Savoir convaincre tout en écoutant
Autre piste de progrès, la sortie de la position de "simple répondant" : « Dans l’ensemble, le service public est dans une posture de réponse à la demande et s’adresse en grande partie à un public déjà relativement convaincu ». L’Ademe propose d’aller au-devant des particuliers et de bâtir une stratégie de prospection, peut-être en s’adressant à ceux qui sont en phase d’acquisition d’un bien, ce qui permettrait d’arriver plus tôt dans la chronologie des événements. Car les ménages « se tournent parfois trop tardivement vers le service public, lorsque le projet est déjà bien engagé et que certaines décisions sont déjà prises », les rendant difficiles à modifier. Les auteurs évoquent l’idée d’opérations collectives ciblées, dans des zones où le bâti est homogène : lotissements pavillonnaires, centre-bourgs, quartiers ouvriers...
Pour des adapter les offres à chaque cible, l’Ademe imagine de combiner toutes les dimensions possibles : service de base et optionnels, contacts par téléphone, digital, permanence ou visite à domicile, accompagnement individualisé ou collectif... Elle parle de « jeu de briques de services » associant potentiellement une diversité d’acteurs publics engagés sur l’amélioration de l’habitat, pouvant être renforcés par des acteurs privés. Ce foisonnement obligera à la mise en place d’outils de suivi de la relation client (CRM), bien plus évolués qu’un simple outil de reporting/suivi de l’activité. Cette solution permettra par exemple de programmer des relances, de ne pas submerger les ménages dans un flot ininterrompu d’informations plus ou moins utiles, d’évaluer la satisfaction et les résultats voire de réactiver la relation dans le cadre de l’atteinte d’une performance BBC Rénovation. L’outil Coach Copro est cité pour ses fonctionnalités et sa large mutualisation.
Les sociologues recommandent également de développer l’écoute active. Ils détaillent : « L’écoute active suppose de mettre pour un temps son savoir à distance pour gagner la confiance et entrer dans l’intimité de l’accompagné (...) permettre l’expression de ses attentes (...) et de ses contraintes ». Les auteurs plaident pour « une approche globale du projet de rénovation » incorporant les aspects de confort, d’esthétique et de valeur verte, en plus des économies d’énergie. Et mettent en avant la co-construction des projets en faisant preuve de pédagogie et d’acculturation des particuliers. Mais attention, tous ces changements ne pourront se faire qu’à certaines conditions : « Un fort soutien managérial traduit dans une stratégie claire et partagée », « des outils professionnels adaptés » et « des formations à caractère commercial puisqu’il s’agit ici de gérer la prise de décision chez les ménages ou copropriétés ». Vaste programme...
G.N.