Les défauts de paiement ont explosé dans la construction en 2025

, mis à jour le 03/03/2026 à 17h09
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Défauts de paiement

En 2025, la construction est devenue le secteur le plus touché par les difficultés de paiement et les procédures collectives. C’est ce que montre le bilan national des entreprises des greffiers des tribunaux de commerce. Elle concentre désormais plus d’une procédure sur cinq et près d’un quart des injonctions de payer, alors qu’elle ne pèse qu’autour de 10% du stock d’entreprises.

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La construction est passée devant le commerce pour les ouvertures de procédures collectives en 2025, avec 21,4% des dossiers contre 21,2% pour le commerce et 14,5% pour l’hébergement‑restauration. Le secteur représente un peu plus de 10% des entreprises, mais 21,5% des procédures, signe d’une forte exposition aux conditions de financement et au cycle immobilier. L’âge moyen des sociétés de construction qui entrent en procédure est de 6,7 ans, soit un an de moins que la moyenne, ce qui met en lumière la fragilité des structures récentes.

Dans le détail, plusieurs métiers du bâtiment ressortent en première ligne. Les travaux de maçonnerie générale et de gros œuvre figurent parmi les activités les plus présentes dans les procédures, tout comme la construction de maisons individuelles. Les travaux d’installation électrique, la peinture et la vitrerie ou encore le terrassement apparaissent aussi dans le haut du tableau des activités touchées. En parallèle, l’immobilier d’agence a commencé à respirer avec le rebond des transactions dans l’ancien, quand la construction neuve a connu une nouvelle année difficile, notamment sur l’investissement locatif.

Injonctions de payer et charges sociales sous pression

La tension se retrouve aussi sur les contentieux de paiement. Sur près de 200 000 ordonnances d’injonction de payer prononcées en 2025, la construction concentre 23,3% des décisions, devant le commerce et l’hébergement‑restauration. Le secteur est également très présent dans les privilèges de Sécurité sociale et de régimes complémentaires, avec près d’un cinquième des dossiers. Le montant moyen de ces privilèges y dépasse la moyenne nationale et l’âge des entreprises concernées figure parmi les plus faibles, ce qui confirme la pression des charges sociales sur de nombreuses TPE et PME du BTP.

Le rapport mentionne toutefois quelques signaux plus favorables pour les prochaines années, avec un début de redressement des mises en chantier observé à partir de l’été 2025. Le plan « Relance logement » annoncé en janvier vise 400 000 logements construits par an dès 2026, contre moins de 280 000 en 2025, et un objectif de 2 millions de logements d’ici 2030. En attendant que ces mesures se traduisent dans les carnets de commandes, artisans, entrepreneurs et négoces doivent composer avec un environnement de financement tendu, où la gestion des délais de paiement et des charges reste un enjeu central.

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