Idéal pour le tertiaire mais également pour les écoquartiers ou les entrepôts
Ce stockage est dit « Borehole thermal energy storage » (BTES). Il correspond à un petit champ de sondes géothermiques, puisque la densité de calories apportées est importante. La solution Accenta serait, selon les dires de la société, éligible à la quasi-totalité du territoire français. « Trois ans de R&D ont été nécessaires pour améliorer la performance de ce stockage inter-saisonnier », nous précise le p-dg. Son rendement est ainsi passé de 70 à 98 %. « On ramène presque autant de chaleur qu’il en a été injecté ». Le système est contrôlé par de l’intelligence artificielle, capable grâce aux prévisions météorologiques et aux habitudes des occupants, d’anticiper les besoins thermiques du bâtiment. Si la solution semble davantage orientée vers le tertiaire et les bâtiments publics, l’entreprise assure qu’elle pourra également répondre aux besoins du logement collectif, notamment dans les villes moyennes et la grande couronne, où les travaux géothermiques seront moins complexes que dans un hyper-centre urbain. Selon la configuration, le temps de retour sur investissement serait de 5 à 10 ans. Pierre Trémolières renchérit : « C’est de 2 à 5 fois moins cher qu’un programme de travaux extensifs sur l’enveloppe ». Le chef d’entreprise estime que le BTES serait particulièrement indiqué dans l’alimentation des réseaux de chaleur, afin de maximiser leur taux de renouvelable.
Outre le siège social d’Airbus à Toulouse, qui utilise le logiciel de contrôle intelligent, la solution Accenta pourrait être déployée dans de nombreuses localités : la société travaille avec Eurovia, pour tirer parti de la route solaire thermique, et avec Icade, pour alimenter un éco-quartier au nord de Paris. « La levée de fonds réalisée auprès de deux investisseurs, d’un côté le fonds de capital-risque Serena spécialisé dans le digital et de l’autre Eren Groupe, un industriel des EnR, servira à financer de la R&D. Nous allons embaucher 20 personnes pour le machine learning, l’IA, et ainsi apporter des outils aux bureaux d’études et aux gestionnaires de chaufferies ». Interrogé sur la concurrence d’autres startup, comme l’américaine Dandelion, soutenue par Google, qui développe également du stockage géothermique pour la CVC, Pierre Trémolières conclut : « Il y aura une bataille à l’international avec les GAFAM. Car le stockage thermique est beaucoup plus vertueux que le stockage électrochimique en usage stationnaire ».
G.N.