Cette année encore, ce « flop 10 » est largement dominé par les revêtements de sol intérieurs, tant en termes d’occurrences que de coût, en maison individuelle, en logement collectif et en tertiaire. Catherine Labat, experte construction pour le cabinet Neoxa, explique : « Dans les maisons individuelles neuves, où les sols sont généralement recouverts de carrelage, nous rencontrons souvent une insuffisance de joint dans la chape ou les carreaux. Il s’agit généralement d’une insuffisance de joints périphériques, avec des carreaux posés au contact de cloisons ou autour de poteaux et de cadres de portes. De plus, on constate qu’il y a de moins en moins de joints de fractionnement, et cela quelle que soit la géométrie des pièces. Or, dans les constructions récentes, leur forme est rarement rectangulaire, mais plutôt en L ou de formes plus complexes. Cette situation crée des mouvements différentiels complexes chape-carrelage, et donc des fissures ». Ce type de sinistre est non seulement le plus fréquent mais également celui qui engendre le plus de dépenses. Un effet normal à la généralisation des planchers chauffants : « Quand se produit une fissure dans le carrelage, une simple réparation du carrelage est le plus souvent impossible. C’est tout le ‘sandwich’ au-dessus du support qu’il faut remplacer : carrelage, chape, éléments chauffants et isolant ». Et la situation est identique dans les logements collectifs, où ces sinistres coûtent cher. Jean-Louis d’Esparbès, expert-conseil BTP chez Socabat, note : « Dans la mesure du possible, on tente de reprendre la partie sinistrée du logement, les chambres étant traitées dans un autre revêtement. Mais le décloisonnement de la partie jour et la généralisation du carrelage à l’ensemble du logement imposent de plus en plus souvent une réfection complète ». Même dans les locaux d’activité, les revêtements de sol font parler d’eux. Catherine Labat reprend : « Ce sinistre est toujours important. Il s’agit soit de carrelages, soit fréquemment de sols PVC. Pour ces derniers, la pathologie reste encore trop souvent une pose sur un support trop humide, malgré des indications très précises sur ce point dans le NF DTU ». Selon la spécialiste, le sol souple, souvent réalisé parmi les derniers travaux, se retrouverait soumis à une forte pression de délai pour respecter la date de livraison... Le document professionnel NF DTU 52.1 devrait donc prochainement évoluer.