La Cour des comptes pointe les failles de Mon Accompagnateur Rénov'
Dispositif clé de la rénovation énergétique, Mon Accompagnateur Rénov' a globalement rempli ses objectifs. Mais sa mise en œuvre laisse à désirer. La Cour des comptes vient de rendre ses conclusions dans un rapport publié le 21 mai.
Géré par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH), le dispositif MAR est obligatoire depuis le 1er janvier 2024 pour bénéficier de MaPrimeRénov' Parcours accompagné. Il apporte aux ménages un accompagnement technique, administratif et financier tout au long de leur projet de rénovation. Pour tenir le rythme d'une montée en charge rapide, les procédures d'agrément ont été simplifiées, ce alors même que le secteur est particulièrement exposé aux fraudes. La Cour des comptes recommande d'associer systématiquement les services de la répression des fraudes à la procédure d'agrément, de rétablir la consultation des comités régionaux de l'habitat et d'externaliser les contrôles sur place.
Des tensions budgétaires mal anticipées
Le succès du dispositif a aussi créé des déséquilibres financiers. Financé en partie par les certificats d'économies d'énergie (226 millions d'euros sur trois ans), le MAR a vu les dossiers affluer bien plus vite que prévu. Au 30 juin 2025, 147 383 dossiers avaient déjà été déposés, épuisant presque l'enveloppe prévue pour toute la période. En 2025, le guichet a dû être suspendu temporairement, puis rouvert sous conditions plus restrictives pour rétablir une trajectoire financière soutenable.
Sur la fraude, les contrôles n'ont pas mis en évidence d'abus massifs. Des irrégularités ponctuelles ont néanmoins été identifiées, principalement liées au manque d'indépendance de certains accompagnateurs. La Cour reste prudente sur ce constat, compte tenu du nombre encore limité de contrôles réalisés. Elle appelle à renforcer les vérifications et à poursuivre la sécurisation du dispositif.