La Fipec attend de la solidarité face aux difficultés
Après des résultats 2025 en demi-teinte, 2026 aurait dû être une année de reprise pour le secteur des peintures, vernis, colles, mastics et résines. Mais la situation internationale change la donne une nouvelle fois, après le Covid et après la guerre en Ukraine...
Les industriels des peintures, vernis, mastics et colles, réunis au sein de la Fipec, font part de leur préoccupation quant au conflit en Iran. Avec des réserves limitées et des prix bas, ils ne disposent d’aucune marge pour absorber un nouveau choc pétrolier dont l’impact serait supérieur à celui de la guerre en Ukraine en 2022. Jacques Menicucci, président de la fédération, souligne que tout le secteur est exposé, qu’il s’agisse de produits solvantés, de résines ou de certaines formulations techniques de spécialités : « Le pétrole et le gaz sont indispensables à la production d’intrants asiatiques, il y a une répercussion immédiate sur les coûts et des risques de ruptures massives d’approvisionnement en cas d’enlisement du conflit ». D’autant que le blocage des détroits entraîne une hausse des coûts logistiques et assurantiels, ainsi qu’un allongement des délais de livraison d’une dizaine de jours, le temps de contourner l’Afrique par le cap de Bonne Espérance.
Pour le responsable fédéral, « il faut partager les efforts et les risques tout au long de la chaîne de valeur », puisque fragiliser un seul maillon c’est fragiliser l’ensemble. L’augmentation immédiate des prix qui a été constatée chez les fournisseurs des industriels de la Fipec devrait donc se répercuter au travers de tous les acteurs : producteurs, distributeurs, metteurs en œuvre, jusqu’au client final. Sur l’évolution, elle reste floue : « Nous n’avons pas de visibilité sur les prix à court terme, pas au-delà du mois. Toute projection est compliquée », déclare Jacques Menicucci.
En 2025, le secteur « peintures et vernis vendus en réseaux professionnels » pour le marché du Bâtiment (représenté par le Sipev) était stable en volume par rapport à 2024 et en retrait (-2,5 %) en valeur. Cet énorme marché représente 1,18 Mrd € et 535 kt de produits en France annuellement. La baisse est continue depuis 2021, année de reprise post-Covid.
Pour les colles et mastics du bâtiment (représentés par l’Aficam), l’évolution est encore plus contrastée, avec une progression des volumes (+0,3 % à 112 kt) mais un net recul en valeur (-3,4 % à 523 M€). Enfin les résines synthétiques, utilisées pour les sols et l’étanchéité (représenté par la Snfores), sont les seules à avoir enregistré une réelle progression (+2,7 % en volume à 18 kt).
La Fipec s’attendait à une année 2026 avec une « reprise modérée » dans le secteur de la construction et le BTP, qui aurait dû être « portée par le logement neuf ». Elle se préparait également à un repli de l’entretien-amélioration avec des prix en légère hausse. Mais les événements au Moyen-Orient avec tous les impacts déjà évoqués sur les prix de l’énergie, des matières premières, du transport et même des emballages, pourraient tout venir remettre en cause.