DPE : le coefficient de l'électricité abaissé à 1,7, nouveau coup de pouce à l'électrification
À compter du 1ᵉʳ janvier 2027, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE et des audits énergétiques passera de 1,9 à 1,7. Cette nouvelle révision, qui succède à celle entrée en vigueur début 2026, devrait permettre à près de 300 000 résidences principales de sortir mécaniquement des catégories F et G, sans modification des caractéristiques des logements.
Le gouvernement poursuit son entreprise de rééquilibrage du diagnostic de performance énergétique en faveur de l'électricité. Un arrêté publié au Journal officiel prévoit d'abaisser, à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, le facteur de conversion de l'électricité en énergie primaire de 1,9 à 1,7 pour le DPE et l'audit énergétique. Ce paramètre, également appelé coefficient d'énergie primaire (CEP, lire encadré ci-dessous), permet de convertir l'énergie effectivement consommée dans le logement en énergie primaire utilisée pour établir l'étiquette énergétique.
Le coefficient avait déjà connu une baisse importante au 1ᵉʳ janvier 2026, passant de 2,3 à 1,9, afin de mieux prendre en compte la spécificité du mix électrique français et de réduire le handicap dont souffraient, dans le calcul du DPE, certains logements chauffés à l'électricité. Le gaz naturel conserve, lui, un coefficient de 1. La précédente réforme avait déjà permis d'améliorer l'étiquette de nombreux logements chauffés à l'électricité.
Le CEP, c'est quoi au fait ?
Le DPE ne se contente pas de mesurer l'énergie finale consommée par un logement. Il utilise une convention permettant de convertir cette consommation en énergie primaire. Jusqu'en 2021, le coefficient de l'électricité était fixé à 2,58, avant d'être ramené à 2,3, puis à 1,9 depuis 1ᵉʳ janvier 2026. Il sera donc fixé à 1,7 à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Plus ce coefficient est bas, moins la consommation électrique pèse dans le calcul du DPE. Concrètement, 1 kWh d'électricité consommé sera désormais comptabilisé comme 1,7 kWh d'énergie primaire, contre 1,9 actuellement.
Près de 300 000 passoires énergétiques en moins
L'effet de cette nouvelle modification devrait être significatif sur les statistiques du parc immobilier. Selon l'étude d'impact transmise au Conseil supérieur de l'énergie, le passage de 1,9 à 1,7 ferait reculer d'environ 10 % le nombre de résidences principales classées F ou G, soit près de 300 000 logements : environ 200 000 actuellement classés F et 100 000 classés G.
Dans le seul parc locatif privé, la baisse du coefficient devrait permettre une diminution de 14 % du nombre de passoires énergétiques, représentant environ 125 000 logements. Un effet mécanique qui pourrait également avoir des conséquences sur les obligations de rénovation et les interdictions progressives de mise en location attachées aux mauvaises étiquettes.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que les logements concernés auront été rénovés ou que leurs consommations réelles auront diminué : c'est la méthode de conversion utilisée par le DPE qui change. Cette distinction alimente d'ailleurs les critiques de certains acteurs de la rénovation énergétique, qui redoutent qu'un reclassement administratif puisse réduire l'incitation à engager des travaux sur l'enveloppe des bâtiments. La consultation publique organisée cet été a ainsi fait apparaître des positions divergentes sur cette nouvelle baisse du coefficient.
Un levier du plan d'électrification
Pour l'exécutif, la mesure s'inscrit dans la stratégie plus large d'électrification des usages et de sortie des énergies fossiles dans le bâtiment. Elle est également soutenue par la Fédération des industries électriques et numériques (FIEEC), qui considère que ce nouveau coefficient corrige progressivement une différence de traitement défavorable à l'électricité dans le calcul de la performance énergétique.
Les DPE et audits établis avant l'entrée en vigueur de la nouvelle règle et toujours valides pourront, selon le dispositif prévu, faire l'objet d'une attestation actualisant leur étiquette. Le principe existe déjà depuis la précédente réforme : l'attestation, générée de manière dématérialisée par l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe, permet de tirer les conséquences du changement de coefficient sans réaliser une nouvelle visite du diagnostiqueur.