Cinq profils gagnants ?
Les plus nombreux sont les adaptes de l’amélioration à petits pas, qui représentent 42 % des ménages. Ils « sont dans une dynamique de travaux mais réalisés au fil de l’eau (...) avec une faible prise en compte des enjeux énergétiques ». Ces ménages souhaitent bien réaliser quelques travaux (un ou deux « blocs » à la fois) mais ils n’ont pas encore le réflexe d’envisager l’amélioration de la performance énergétique. Arrivent ensuite ceux qui ne font que l’entretien courant (24 %), c’est-à-dire qui n’entreprennent que des travaux à minima pour réparer les pannes et maintenir le logement en état. Il s’agit généralement de personnes de 65 ans et plus qui occupent des habitations anciennes et ne se trouvent pas dans un état d’esprit de réhabilitation. L’Ademe a également identifié les ménages sensibles à l’effet booster des aides (16 %). Ceux-ci enclenchent des travaux lorsque un appareil connaît une avarie mais comme ils sont mieux informés sur le potentiel de réduction de la facture énergétique ou sur les enjeux environnementaux, ils en profitent pour embarquer la performance. Ces opportunistes ont un profil socio-démographique proche des précédents. Viennent ensuite des foyers plus jeunes, qui placent l’énergie au sein des arbitrages (11 %). Récemment installés dans la vie, avec une petite famille de quatre personnes, ils affichent des revenus supérieurs à la moyenne et vivent plutôt en région parisienne. Leur projet embarque l’énergie... même si cela n’est pas prioritaire. Ils visent le confort et la valorisation de leur bien. Enfin, viennent les Français qui lancent des rénovations complètes (6 %), s’engageant sur le long terme, avec des moyens conséquents et un investissement de temps pour réhabiliter complètement une maison. Plus tôt dans l’année, « l’Observatoire Habitants-Consommateurs de l’Habitat privé » publié par le Club de l’Amélioration de l’Habitat identifiait quatre catégories de comportements assez proches (hormis les « opportunistes » absents de cette classification) : les passifs, qui n’investissaient que le strict minimum dans leur logement ; les mainteneurs, qui veillaient au bon fonctionnement de leurs installations et procèdent à quelques travaux ; les embellisseurs, qui s’intéressaient au confort et à l’esthétique de leur maison, et les reconstructeurs, qui mettaient sur pied un véritable projet de réhabilitation de leur logis.
L’Ademe souligne que trois facteurs influent sur la dynamique de rénovation : le cycle d’occupation du logement (acheté récemment ou au contraire, habité depuis longtemps), la motivation à réduire sa facture énergétique (par rapport au confort, à la question environnementale ou à la valorisation du bien) et l’effet incitatif des aides financières (le soutien permettant d’aller plus loin que le simple remplacement d’un équipement défaillant).