Régulation et GTB : la performance énergétique, moteur de la croissance en 2025
Malgré un secteur du Bâtiment en proie à d'importantes turbulences économiques, le marché de la régulation et de la gestion technique des bâtiments affiche une santé solide. Portée par des impératifs réglementaires croissants et un pragmatisme nouveau des investisseurs, la filière BACS (Building Automation and Control Systems) s'impose désormais comme le levier prioritaire de la rénovation énergétique.
En 2025, le marché français de la régulation et de la GTB a franchi une nouvelle étape en atteignant une valeur de 424,1 millions d'euros, soit une progression de 3,5 % sur un an, selon les chiffres du syndicat des Automatismes du génie climatique et de la régulation (ACR).
Cette performance, remarquable dans un contexte de construction neuve atone, s'explique par une concentration des investissements sur la rénovation du parc existant.
Pour les acteurs du secteur, le constat est clair : l'heure est au pragmatisme. Les maîtres d'ouvrage délaissent les projets complexes de "plus-value immobilière" pour se concentrer sur l'exploitation et le retour sur investissement rapide, généralement compris entre 3 et 5 ans.
Le tertiaire et le pilotage CVC en chefs de file
C'est dans le secteur tertiaire que la dynamique est la plus vigoureuse avec une hausse de 5 %. Cette vitalité est directement corrélée à la mise en conformité vis-à-vis du décret Tertiaire et du décret BACS, qui imposent désormais une classe C obligatoire pour les systèmes de régulation.
Au cœur des chantiers, le lot "chauffage, ventilation et climatisation" (CVC) capte l'essentiel des budgets. On observe notamment une percée technologique des solutions d'équilibrage hydraulique (+5,7 %) et une explosion des ventes d'actionneurs de vannes motorisés à signal modulant (+35 %), témoins d'une recherche de précision accrue dans la distribution de l'énergie.
À l'inverse, les segments plus traditionnels comme les robinets thermostatiques simples marquent le pas (-3,5 %), le marché attendant des clarifications sur leur conformité aux futures exigences réglementaires.
Vers une convergence nécessaire de l'IT et de l'OT
L'un des enseignements majeurs de l'année 2025 réside dans la maturité croissante de l'offre. Le marché s'éloigne des solutions propriétaires pour embrasser des protocoles standardisés et ouverts comme BACnet ou KNX. Cette interopérabilité est devenue le socle indispensable pour relever le prochain défi majeur de la filière : la cybersécurité.
Avec l'entrée en vigueur progressive du Cyber Resilience Act (CRA) entre 2026 et 2027 et la directive NIS 2, les systèmes BACS ne sont plus considérés comme de simples équipements techniques isolés, mais comme des maillons critiques de l'infrastructure numérique des entreprises.
La convergence entre le monde de l'OT (technologies opérationnelles) et de l'IT (informatique traditionnelle) impose désormais de nouvelles règles de l'art, notamment via le déploiement de standards sécurisés.
Perspectives 2030 : de l'automatisme à la mesure réelle
Le syndicat ACR et l’Alliance BACS affichent un optimisme prudent pour la fin de la décennie. Si l'objectif immédiat reste l'équipement massif des bâtiments en systèmes d'automatisation standards pour répondre aux échéances réglementaires, l'horizon 2030 dessine une nouvelle frontière.
Une fois les parcs immobiliers "pilotables", l'enjeu se déplacera vers le déploiement généralisé d'instruments de mesure de la consommation énergétique réelle, permettant un pilotage toujours plus fin et une garantie de performance dans la durée.
Un marché des services plein de potentiel
Le segment des services (assistance technique, maintenance, formation) connaît la plus forte croissance du secteur avec +5,8 % en 2025. Cette hausse traduit une prise de conscience des gestionnaires : installer un système BACS performant ne suffit plus, il faut l'exploiter durablement.
Pourtant, selon les données du Gimelec citées par l'ACR, 45 % des systèmes installés ne seraient toujours pas exploités de manière optimale, représentant un gisement d'économies d'énergie encore largement inexploité.