« Je suis métallier, je suis dans le faire »
Zepros Bâti vous propose de découvrir en quelques questions, Jacques Blanchet, trésorier de la FFB et candidat déclaré à la succession d’Olivier Salleron à la tête de la fédération au mois de mars.
J’ai 59 ans, je dirige une entreprise à Montbrison (Loire) et j’ai 3 enfants, dont un dans l’entreprise et un autre en formation chez Bouygues IdF. L’entreprise elle-même a été créée en 1941, par mon grand-père puis développée par mon père dans les années 1970. J’ai suivi une formation en construction métallique puis en gestion d’entreprise, et je l’ai rachetée en 2002 avec des associés. Aujourd’hui, elle emploie 145 salariés et réalise un CA de 30 M€ avec 5 métiers : charpente métallique, menuiserie acier et aluminium, métallerie, et tôlerie. Nous aimons les projets atypiques à haut niveau de technicité, qui intéressent nos salariés.
« La première priorité est l’activité des entreprises de toutes tailles, en construisant un plan de relance avec les pouvoirs publics. Il faut identifier des projets nationaux pour les grandes entreprises et des projets dans les départements pour les plus petites. »
J’ai été président des Jeunes entrepreneurs de la Loire, puis de la FFB 42 en 2007, effectuant 6 années de mandat. Puis je suis devenu président de la fédération régionale Rhône-Alpes. J’ai abandonné mes mandats en décembre 2015 pour être candidat au conseil régional [ndlr : sur la liste de Laurent Wauquiez]. J’ai alors été nommé conseiller spécial pour la région Auvergne-Rhône-Alpes en charge des relations économiques et de la formation. J’ai contribué à la création des agences d’orientation régionales. En 2020, Olivier Salleron me fait entrer au comité exécutif de la FFB nationale et je deviens trésorier. En 2022, je suis nommé vice-président de la région AuRA en charge de la formation professionnelle et de l’apprentissage aux côtés du président de Michelin. J’ai donc navigué entre formation et économie. Puis en 2024, la dissolution de l’Assemblée nationale a été difficile à vivre pour les entreprises et la question de l’avenir s’est posée. J’ai donc décidé de me lancer en 2025 et d’effectuer une tournée en France à la rencontre des délégations régionales et départementales afin de préparer mon projet, avec beaucoup d’humilité et d’écoute.
La première priorité est l’activité des entreprises de toutes tailles, en construisant un plan de relance avec les pouvoirs publics. Il faut identifier des projets nationaux pour les grandes entreprises et des projets dans les départements pour les plus petites. La réindustrialisation est une bonne idée pour la souveraineté nationale. Mais la ZAN ne doit pas arrêter des projets avec des exigences trop lourdes. Il faut réfléchir à libérer du foncier pour que les entreprises puissent s’installer et créer de l’emploi. La fédération doit proposer, échanger avec tous les acteurs, élus, maîtres d’œuvre, pour construire des logements et des établissements d’enseignement, rénover et déconstruire aussi. Nous devons convaincre qu’une programmation est importante pour pouvoir investir et recruter. Avec des carnets de commandes stables, il sera possible de former des salariés compétents qui créeront de la richesse.
La rénovation énergétique est à revoir : il faut accompagner les propriétaires qui ont des difficultés à financer leurs travaux et mobiliser des fonds privés pour les autres rénovations. Les exigences normatives sont hautes et les moyens sont faibles.
Innover pour abaisser les coûts de la construction, en organisant le travail de façon plus productive, en simplifiant les tâches répétitives. Il faut accompagner les entreprises dans toutes les mutations (numérique, IA…) et à toutes les étapes de leur vie depuis leur création. Je souhaite aussi créer une cellule de veille pour aider au rebond des sociétés en difficulté. Nous devons aussi travailler sur le développement des métiers via les unions et syndicats, avoir une politique familiale sur l’inversion de la pyramide des âges, répondre aux nouvelles attentes générationnelles… Le Bâtiment est attractif mais les choix d’orientation sont importants. Il faut donc optimiser les formations professionnelles et analyser les outils des CFA. La France doit sécuriser le financement de l’apprentissage, même s’il n’y a pas beaucoup d’activité : c’est très important pour que les entreprises soient prêtes au redémarrage.
La FFB doit continuer à avoir une influence auprès des élus – nationaux et locaux - grâce à son maillage. Nous devons relancer de grands événements pour recevoir les ministres et le président de la République, comme avant le Covid. Il faut avoir des séquences inspirantes sur l’IA notamment. Si je suis élu, je rencontrerai tous les présidents des autres mouvements (Capeb, U2P, Medef) pour faire de la politique de branche intelligemment. Il y a des sujets communs sur lesquels il faut s’entendre et aller plus loin que les désaccords pour œuvrer au bien général.