La REP PMCB 2.0 décortiquée par Valobat

, mis à jour le 28/05/2026 à 16h54
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Déchetterie mobile Passenaud

La filière REP devrait entrer dans une nouvelle phase, après avoir connu un moratoire puis une longue concertation de plus d’une année. Hervé de Maistre (président de Valobat) révèle ce que réservent ces évolutions pour les professionnels et pour les négoces.

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La refondation de la filière REP Produits et Matériaux de la Construction des Bâtiments (PMCB) est en voie d’achèvement. Suite aux annonces faites par le ministre à la fin du mois de février, la consultation des textes nécessaires à son application (décret et arrêté) est actuellement en cours, pour être publiés d’ici à la fin de l’été. Saison qui s’achève tout de même le 23 septembre… Les éco-organismes (Valobat, Écomaison, Ecominero et Valdelia) auront ensuite peu de temps pour demander un nouvel agrément avant que la version 2.0 de la REP PMCB n’entre en vigueur le 1er janvier 2027. « À moins qu’il n’y ait un problème avec le calendrier législatif déjà bien chargé pour modifier la loi AGEC », comme le fait justement remarquer Hervé de Maistre (président de Valobat).

D’ici là, le cahier des charges actuel de la REP continuera de s’appliquer, au moins jusqu’à la rentrée. Valobat se dit satisfait de la fin d’un moratoire long et potentiellement dangereux pour toute la filière dont les coûts ont mécaniquement augmenté avec les volumes collectés, sans qu’ils puissent ajuster leurs barèmes. C’est désormais chose faite, l’éco-organisme a annoncé une hausse, très mal accueillie par les entrepreneurs du bâtiment au moment où les prix des matériaux et de l’énergie flambent déjà. La hausse de l’écocontribution le 1er juillet prochain serait pourtant nécessaire afin d’équilibrer les comptes 2026. Avant une baisse promise en 2027.

La nouvelle REP PMCB fait en effet la distinction entre les matériaux « matures » dont les capacités industrielles de recyclage sont déjà existantes, dont les débouchés sont assurés et donc les volumes collectés sont significatifs et réguliers. L’équilibre économique est en effet assuré que ce soit pour les métaux (qui sont dans la REP PMCB mais que personne n’ira donner gratuitement…), pour les inertes, le bois et désormais pour le plâtre dont la filière s’est mise en place rapidement.

Les fonds seront orientés vers les filières « non matures » dites « en développement » dont les capacités industrielles de retraitement sont encore limitées, les débouchés encore à structurer et les volumes collectés encore faibles ou irréguliers. Des conditions économiques bien différentes donc, qui imposent davantage de coûts logistiques, du tri à améliorer et des flux à optimiser. Et donc l’utilisation prioritaire de l’écocontribution que ce soit pour les isolants en laines minérales, les membranes bitumineuses, les menuiseries, les plastiques, les produits de mise en œuvre et les biosourcés.

Ainsi, l’écocontribution devrait être divisée par deux en 2027 chez Valobat, et descendre sous le niveau actuel. Mais la pilule de l’augmentation "temporaire" va avoir du mal à passer auprès de la FFB et de la Capeb qui manifestent régulièrement leur mécontentement.

Des bénéfices pour tous ?

Selon l’éco-organisme, la nouvelle mouture de la REP PMCB aurait de multiples bénéfices notamment pour les collectivités, avec une meilleure orientation des flux de déchets et une contribution des éco-organismes agréés à un futur fonds de lutte contre les dépôts sauvages, et surtout par un recours moins systématique aux déchetteries publiques. Rami Jabbour (directeur Stratégie, Marketing & Communication de Valobat) souligne : « La hiérarchie de recours doit être déchetteries professionnelles, distributeurs et, en dernier, déchetteries publiques ». Les négoces, libérés de l’obligation liée aux surfaces, devront s’engager sur la base du volontariat. Mais d’un volontariat « encadré » afin de ne pas laisser de zones blanches…

Pour les artisans, Valobat estime que le maillage s’en trouvera renforcé avec l’arrivée de nouvelles déchetteries privées et la contractualisation facilitée avec les déchetteries publiques qui le souhaitent. Les solutions seront « plus lisibles et les dispositifs auront une meilleure visibilité », assure Hervé de Maistre. Pour les gestionnaires de déchets et les acteurs du réemploi, le modèle économique sera plus soutenable et le développement de nouvelles capacités mieux soutenu. Quant aux éco-organismes, si Valobat prévoit déjà de demander un nouvel agrément pour la REP 2.0, il n’est pas certain que des acteurs comme Ecominero qui n’en bénéficieront quasiment plus, ou Ecomaison, qui gère des quantités de bois importantes, la demanderont à leur tour ?

La filière REP PMCB actuellement

85 % du territoire couvert
6 600 points de reprise des déchets du bâtiment (dont 500 déchetteries professionnelles)
161 000 t. collectées par mois par Valobat seul (contre 20 000 t/mois en 2024)

Fort de 14 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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