Budget 2026-2027 : la Capeb anticipe et monte au créneau
Plusieurs orientations budgétaires retenues ou envisagées par le Gouvernement pour 2026 et 2027 font réagir la confédération des artisans. La Capeb estime que l'accumulation des mesures annoncées risque d'affaiblir davantage un secteur déjà confronté au ralentissement de l'activité et à une forte érosion de l'emploi.
Au cœur des inquiétudes de l’organisation professionnelle figure d'abord le gel des allègements de cotisations sociales, décidé parallèlement à une nouvelle hausse du SMIC. Selon la CAPEB, cette combinaison entraînera une augmentation du coût du travail pour les entreprises artisanales, alors même qu'elles subissent déjà la hausse des coûts de production et la baisse de leurs carnets de commandes. L'organisation rappelle que le secteur a perdu plus de 30 000 emplois en deux ans.
Autre sujet de préoccupation : la réduction des crédits alloués à MaPrimeRénov'. La CAPEB redoute que la baisse des moyens consacrés aux rénovations énergétiques par gestes freine la demande des particuliers et pénalise l'activité des entreprises. Elle s'inquiète également de la possible suppression des travaux dits « mono-gestes », qu'elle considère comme une porte d'entrée essentielle vers des rénovations plus ambitieuses.
Apprentissage, Fonds verts...
L'apprentissage est également dans le viseur. La forte réduction des financements destinés aux régions pourrait limiter les capacités d'investissement des centres de formation d'apprentis et fragiliser certaines formations, notamment dans les territoires ruraux. Une perspective qui intervient alors que les effectifs d'apprentis reculent déjà dans l'artisanat du bâtiment.
L'organisation s'inquiète également des réductions de moyens affectés au Fonds vert et aux programmes de restauration du patrimoine bâti. Ces dispositifs soutiennent de nombreux projets portés par les collectivités locales et constituent, selon elle, un levier important d'activité pour les entreprises artisanales sur l'ensemble du territoire.
La Capeb alerte par ailleurs sur les conséquences des coupes budgétaires envisagées dans le logement social ultramarin. La diminution des crédits dédiés à la Ligne Budgétaire Unique (LBU) pourrait peser lourdement sur les marchés de la construction et de la rénovation outre-mer, où ces programmes représentent une part importante de l'activité des entreprises locales.
Pour la CAPEB, c'est surtout l'effet cumulatif de ces différentes mesures qui pose problème. L'organisation estime qu'elles risquent d'affecter simultanément l'activité, l'emploi et la formation dans un secteur composé majoritairement de TPE. Elle rappelle que l'artisanat du bâtiment représente plus de 500 000 entreprises et une part majeure de l'emploi et de l'apprentissage dans la filière.
Tout en reconnaissant la nécessité de maîtriser les finances publiques, la CAPEB défend d'autres pistes d'économies. Elle plaide notamment pour un recentrage des aides à l'apprentissage sur les entreprises de moins de 50 salariés et pour un encadrement renforcé du régime de la micro-entreprise dans le bâtiment.
À travers cet appel, l'organisation patronale demande au Gouvernement de revoir ses arbitrages afin de ne pas fragiliser davantage un secteur qui peine encore à sortir de la crise du logement et dont les perspectives d'activité demeurent incertaines.