Une envie de vert pas forcément vertueuse
Toutefois, tout ne sera pas vert à la campagne : les motifs d’insatisfaction porteront sur l’accessibilité aux transports en commun, sur la connexion Internet moins performante ou sur l’offre de commerces réduite. L’édile de Salbris identifie l’enjeu principal : « C’est le maintien du service public ». Pour son homologue de Rosny-sous-Bois, c’est l’urbanisme qui constituera un autre élément de réponse : « Il faut construire en préservant le patrimoine, comme les zones pavillonnaires, les îlots de fraîcheur. Penser la nature en ville... ». La population française se trouverait en fait à une période charnière, sortie d’une grande vague de métropolisation et de désertification des campagnes. Mais attention à ne pas partir dans l’excès inverse, en artificialisant des sols à outrance pour que tous les Français jouissent d’une petite maison éloignée de tout. Une tendance qui serait déraisonnable en termes d’infrastructures de transport, d’énergie, de coût... « Il reste à trouver un modèle vertueux d’aménagement des zones rurales, en dehors du modèle des maisons individuelles », souligne Alexandra François-Cuxac, la présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers, qui ajoute : « La diversification vers la rénovation lourde, avec extension ou surélévation, est nécessaire pour les promoteurs. Il faut également mener une réflexion sur les modes constructifs, comme le bois et la question du confort, sur la production d’énergies renouvelables... ». Elle avertit que la maîtrise des coûts restera primordiale et que la solution pourra venir de l’industrialisation des procédés, qui bien loin de signifier « standardisation », apportera au contraire de la modularité et de l’adaptabilité aux logements. De quoi satisfaire tout le monde.
G.N.