La construction bois se réoriente vers les surélévations/extensions
Alors que la construction bois était largement portée par l’habitat individuel jusqu'en 2021, une bascule s'est produite. Ce matériau renouvelable et durable est aujourd’hui également demandé dans le collectif ainsi que dans les projets de surélévation ou d’extension.
Le rapport MSI publié en décembre dernier, portant sur le marché de la construction bois dans l'Hexagone en 2025, montre que la maison individuelle ne représente plus que 25 % de l'activité, contre environ 30 % au collectif et surtout, plus de 40 % aux surélévations et extensions. Selon les auteurs, la construction bois "continue de s’affirmer comme un élément clé de la transition énergétique et de l’innovation dans le bâtiment". Le matériau serait particulièrement attractif grâce à ses performances environnementales (notamment en matière de puits carbone) mais aussi grâce à sa flexibilité, puisqu’il peut répondre à des besoins dans la maison individuelle, dans le petit collectif, dans les ERP comme les écoles et gymnases jusqu’à des constructions de grande hauteur, comme dans le quartier Euratlantique à Bordeaux.
Selon MSI Reports toujours, des groupements spécialisés et des entreprises mieux organisées autour de cette solution constructive auraient permis une montée en compétences générale permettant au bois de se positionner sur tous les chantiers, y compris certains de grande envergure dans des contextes urbains denses. Dans le non résidentiel aussi, le matériau a connu un essor notable, soutenu par la RE2020 et les objectifs gouvernementaux de réduction de l’empreinte carbone du bâtiment. Le cabinet cite quelques exemples, dont le campus Arboretum de Nanterre (cinq immeubles de bureaux pour 112 000 m² de surface et 17 000 m² de terrasses qui ont nécessité près de 32 400 m3 de bois) et la tour Albizzia à Lyon, qui démontreraient la faisabilité technique de constructions biosourcées performantes. Cette dernière mixe sur 53 mètres de hauteur (16 étages), habitat (114 logements dont 44 sociaux), locaux tertiaires (4 250 m²) et espaces de commerce ou d’artisanat (900 m²).
L’étude souligne que « la filière doit encore composer avec des capacités industrielles limitées [mais] que le développement de la construction hors-site, la standardisation des procédés et l’industrialisation progressive permettront d’accroître la productivité et la compétitivité ». À moyen terme, MSI Reports estime que le marché du résidentiel en bois devrait repartir stimulé par la densification urbaine, la montée en capacité de la filière et une demande soutenue pour des solutions bas carbone. Les charpentiers vont avoir du travail c’est certain.