Industriels des produits de construction : déçus par 2025, prudents en 2026

, mis à jour le 29/01/2026 à 15h07
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Philippe Gruat AIMCC

Philippe Gruat, président de l'AIMCC, a présenté les résultats de la traditionnelle enquête d'opinion menée auprès des membres de l'association des industriels de produits de la construction. Un sondage utile pour prendre la température de l'activité et de l'emploi dans ce secteur.

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L’AIMCC a demandé à ses membres, tous fabricants de produits pour le gros œuvre, le second œuvre et les équipements, de dresser le bilan de 2025 ainsi que des perspectives pour 2026 : elles sont mitigées, même si la construction neuve devrait finir par redécoller. Philippe Gruat, son président (en photo), déclarait ce 28 janvier : « Le secteur du BTP ne se porte pas bien. Aucun industriel ne déclare d’activité en hausse. Au mieux, cette activité est demeurée stable ou très faiblement baissière ». Or, l’année de référence (2024 par rapport à 2025 était déjà une année difficile) d’où des niveaux qui restent très faibles. Les industriels du Gros Œuvre sont plus nombreux à trouver que 2025 a été en très léger recul (56 %) tandis que pour ceux du Second Œuvre, la répartition est plus équilibrée entre ceux qui ont constaté de la stabilité (40 %) et ceux qui ont vu une très légère baisse (40 %). Les répondants à l’enquête de l’AIMCC ont identifié les principaux obstacles de 2025 : l’instabilité politique et budgétaire, les contraintes réglementaires et une demande du marché insuffisante. Face à cette situation, les fabricants ont tenté dans leur grande majorité de préserver l’emploi (70 %). Certains ont toutefois été obligé de réduire leurs effectifs (30 %).

Des perspectives mitigées

Pour l’année qui vient de débuter, l’AIMCC fait montre d’un optimisme prudent, même si le bâtiment devrait finalement connaître un rebond (+1,8 % attendus). Philippe Gruat note : « Le résidentiel neuf devrait retrouver un peu de couleurs, et l’amélioration-entretien sera quasi-stable ». Pour leur activité en 2026, les membres de l’association des industriels des produits de construction envisagent une stabilité (32 %) voire une faible hausse (32 %). Le Gros Œuvre en particulier, reste assez timoré avec plus de la moitié des répondant qui entrevoient même une très faible baisse. Le Second Œuvre et les Equipements se montrent moins pessimistes. Le président de l’AIMCC tempère : « Prudence pour cette année : nous avons déjà été échaudés les années précédentes ». Le marché sera, encore une fois, porté par une faible demande, des contraintes budgétaires importantes et des échéances électorales qui ne favorisent pas les marchés publics. Côté recrutements, le maintien des équipes sera donc la priorité pour 2/3 des industriels. Leurs autres projets porteront sur la maîtrise des coûts de production, l’exploitation et la propriété de leurs données, la digitalisation et bien sûr la décarbonation.

Les propositions de l’AIMCC pour relancer l’activité

L’association formule quatre priorités pour 2026 : loger, rénover, décarboner et développer l’économie circulaire. Pour y parvenir, elle demande la mise en place de plans pluriannuels territorialisés pour la construction neuve et la rénovation de logements, cohérents avec des objectifs nationaux. Elle souhaite une maîtrise des coûts du foncier et de la construction neuve (notamment en simplifiant les règles constructives et démarches administratives), ainsi qu’une relance de l’investissement locatif. Pour la rénovation en particulier, l’AIMCC plaide comme beaucoup d’autres acteurs pour la création de dispositifs financiers d’aide « incitatifs et stables », pour s’assurer de la décarbonation du bâti et des systèmes énergétiques.

Afin de décarboner l’activité industrielle des fabricants, l’association demande des soutiens à l’investissement et la R&D plus l’assurance que l’énergie bas carbone restera compétitive. Dans le cadre des commandes publiques, les produits décarbonés devront être privilégiés selon l’AIMCC. Enfin, les industriels réclament une refondation de la REP PMCB qualifiée d’accident industriel par Philippe Gruat et de « presque scandale d’État, trop coûteuse, trop complexe car trop ambitieuse ». Ils portent de grands espoirs dans l'action en cours au ministère.

Fort de 13 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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