La guerre en Iran risque de faire flamber les coûts de construction
Prix des carburants, prix des matériaux de construction, coût de l'énergie... plus la crise dure au Moyen-Orient, plus les impacts risquent d'être lourds pour l'économie. Les organisations professionnelles demandent des mesures de soutien.
La crise internationale du Golfe arabo-persique semble vouée à se prolonger, entraînant une cascade d’effets sur l’approvisionnement énergétique (pétrole, gaz) puis sur l’économie générale. La fédération française des industriels de la préfabrication béton (FIB) note une augmentation significative des coûts des principaux intrants, notamment l’acier, le ciment et les carburants. Une situation qui génère mécaniquement une hausse des coûts de production des produits notamment préfabriqués. Mais cela sera également valable pour d’autres catégories comme les isolants ou les menuiseries. Des augmentations de prix qui auront à leur tour des répercussions sur le coût des ouvrages et qui pourraient conduire à des arbitrages défavorables comme le report de certains projets de construction ou de rénovation…
Le redémarrage du secteur du logement et des maisons individuelles en particulier, pourrait donc être ralenti. La FIB écrit : « Après trois années de crise, les perspectives pour l’année 2026 s’annoncent particulièrement préoccupantes, avec un risque réel de voir les espoirs de reprise s’éloigner durablement ». De la même façon, l’industrie du béton est en phase d’investissements pour décarboner sa production, mais la hausse des coûts pourrait mettre « en péril leur compétitivité et impacter leurs marges, pénalisant ainsi leurs investissements ». D’où l’intérêt de sortir de la dépendance aux produits pétroliers importés pour faire chauffer les installations.
La FIB en appelle aux pouvoirs publics et demande « dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin de réduire l’impact de ces hausses et de préserver la viabilité économique des entreprises ainsi que la dynamique du secteur de la construction ». Pour l’heure, le gouvernement semble se tenir à la discipline budgétaire et peu enclin à aider la trésorerie des secteurs impactés en baissant des taxes ou en aidant les entreprises. Il a débloqué des stocks stratégiques et appelé les raffineurs à augmenter leurs capacités. Des mesures seraient en cours d’étude pour soutenir la pétrochimie ou certains consommateurs comme les marins-pêcheurs. Mais pas encore pour le BTP.
La Capeb veut qu’on protège les artisans du bâtiment
De son côté, la confédération des artisans « en appelle à la responsabilité de l’ensemble de la filière du bâtiment » et demande au gouvernement « d’agir pour prévenir toute hausse excessive des prix des matériaux et des carburants, afin de protéger les entreprises artisanales du bâtiment, déjà très fragilisées par une activité en recul depuis 2 ans ». Jean-Christophe Repon, président depuis 2020, arrivé en plein Covid-19, déclare : « Nous demandons la mise en place dans les meilleurs délais d’un comité de crise dédié pour suivre de près l’évolution des prix et éviter toute dérive ». La Capeb craint que ne se reproduise le phénomène observé au début de la guerre en Ukraine (février 2022) avec une augmentation continue des prix de matériaux. La confédération « salue d’ores et déjà les acteurs qui ont respecté les engagements pris dans le cadre de la démarche inter-filière inédite, et notamment le délai de prévenance demandé avant toute hausse des prix ». Concernant les carburants, elle estime indispensable un accompagnement de l’État pour permettre aux entreprises d’absorber la hausse du gazole non routier (GNR).