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Les réseaux de froid de plus en plus pertinents

, mis à jour le 11/06/2026 à 14h34
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réseau froid urbain Paris

La multiplication des épisodes de fortes chaleurs – du mois de mai jusqu’au mois de septembre désormais – transforme les conditions de vie dans les villes. Le rafraîchissement des bâtiments devient donc stratégique pour les collectivités au moment où la climatisation individuelle montre des limites énergétiques et environnementales.

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Les réseaux de froid urbains, encore trop peu déployés en France, proposent une alternative écologique et performante pour adapter le bâti au climat. Rappelons leur mode de fonctionnement : le froid est récupéré d’une source renouvelable (fleuve, lac, mer, nappe géothermique…) et il permet en combinaison avec des groupes frigorigènes ou des machines à compression, de refroidir l’eau d’un circuit à une température comprise entre 1 et 12 °C. Cette eau refroidie circule dans un réseau de canalisations isolées pour être distribuée dans des bâtiments à rafraîchir. Des échangeurs permettent de transférer ce froid aux systèmes internes (planchers rafraîchissants, diffuseurs…) tandis que l’eau réchauffée à 10-20 °C retourne vers la centrale pour y être à nouveau refroidie. Un tel réseau consomme de 1,5 à 3 fois moins d’électricité qu’une climatisation individuelle pour un service équivalent.

34 TWh/an de besoins de froid en France en 2050

Les réseaux de froid se montrent particulièrement pertinents pour rafraîchir les bâtiments tertiaires et les établissements publics comme les hôpitaux, les Ehpad ou les écoles, collèges et lycées. D’autant que la production de froid centralisée permet le confinement des fluides frigorigènes (0,5 % de fuites contre 10 % pour des climatisations individuelles) en concentrant l’usage sur des installations contrôlées et entretenues par des professionnels. À l’échelle de la ville, la suppression des unités extérieures en façade ou en toiture, élimine les nuisances visuelles et sonores, tout en limitant les rejets de calories dans l’espace urbain qui contribuent à renforcer l’effet d’îlot de chaleur.

Les pouvoirs publics anticipent un doublement – voire un triplement – des quantités de froid délivrées à l’horizon de 2030-2035. La directive européenne sur l’efficacité énergétique conforte d’ailleurs cette approche en demandant aux collectivités d’inclure besoins de chaud et de froid dans leurs stratégies locales. Le développement des réseaux s’appuie sur un cadre réglementaire plus lisible, et sur des aides élargies, notamment le Fonds Chaleur, l’application d’une TVA réduite depuis le 1er janvier 2026, ou la création de fiches CEE dédiées au raccordement des bâtiments.

Les réseaux de froid en chiffres :

  • 49 réseaux en France
  • 1 841 bâtiments raccordés
  • 0,87 TWh délivrés en 2024
  • 3 TWh prévus en 2035
Fort de 14 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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