« Le bâtiment ne peut plus choisir entre les crises : il doit répondre à tous les enjeux en même temps »
Malgré un marché de la construction toujours en difficulté, France Air a enregistré une croissance de 3 % en 2025, portant son chiffre d’affaires à 140 M€. Pour Jean-Philippe Bitouzet, cette performance illustre une évolution profonde des attentes du marché. Qualité de l’air intérieur, adaptation aux vagues de chaleur, décarbonation et résilience des bâtiments redéfinissent désormais le rôle de la ventilation. Pour accompagner cette transformation, le fabricant mise sur trois piliers : l’expertise, la proximité et l’innovation.
Le marché reste difficile. Les mises en chantier demeurent faibles, les permis de construire peinent à repartir et le logement neuf reste en retrait. Dans ce contexte, notre croissance est évidemment satisfaisante. Elle s’explique surtout par l’évolution de nos marchés. Depuis plusieurs années, la ventilation progresse plus vite que le bâtiment dans son ensemble, portée par une prise de conscience croissante de l’importance de la qualité de l’air intérieur. Les attentes ont fortement évolué dans le tertiaire, les écoles, les bâtiments publics ou encore certains secteurs industriels. La rénovation non résidentielle reste également dynamique grâce aux enjeux de performance énergétique. Les écoles en sont un bon exemple : la ventilation est aujourd’hui devenue un élément incontournable des projets. Plus largement, notre métier change de dimension. La ventilation n’est plus seulement un équipement technique ; elle contribue directement à la santé des occupants, au confort thermique et à la performance globale des bâtiments. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives, mais elle renforce aussi notre responsabilité vis-à-vis de l’ensemble de la filière.
Oui, complètement. Le terme de « confort d’été » est presque devenu réducteur. Lorsque des écoles doivent fermer en juin parce que les températures deviennent insupportables, il ne s’agit plus simplement de confort, mais de la capacité d’un bâtiment à rester utilisable. Ces dernières années, les rénovations ont beaucoup porté sur la performance énergétique. Les récents épisodes de chaleur montrent que cette approche doit désormais intégrer pleinement l’adaptation au changement climatique. Aujourd’hui, un bâtiment doit assurer simultanément une bonne qualité de l’air, une faible consommation d’énergie et un confort satisfaisant même en période de canicule. Il n’est plus possible d’opposer ces objectifs. La bonne nouvelle est que les solutions existent déjà. Nous disposons désormais de suffisamment de retours d’expérience pour démontrer qu’il est possible de construire ou de rénover des bâtiments à la fois performants énergétiquement et résilients face aux fortes chaleurs.
Nous vivons probablement la plus profonde transformation du secteur depuis plusieurs décennies. La crise sanitaire a remis la qualité de l’air intérieur au premier plan. Les tensions géopolitiques ont replacé les questions énergétiques au cœur des préoccupations. Enfin, le changement climatique impose de repenser l’adaptation des bâtiments. Pendant longtemps, ces sujets étaient traités séparément. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Le bâtiment ne peut plus choisir entre les crises : il doit répondre à tous les enjeux en même temps. Il doit être sobre en énergie, garantir un air sain, protéger les occupants lors des épisodes de chaleur, réduire son empreinte carbone et rester économiquement viable. Cette complexité crée de nouveaux défis pour l’ensemble des acteurs de la filière. Chez France Air, notre ambition est simple : être une partie de la solution. Nous voulons anticiper les évolutions du marché et proposer des réponses concrètes pour concevoir des bâtiments plus sobres, plus sains et plus résilients.
Nous sommes convaincus que la technologie ne suffit pas. Les meilleures solutions n’apportent de valeur que si elles sont correctement comprises, dimensionnées et mises en œuvre. Le bâtiment reste un secteur où la confiance est essentielle. Les professionnels ont besoin de références, de retours d’expérience et de preuves concrètes avant d’adopter une innovation, ce qui est parfaitement légitime puisque les bâtiments sont conçus pour durer. Notre rôle consiste donc autant à accompagner qu’à fabriquer des équipements. Nous voulons être perçus comme un partenaire capable d’aider les installateurs, les bureaux d’études et les maîtres d’ouvrage à faire les bons choix dans un environnement devenu beaucoup plus complexe, entre exigences réglementaires, décarbonation, confort d’été et qualité de l’air intérieur. Notre objectif est finalement de transformer cette complexité en valeur pour nos clients.
Nous souhaitons rendre notre expertise accessible au plus grand nombre. Nous avons renforcé notre équipe nationale de prescription, qui compte aujourd’hui douze spécialistes répartis sur tout le territoire. Ils interviennent très en amont des projets afin d’accompagner les bureaux d’études et les concepteurs dans le choix des solutions les plus adaptées. Nous développons également de nombreux outils destinés à faciliter le travail des professionnels. Notre logiciel Airgismoke, consacré au dimensionnement des systèmes de désenfumage mécanique, a déjà permis de former plus de 400 professionnels. Au-delà des outils, nous multiplions les webinaires, conférences techniques, podcasts, tutoriels et contenus pédagogiques sur des sujets comme la qualité de l’air intérieur, le confort d’été, la décarbonation ou encore la protection incendie.
