SNBC 3 : le Synasav plaide pour faire de la maintenance le pivot de la décarbonation
À l’occasion de la consultation publique sur la 3e Stratégie nationale bas-carbone, le Syndicat national de la maintenance et des services en efficacité énergétique salue les ambitions de l’État mais tire la sonnette d’alarme. Pour l'organisation professionnelle, la neutralité carbone à l'horizon 2050 ne pourra être atteinte si les politiques publiques continuent de privilégier la performance théorique des équipements au détriment de leur entretien sur le terrain.
Changer de chaudière ou installer une pompe à chaleur de dernière génération ne suffit pas à garantir la baisse des consommations énergétiques dans le temps. C’est en substance le message adressé au gouvernement par le Synasav dans le cadre de sa contribution à la consultation publique sur la SNBC 3.
Tout en accueillant favorablement le nouveau cadre stratégique national, le syndicat regrette la faible prise en considération d’un levier pourtant immédiatement disponible : la maintenance professionnelle des équipements de génie climatique.
Dépasser la performance théorique "sur le papier"
Jusqu'ici, l'action publique s’est principalement concentrée sur la rénovation du bâti et le renouvellement des systèmes de chauffage ou de ventilation. Or, le Synasav rappelle qu'une installation ultra-performante « sur le papier » peut voir son rendement s'effondrer si la mise en œuvre, le dimensionnement, la mise en service ou l'exploitation régulière font défaut.
Pour inscrire la sobriété dans la durée, l'organisation professionnelle demande que la SNBC 3 distingue clairement les performances théoriques des consommations effectivement mesurées en exploitation. La prise en compte de la performance réelle permettrait non seulement d'optimiser les aides financières accordées, mais aussi de valoriser les interventions présentant le meilleur rapport coût/efficacité environnementale.
Un levier de sobriété et de durabilité à coût maîtrisé
L’entretien régulier des installations énergétiques présente des bénéfices directs pour la trajectoire bas-carbone. En préservant le rendement nominal des machines, la maintenance évite les surconsommations inutiles et prévient les dérives de fonctionnement.
Elle s'inscrit également dans une logique d'analyse en coût global : prolonger la durée de vie d'un équipement limite les remplacements prématurés et réduit l'empreinte carbone liée à la fabrication et au transport de matériels neufs. À cet égard, le syndicat insiste sur la nécessité de garantir l'accès des techniciens aux documentations techniques et aux pièces détachées, indispensable condition de réparabilité des systèmes.
Adaptation climatique et neutralité technologique
Face à la multiplication des vagues de chaleur, les équipements génie climatique (systèmes thermodynamiques, ventilation, traitement d'air) jouent un rôle crucial dans l'habitabilité et le confort d'été des logements et tertiaires.
Pour répondre à ces défis, le Synasav réaffirme son attachement au principe de neutralité technologique. Plutôt que d'imposer des solutions techniques préétablies, les pouvoirs publics doivent privilégier la mesure des résultats environnementaux sur l'ensemble du cycle de vie des installations. Cette approche laisse la porte ouverte à l'innovation et permet d'adapter la réponse technique à la réalité de chaque bâtiment.
Enfin, l'organisation rappelle que cette transition reposera sur le facteur humain. L'atteinte des objectifs climatiques exige un renforcement continu des qualifications professionnelles et un accompagnement de la montée en compétences des techniciens de terrain, garants de la performance durable du parc bâti.
Le Synasav en bref
- Première organisation professionnelle de la maintenance et de la performance énergétique
- Création : 1966
- Volumétrie : 15 millions d’interventions par an (40 000 actes quotidiens sur le territoire)
- Poids économique : 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires
- Ancrage social : 4,5 millions de logements sociaux suivis (95 % du parc habité de l'habitat social)