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GRAND ANGLE - ONE BATI 2026
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PAVE - ONE BATI 2026
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BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026
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BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026

Feuille de route PPE3 : quelle stratégie de décarbonation de l'énergie

, mis à jour le 12/02/2026 à 16h13
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mixité énergies renouvelables

 Neutralité, mixité et souveraineté sont les trois axes de la PPE3 (Programmation pluriannuelle de l’énergie) dévoilée par le gouvernement. Cette feuille de route qui fixe la trajectoire énergétique de la France pour 2026-2035 était attendue depuis plus de deux ans par les filières. 

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MEGA BAN - ONE BATI 2026
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MEGA BAN - ONE BATI 2026

Après deux années de reports et d’arbitrages, l’exécutif clarifie enfin le cap énergétique de la décennie. Pour les acteurs de la filière Bâtiment, la question est désormais celle de la traduction concrète des ambitions affichées.

Car l’enjeu est double : sécuriser l’approvisionnement et donner de la visibilité aux industriels. La PPE3 prévoit une montée en puissance marquée de la production d’électricité décarbonée à l’horizon 2035, avec un recul significatif des énergies fossiles dans le mix national. L’objectif affiché est d’augmenter fortement la part d’énergie décarbonée dans la consommation finale (Ll part d’énergie décarbonée dans la consommation finale devrait atteindre 60 % dès 2030, puis 70 % en 2035), tout en réduisant la facture des importations d’hydrocarbures. 

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graphe Décarbonation de l'énergie

Accélération sur le nucléaire et appui des renouvelables

Le texte confirme un mix reposant sur la complémentarité entre nucléaire et renouvelables.
Côté nucléaire, six réacteurs EPR2 sont programmés pour une mise en service à partir de 2038, avec une option pour huit supplémentaires. La prolongation du parc existant reste un pilier de la trajectoire.
Sur les renouvelables électriques, les objectifs sont ajustés pour tenir compte de la consommation observée et des scénarios de RTE. Le photovoltaïque atteindrait 48 GW en 2030 et entre 55 et 80 GW en 2035 (près de 30 GW sont attendus en 2025). L’éolien terrestre progresserait à 31 GW en 2030 puis 35 à 40 GW en 2035, avec un accent mis sur le renouvellement des parcs existants. L’éolien en mer viserait 15 GW en 2035.
 

Chaleur renouvelable : un enjeu direct pour le bâtiment

Au-delà des volumes installés, l’exécutif met en avant un levier de souveraineté industrielle. La trajectoire photovoltaïque est présentée comme compatible avec l’émergence de gigafactories de modules et de cellules en France — des projets évalués à environ 1 milliard d’euros d’investissement et près de 2 000 emplois chacun — avec l’objectif de relocaliser une partie de la chaîne de valeur aujourd’hui largement importée.
Les réseaux électriques constituent un autre maillon stratégique : la PPE doit permettre d’anticiper les besoins en équipements critiques, de sécuriser les capacités industrielles et de limiter les risques de pénurie, dans un contexte de tension internationale sur certains composants.

Au-delà de l’électricité, la PPE3 renforce le volet chaleur, central pour le secteur du bâtiment.
La production de chaleur renouvelable et de récupération passerait de 172 TWh en 2023 à 328-421 TWh en 2035. La géothermie, profonde comme de surface, devrait être multipliée par cinq d’ici 2035.

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graphe décarbonation énergie

 Cette montée en puissance s’appuie sur le maintien des aides à la rénovation, notamment MaPrimeRénov’, le soutien aux équipements performants via les certificats d’économies d’énergie (CEE), ainsi que sur le développement des réseaux de chaleur appuyé par le Fonds Chaleur.
Le solaire thermique doit également changer d’échelle, avec un objectif de 10 TWh en 2035 contre 1,5 TWh en 2022. L’exécutif mise sur une accélération de la filière, encore marginale en France, mais identifiée comme complémentaire des autres solutions de décarbonation des usages thermiques.
Le biométhane serait porté à 47-82 TWh et les biocarburants à 70-90 TWh. L’hydrogène bas carbone pourrait atteindre 8 GW de capacités installées.

Une trajectoire encadrée, liée aux arbitrages budgétaires

Pour la première fois, une clause de réexamen est prévue en 2027 afin d’ajuster les objectifs aux évolutions économiques et technologiques. Le texte prévoit également un renforcement de la sécurité d’approvisionnement dans les zones non interconnectées, notamment en Corse et en outre-mer.
Selon les projections gouvernementales, la mise en œuvre de la PPE3 pourrait générer plus de 120 000 emplois supplémentaires d’ici 2030 et réduire une facture d’importations fossiles estimée à près de 60 milliards d’euros par an.
La publication était attendue par les organisations professionnelles, qui réclamaient un cadre stabilisé pour sécuriser les investissements. Pour les acteurs du bâtiment et des EnR thermiques, la question ne porte plus seulement sur les objectifs affichés, mais sur la continuité effective des dispositifs d’aide, la visibilité pluriannuelle des volumes et la capacité industrielle à suivre.

Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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