"Être au plus proche des marchés et de nos clients"
Marchés européens, investissements industriels, développement de l'activité, RSE, relations avec les poseurs et le négoce... le vice-président Europe de l'Ouest (France, Bénélux, Royaume-Uni, Suisse, Autriche) de Tarkett répond à toutes les questions de Zepros Bâti.
Le marché en France est extrêmement contraint, et il y a deux dynamiques différentes entre le logement – qui représente 40 % de notre activité – et le « commercial » (60 %). Le second, qui rassemble les sols professionnels pour la santé, l’éducation et les bureaux, compense en partie la crise qui touche le logement. Nous avons encore des projets neufs dans le tertiaire, comme la tour Total à la Défense, ce qui permet d’amortir les cycles. Mais l’habitat commence à se redresser, d’abord en Europe du Sud (Portugal et Espagne), et nous observons les premiers signes de regain en France, notamment avec l’apparition du statut de bailleur privé. Ce sera plus positif encore dans la 2e moitié de 2026.
Pour notre part, nous avons regagné des parts de marché dans les grands pays (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Allemagne) de l’ordre de +1 ou +2 points. Ceci grâce à une plus grande proximité avec nos clients, une forte présence terrain en support et une grande expertise. Notre organisation industrielle est puissante avec 12 usines en Europe dont deux en France (à Sedan et à Béthune) au plus proche de nos marchés. Ce qui nous permet d’être plus réactifs que certains acteurs qui sous-traitent leur production.
Oui, notamment dans de nouvelles capacités pour les sols antidérapants dédiés au monde de la santé et de l’éducation, à Sedan. Il s’agit de solutions très techniques qui trouvent leurs débouchés au Royaume-Uni et en France. Pour le lancement de la gamme Stellar, nous avons investi en Pologne dans des solutions d’impression avancées.
Oui, essentiellement liées aux règlements locaux, généralement plus exigeants, par exemple sur la résistance au trafic demandée, plus élevée en France, ce qui nécessite des développements spécifiques. Et on demande un Avis Technique au CSTB, ce qui prend du temps et rend plus cher le coût d’accès à ce marché.
La France est également un pays où l’on pratique la pose libre, sans colle. Les habitudes sont différentes aussi dans le segment de la santé avec des sols PVC aux designs plus chaleureux qu’ailleurs, où ils sont uniquement techniques. Mais peu à peu, les autres pays rattrapent cette tendance. Le marché en France se répartit ainsi en 20 millions de m² de sols « hétérogènes » et 1 million de m² de sols « homogènes », répartition qui est inversée chez nos voisins. Ici, les acteurs publics et les bailleurs sociaux veulent apporter du confort, notamment acoustique, là où d’autres pays restent sur du carrelage.
Ce sont nos premiers clients directs et nous souhaitons être au plus proche. Nous avons des échanges avec leurs instances et groupements. Nos équipes commerciales sont spécialisées par canaux de vente (en direct ou via les distributeurs) et par segments (santé, éducation, bureaux, habitat). Les chargés d’affaires sont sur le terrain, discutent des projets en cours et jouent le rôle d’apporteurs d’affaires également, avec les maîtres d’œuvre.
La Tarkett Academy fait intervenir des experts du sol pour former nos clients et partager les bonnes pratiques, pour faire découvrir nos nouveaux produits et faire des rappels réglementaires. Nous intervenons également pour des démarrages de chantiers.
Les négoces sont un autre élément majeur de notre écosystème. Ce sont de vrais partenaires de développement. Ils nous permettent de toucher le diffus, le local, grâce à leur proximité commerciale. Il n’y a pas d’ambivalence : nous suivons au mieux les négoces parce que la performance collective est importante !
Ce n’est pas un sujet nouveau et c’est un de nos piliers stratégiques principaux pour la feuille de route 2030. Nos ambitions portent sur la part de contenu recyclé qui devra atteindre 30 % sur l’ensemble de nos volumes et sur notre empreinte carbone qu’il faudra réduire de 30 % (par rapport au niveau de 2019) sur l’ensemble de notre chaîne de valeur, c’est-à-dire scopes 1, 2 et 3. Nos critères environnementaux sont certifiés, vérifiés et publiés. Le programme Restart par exemple, lancé en 2011, permet de collecter les chutes de pose et les sols en fin de vie. En tout, 124 000 t. ont été récupérées depuis les débuts.
Pour le recyclage, il faut des sols plus faciles à désinstaller (pose libre), avoir des produits homogènes plutôt qu’hétérogènes. Nous travaillons donc sur le réemploi de dalles de sol pour l’immobilier de bureau. Le taux pourrait atteindre 10 à 15 %, soit 750 000 à 1 million de m² par an rien qu’en France ! Ce sont des produits qui sont sur des cycles courts, de l’ordre de 4 ans seulement, alors que leur durée de vie est prévue pour 10. D’où l’intérêt de les réutiliser.