PLF 2027 : la Capeb juge le budget insuffisant pour relancer le marché
Le projet de loi de finances pour 2027 ne convainc pas totalement la Capeb. Si l’organisation patronale salue le maintien des aides à l’apprentissage, le renforcement du Fonds vert et les mesures en faveur de la transmission, elle dénonce surtout le nouveau recentrage de MaPrimeRénov’ et la baisse des crédits consacrés au logement ultramarin. Elle réclame également une baisse temporaire de la TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation.
Le PLF 2027 ne constitue pas, aux yeux de la CAPEB, le signal de relance attendu par les entreprises artisanales du bâtiment. « Nous mesurons les fortes contraintes qui pèsent sur nos finances publiques, mais ce budget doit aussi répondre à l’urgence économique », estime son président, Jean-Christophe Repon.
Au cœur des critiques : la politique de rénovation des logements. Après plusieurs années de changements successifs, la CAPEB déplore une nouvelle évolution de MaPrimeRénov’, alors que les ménages comme les entreprises auraient besoin, selon elle, de davantage de stabilité.
MaPrimeRénov' : un recentrage contesté
La politique de rénovation des logements concentre l'essentiel des critiques. Après plusieurs années de changements successifs, la Capeb regrette une nouvelle évolution du dispositif. Ménages et entreprises ont besoin de davantage de stabilité, rappelle-t-elle.
Le gouvernement confirme sa volonté de réserver les aides publiques aux rénovations les plus performantes. Le budget de l'Anah, qui porte MaPrimeRénov', est ramené à 1,2 Md€ de crédits de paiement, contre 1,4 Md€ en 2026. Les rénovations globales et les parcours accompagnés demeurent la priorité.
La Capeb juge cette orientation contre-productive. Elle ne tient pas compte, selon elle, des capacités financières des ménages ni de la réalité du marché. L'organisation défend un autre modèle : une rénovation performante menée par étapes, sur plusieurs années. Cette approche permet d'adapter les travaux aux ressources des ménages comme aux capacités d'intervention des entreprises artisanales.
Elle demande aussi un meilleur soutien, via les certificats d'économies d'énergie (CEE), des travaux exclus du périmètre de MaPrimeRénov', comme certains gestes d'isolation ou de ventilation. La Capeb voit dans les CEE l'un des principaux leviers pérennes de financement de la rénovation énergétique. Elle appelle à ne pas les fragiliser.
La TVA à 5,5 % comme outil de relance
Pour sortir de la succession de réformes, la Capeb remet en avant une mesure défendue depuis plusieurs années. Elle propose d'appliquer temporairement un taux de TVA de 5,5 % à tous les travaux de rénovation.
L'objectif est cette fois présenté clairement comme un outil de relance. En réduisant le reste à charge des ménages, la mesure doit, selon l'organisation, favoriser le déclenchement des chantiers et remplir les carnets de commandes. Le gouvernement ne l'a pas retenue dans son projet. La Capeb compte la porter lors de l'examen parlementaire.
Outre-mer : la LBU en recul
L'organisation s'inquiète aussi de la baisse des moyens dédiés au logement dans les territoires ultramarins. La Ligne budgétaire unique (LBU) est dotée pour 2027 de 189,2 M€ en autorisations d'engagement et de 205,1 M€ en crédits de paiement.
Le recul est surtout marqué sur les autorisations d'engagement : moins 19,3 % par rapport à 2026. Cette baisse intervient alors que les besoins de construction et de réhabilitation restent importants dans ces territoires, souligne la Capeb.
Fonds vert, apprentissage et transmission salués
Le bilan dressé par la Capeb n'est pas entièrement négatif. Les engagements du Fonds vert doivent atteindre 1 Md€ en 2027, soit 200 M€ de plus qu'en 2026. La moitié de l'enveloppe sera consacrée à l'adaptation au changement climatique. La mesure vise surtout les collectivités et le patrimoine public. L'organisation y voit malgré tout un engagement à saluer dans un contexte de réduction globale des dépenses publiques.
Autre motif de satisfaction : l'aide à l'embauche d'apprentis dans les TPE est maintenue. Le secteur fait face à d'importants besoins de recrutement et de renouvellement des compétences. Pour la Capeb, cette stabilité est indispensable. Elle restera toutefois vigilante sur l'évolution du financement de l'apprentissage pendant l'examen du texte.
Les mesures du « pacte Papin » reçoivent aussi un accueil favorable. Elles visent à faciliter la transmission et la reprise des petites entreprises, avec plusieurs dispositions fiscales. Celles-ci doivent encourager les reprises par les salariés et soutenir les investissements engagés après la transmission. Pour les artisans du bâtiment, une reprise réussie permet de préserver des emplois, des savoir-faire et une activité locale.
Trois priorités pour le débat parlementaire
Malgré ces points positifs, la Capeb estime que le projet de budget ne répond pas à l'urgence du marché. Elle rappelle que l'artisanat du bâtiment a perdu 40 000 emplois en trois ans. La rénovation doit, selon elle, redevenir un moteur de l'activité.
L'organisation fixe trois demandes pour la suite des débats : plus de stabilité pour les dispositifs de rénovation, le maintien des CEE et une TVA ramenée temporairement à 5,5 % pour tous les travaux de rénovation. Elle entend les défendre auprès des parlementaires tout au long de l'examen du PLF 2027.
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