Électrification : le bâtiment au cœur de la deuxième phase du plan gouvernemental
Simplification des aides à l'installation des pompes à chaleur, accélération de la sortie du fioul et du gaz, soutien aux chaufferies collectives et aux réseaux de chaleur : dévoilée le 15 octobre 2026, la deuxième phase du plan d'électrification prévoit 17 nouvelles mesures. Plusieurs concernent directement les professionnels du bâtiment, avec une mise en œuvre progressive à partir de la fin de l'année.
Le gouvernement entend accélérer la substitution de l'électricité aux énergies fossiles dans les logements et les bâtiments tertiaires. Après une première phase lancée en avril 2026, la nouvelle étape du plan d'électrification s'appuie sur 17 mesures destinées aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités.
Pour le secteur du bâtiment, l'effort porte principalement sur le chauffage, avec des aides renforcées pour les pompes à chaleur et des dispositifs d'accompagnement pour les ménages encore dépendants du fioul ou du gaz.
Pompes à chaleur : un parcours d'aides simplifié
Premier levier annoncé : la simplification du financement des pompes à chaleur air/eau et géothermiques. Le gouvernement prévoit de mettre fin au double guichet entre MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie (CEE), afin de supprimer le délai d'instruction de trois mois évoqué dans sa présentation du dispositif.
Cette évolution doit entrer en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2027. Elle est toutefois déjà applicable depuis le 1ᵉʳ octobre 2026 pour les ménages recourant à l'offre intégrée de pompe à chaleur, qui regroupe les aides et l'équipement dans un parcours unique. Selon le gouvernement, cette offre permet de diviser par deux le coût du chauffage pour les foyers concernés.
L'objectif est de faciliter le passage à un chauffage électrique performant, en réduisant les démarches administratives et le temps nécessaire pour concrétiser les projets. Pour les installateurs, la simplification pourrait contribuer à fluidifier les opérations de remplacement des équipements existants.
Sortie du fioul : une nouvelle étape réglementaire
Le plan prévoit également d'élargir l'interdiction d'installer de nouvelles chaudières au fioul aux chaudières fonctionnant au biofioul. Les textes réglementaires correspondants doivent être publiés avant le 1ᵉʳ mars 2027.
Pour accompagner les ménages concernés, le gouvernement annonce la mobilisation de plusieurs dispositifs : offre intégrée de pompe à chaleur, primes CEE et éco-prêt à taux zéro. L'objectif affiché est de diviser par deux le nombre de ménages chauffés au fioul d'ici à 2030.
Le plan cible aussi les 109 territoires d'électrification, dans lesquels des mesures spécifiques doivent faciliter la conversion des logements vers l'électricité. Une prime de sortie du gaz pouvant atteindre 1 000 euros par logement est annoncée, sous réserve de la délimitation préalable des zones concernées. Sa mise en place est prévue d'ici à mars 2027.
Pour les ménages chauffés au fioul de ces territoires, l'État prévoit par ailleurs une enveloppe de 50 millions d'euros. Dès la fin novembre 2026, des actions d'accompagnement pourront être déployées selon les besoins locaux : prêt de radiateurs électriques, aide à la dépose de la cuve à fioul ou chèques énergie en contrepartie d'un engagement à installer une pompe à chaleur.
Chaufferies collectives : 100 millions d'euros pour les réseaux de chaleur
Le plan ne se limite pas au chauffage individuel. Le gouvernement prévoit également de renforcer le soutien aux pompes à chaleur de grande puissance, aérothermiques comme géothermiques, destinées aux bâtiments collectifs et tertiaires.
À compter de mars 2027, les bailleurs sociaux, les copropriétés, les entreprises du tertiaire et les collectivités pourront bénéficier de ces aides renforcées. Pour les logements collectifs, leur attribution sera conditionnée à des critères de qualité et de fabrication en Europe. Le gouvernement entend ainsi favoriser le remplacement des équipements fossiles dans les chaufferies collectives et réduire les charges énergétiques des bâtiments.
Autre axe : les réseaux de chaleur. Une enveloppe de 100 millions d'euros, disponible à partir de janvier 2027, doit soutenir la production centralisée de chaleur par géothermie et pompes à chaleur. Ces infrastructures constituent un levier de décarbonation particulièrement important dans les zones urbaines denses, où elles peuvent alimenter de nombreux bâtiments à partir d'une production mutualisée.
Un calendrier qui s'étend jusqu'en 2027
Au-delà des mesures destinées directement aux bâtiments, le plan prévoit des financements pour accompagner l'électrification des petites entreprises. Un milliard d'euros de prêts bonifiés doit ainsi être mobilisé pour les TPE et PME, grâce à 100 millions d'euros issus d'un programme CEE. Les banques retenues par l'Ademe pourraient proposer des taux de l'ordre de 1,5 %, contre environ 3,7 % pour les taux de marché cités par le gouvernement.
L'appel à manifestation d'intérêt destiné à sélectionner les banques doit être lancé le 1ᵉʳ décembre 2026, pour une ouverture des prêts le 1ᵉʳ février 2027. Ce dispositif pourra notamment concerner les artisans et les entreprises du bâtiment qui investissent dans l'électrification de leurs activités.
Avec cette deuxième phase, l'exécutif veut donc agir simultanément sur les équipements individuels, les installations collectives et les infrastructures énergétiques. Reste à suivre la traduction réglementaire des annonces, les modalités concrètes d'accès aux aides et leur capacité à accélérer effectivement les chantiers de remplacement des systèmes de chauffage fossiles.