[Témoignage d'artisan] « Nous avons repris pour répondre aux urgences »

Marie Laure Barriera
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Travailler ou pas ? C’est la question qui se pose chez les artisans alors que le confinement perdure pour une durée indéterminée. Nous avons recueilli les témoignages de patrons d'entreprises artisanales sur différents corps d’état. Ils montrent bien la diversité des situations et donc la complexité de toute décision.

Nous débutons notre série avec Rémi et Catherine Lebrun, entreprise d’électricité, , plomberie et chauffage à La Biolle (73)

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Mardi 17 mars, Rémi et Catherine Lebrun se posent la question d’arrêter ou pas. Le 18, l’entreprise d’électricité, plomberie et chauffage arrête. Le 19, Rémi est à nouveau sur le terrain. « Le jeudi on a repris parce qu’il y a eu de la demande en dépannages de fuites. Nous ne pouvons pas laisser les gens comme ça. Cela ne se fait pas ! », explique Catherine, son épouse, responsable de l’administratif, du commercial et des agréments.

Depuis le début du mois de mars, l’entreprise n’a pas vraiment chômé. Grâce aux chantiers en cours qui ont pu être terminés avec la collaboration des clients particuliers, « qui pouvaient se garantir par rapport à la maladie, en se confinant à un autre endroit que celui de travaux. » Mais de semaine en semaine, les chantiers se terminent et Rémi Lebrun n’intervient plus que sur du dépannage en plomberie. La question de l’approvisionnement en pièces courantes ne s’est pas vraiment posée. Les fournisseurs d’Aix-les-Bains et Annecy avaient du stock tout comme l’entreprise. Par contre, sur des installations lourdes comme les chaudières, les fournisseurs n’approvisionnent plus les distributeurs. Même si le redémarrage est en vue. Par exemple le fabricant Ökofen, à Saint-Baldolph en Savoie, a repris des livraisons cette semaine précise Catherine Lebrun.

Ce que redoutent Rémi et Catherine Lebrun, c’est la deuxième vague. « Nous ne pouvons pas prospecter et les gens ne téléphonent pas. Une cliente a repoussé son chantier en mai. » L’entreprise a tenu sur les acquis de mars avec à ce jour une situation financière « plutôt bonne » grâce à la dynamique d’automne et du début de l’année. «Nous avons de la trésorerie pour un mois. Après, il sera temps de se rapprocher de l’administration pour les allègements de charges et l’aide de 2 000 euros de l’État.»
(recueilli par V.Riberolles)

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Marie Laure Barriera
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