Culoz, fer de lance européen de Carrier pour le traitement de l’air
Le site savoyard de Culoz, héritier de CIAT, s’impose comme l’un des centres d’excellence européens de Carrier pour les technologies de traitement de l’air. À l’occasion d’une visite organisée le 25 juin, le groupe a mis en avant ses capacités industrielles, ses investissements et ses nouvelles solutions destinées à accompagner la décarbonation des bâtiments.
Longtemps relégué au rang d’équipement technique invisible, le traitement de l’air est désormais au cœur des préoccupations des maîtres d’ouvrage et des exploitants. Hausse des températures, exigences de sobriété énergétique, amélioration de la qualité de l’air intérieur ou encore réduction de l’empreinte carbone : les attentes envers les systèmes CVC n’ont jamais été aussi élevées.
« Aujourd’hui, le traitement de l’air est devenu un enjeu de performance globale des bâtiments. Les attentes portent simultanément sur l’efficacité énergétique, la qualité de l’air intérieur et la réduction de l’empreinte carbone. Ces trois dimensions sont désormais indissociables », souligne Stéphane Brise, directeur marketing produits Carrier & Viessmann France.
Pour Carrier, cette évolution confère une importance croissante aux technologies dites "Air Side", qui regroupent l’ensemble des solutions destinées à traiter, distribuer et optimiser l’air dans les bâtiments tertiaires, industriels ou les infrastructures critiques.
Un site industriel fort de 90 ans d’histoire
Le site de Culoz trouve ses origines en 1934 avec la création de CIAT par Jean Falconnier. D’abord spécialisée dans les échangeurs thermiques, l’entreprise a progressivement développé son expertise dans les équipements de chauffage, de climatisation et de traitement de l’air, jusqu’à devenir une référence du secteur.
Depuis son intégration au sein du groupe Carrier, le site a poursuivi sa montée en puissance. Aujourd’hui, il constitue l’un des centres d’excellence européens du groupe pour les technologies Air Side et réunit sur un même site les activités de conception, de production, d’assemblage, d’essais et de R&D. Près de 500 collaborateurs y travaillent quotidiennement à la fabrication d’équipements destinés à des applications variées : bureaux, établissements de santé, bâtiments publics, sites industriels ou encore data centers.
« La transition énergétique nécessite à la fois de l’innovation et une base industrielle solide. En France, nous avons fait le choix d’investir durablement dans nos sites afin de renforcer nos capacités de développement, d’essais et de production. La complémentarité entre Montluel et Culoz illustre cette ambition : concevoir, tester et fabriquer en France les solutions qui accompagneront la transformation des bâtiments de demain », explique Gilles Donnat, directeur général Carrier France, Viessmann et Viessmann Industrie France.
Une production industrielle d’envergure européenne
Le site de Culoz concentre plusieurs savoir-faire historiques du groupe. Chaque année, il produit près de 110 000 batteries d’échange thermique, composants essentiels des systèmes de chauffage et de refroidissement. S’y ajoutent 50 000 à 60 000 ventilo-convecteurs, largement utilisés dans les bâtiments tertiaires pour le chauffage et le rafraîchissement des espaces.
Le site fabrique également environ 500 dry coolers par an, destinés notamment aux applications industrielles et aux infrastructures critiques, ainsi que 3 000 centrales de traitement d’air, configurées sur mesure selon les besoins des projets.
L’une des particularités de Culoz réside dans la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur. Conception, fabrication, assemblage et essais sont réalisés sur place, favorisant les échanges entre les équipes et la personnalisation des équipements.
Des investissements ciblés sur les data centers
La croissance rapide du marché des infrastructures numériques constitue l’un des axes de développement du site. Dans le cadre d’un programme d’investissement de 20 millions d’euros engagé sur ses implantations françaises, Carrier a consacré une part importante de ses moyens à Culoz.
Le groupe a ainsi investi 3,9 millions de dollars dans un nouveau laboratoire de tests dédié aux systèmes de traitement d’air pour salles informatiques (CRAH) et aux solutions "Fan Wall". L’objectif : renforcer les capacités d’essais et de validation des équipements destinés aux infrastructures critiques.
Parallèlement, 4,2 millions de dollars ont été mobilisés pour moderniser les ateliers de production, les lignes dédiées aux équipements pour data centers ainsi que les activités logistiques. Ces investissements traduisent l’ambition de Carrier de faire de Culoz un maillon essentiel de son dispositif industriel européen pour accompagner l’essor des data centers et l’augmentation des besoins en refroidissement et en traitement d’air.
Climaciat Floway, une CTA pensée pour les bâtiments bas carbone
La visite du site a également été l’occasion de découvrir Climaciat Floway, commercialisée sous la référence AiroVision 39CP-X dans l’offre Carrier. Cette nouvelle génération de centrales de traitement d’air compactes vise les bâtiments tertiaires et industriels recherchant à la fois performance énergétique, qualité d’air intérieur et simplicité d’exploitation.
Certifiée Eurovent (D1 L1 T2 TB2) et affichant une efficacité énergétique A+, la solution intègre une récupération d’énergie à haut rendement ainsi qu’une régulation embarquée avec serveur web et outils de supervision intégrés. Conçue selon une approche Plug & Play, elle peut traiter jusqu’à 25 000 m³ d’air par heure et s’adresse à un large éventail d’applications : bureaux, établissements scolaires, hôtels, commerces ou bâtiments publics.
Pour Carrier, cette innovation illustre l’évolution des attentes du marché, où les performances énergétiques, la connectivité des équipements et la qualité de l’air intérieur doivent désormais être traitées simultanément.
Le rétrofit, un levier de décarbonation
Au-delà des nouveaux équipements, Carrier met également en avant le potentiel du rétrofit pour accélérer la transition énergétique des bâtiments existants. L’approche consiste à moderniser les installations en conservant une partie des équipements en place, afin d’en améliorer les performances tout en limitant les coûts et l’impact environnemental des travaux. Selon Carrier, la rénovation d’une centrale de traitement d’air peut permettre jusqu’à 30 % d’économies d’énergie pour un investissement pouvant être deux fois inférieur à celui d’un remplacement complet.
Le groupe a également développé une offre de réemploi des ventilo-convecteurs. Après audit, les équipements sont reconditionnés, équipés notamment de moteurs EC à haut rendement puis soumis à des essais thermiques, aérauliques et acoustiques avant leur remise en service. Pour un immeuble tertiaire de 10 000 m² équipé d’environ 500 unités gainables, cette démarche peut permettre d’éviter jusqu’à 80 tonnes équivalent CO₂, tout en réduisant les déchets et les nuisances de chantier.