération technologique de ces dernières années. Il est donc évident que le métier va encore évoluer, notamment en s’appuyant sur des outils plus performants, plus innovants.

Chez Acorus, nous sommes certains que les capteurs, les objets connectés et l’IA peuvent être les alliés des plombiers ; même s’ils ne remplaceront jamais les yeux, les mains et la réflexion d’un technicien face à la fuite.

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
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