« C’est bien cela notre métier : faire du bâtiment une partie de la réponse aux grands défis de notre époque. »
Parce que le bâtiment est avant tout un métier de terrain. Chaque chantier possède ses propres contraintes et rien ne remplace des équipes capables d’accompagner les professionnels au plus près de leurs projets. France Air s’appuie sur 8 régions, 22 agences, 15 comptoirs et près de 160 collaborateurs spécialisés. Cette organisation nous permet d’être présents auprès des bureaux d’études, des installateurs, des exploitants, mais aussi des maîtres d’ouvrage tout au long des projets. Nous organisons régulièrement des formations, des démonstrations et des rencontres techniques afin de partager notre expertise, mais aussi de recueillir les retours d’expérience des professionnels. L’innovation ne peut être pertinente que si elle répond aux besoins du terrain.
La première édition, organisée en 2024, a rencontré un réel succès. Nous avons donc souhaité aller plus loin. De septembre à novembre, l’Expert Tour fera étape dans 17 villes avant de se conclure à Interclima. Un showroom mobile de près de 100 m² présentera une trentaine d’innovations autour de trois grandes thématiques : la résilience des bâtiments, la décarbonation et la sérénité d’exploitation. Au-delà des produits, cette tournée est surtout un moment d’échanges avec les installateurs, bureaux d’études, distributeurs et maîtres d’ouvrage. Nous y aborderons des sujets très concrets comme le confort d’été, la réduction de l’empreinte carbone des réseaux aérauliques, la protection incendie ou encore la maintenance des installations.
Nous ne considérons pas l’innovation comme une fin en soi. Une innovation n’a de valeur que si elle répond à un besoin concret ou anticipe une évolution majeure du bâtiment. Aujourd’hui, les attentes sont nombreuses : améliorer la résilience face au changement climatique, réduire l’empreinte carbone, simplifier l’installation et la maintenance des équipements ou encore faciliter l’exploitation des bâtiments. Toutes nos innovations s’inscrivent dans cette logique, avec un objectif commun : apporter des solutions utiles aux professionnels.
La rénovation impose des contraintes d’encombrement de plus en plus fortes. Les locaux techniques sont souvent exigus et les faux plafonds laissent peu de place aux équipements. Le Novatys Flat ECM a été conçu pour répondre à ces contraintes. Son format très compact facilite son intégration dans les bâtiments existants, tandis que sa conception Plug & Play simplifie la pose et la maintenance. Nous y avons également intégré notre régulation Oxeo Touch 3, qui facilite notamment la gestion de la surventilation nocturne, une fonction particulièrement intéressante pour améliorer le confort lors des épisodes de fortes chaleurs sans augmenter les consommations énergétiques.
L’anticipation fait partie de notre responsabilité d’industriel. Les réglementations sur les fluides frigorigènes vont continuer à évoluer. Nous avons donc développé une centrale de traitement d’air équipée d’une pompe à chaleur utilisant le fluide R454C, dont le potentiel de réchauffement global est inférieur à 150. Cette solution permet d’anticiper les futures exigences tout en conservant un excellent niveau de performance énergétique. Elle illustre aussi une évolution de fond : la ventilation participe désormais au chauffage, au rafraîchissement et au confort global des bâtiments. Les retours d’expérience de nos premières réalisations, notamment dans des établissements scolaires, confirment la pertinence de cette approche.
Absolument. La réduction de l’empreinte carbone ne passe pas uniquement par de grandes innovations technologiques. Elle peut aussi provenir de composants plus simples, mais repensés. Avec Plumbox Line, nous avons remplacé un plénum métallique par une solution textile qui permet de réduire jusqu’à 90 % l’empreinte carbone du produit tout en conservant les mêmes performances aérauliques. Cette solution est également plus légère, plus compacte et plus rapide à installer. C’est un bon exemple d’innovation pragmatique, capable de générer un impact environnemental significatif à l’échelle d’un bâtiment.
Les attentes dépassent désormais les seules performances techniques. Les exploitants recherchent des équipements plus simples à maintenir, mieux intégrés dans l’architecture et capables de fournir des données de fonctionnement en temps réel. Artgrid répond à l’enjeu de l’intégration architecturale, tandis que France Air Connect permet de superviser les installations à distance, de détecter les dérives, d’optimiser la maintenance et d’accompagner les exploitants dans leurs obligations, notamment en matière de qualité de l’air intérieur. L’objectif est toujours le même : apporter davantage de sérénité aux utilisateurs.
Nous sommes au début d’une transformation profonde. Les bâtiments de demain devront concilier qualité de l’air intérieur, performance énergétique, adaptation au changement climatique, réduction de leur empreinte carbone et confort des occupants. Ces objectifs ne s’opposent plus ; ils sont devenus indissociables. Je travaille dans cette filière depuis près de trente ans et je n’ai jamais vu une telle dynamique d’innovation. Architectes, bureaux d’études, industriels et installateurs avancent dans la même direction. Notre responsabilité est d’anticiper les besoins futurs et d’accompagner cette évolution avec des solutions concrètes et durables. Chez France Air, nous voulons contribuer à concevoir des bâtiments plus sobres, plus sains et plus résilients. Parce qu’au fond, c’est bien cela notre métier : faire du bâtiment une partie de la réponse aux grands défis de notre époque.