Gaz : dans le bâtiment, l’hybridation s’invite jusqu’en 2050

, mis à jour le 10/09/2026 à 16h51
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Bio-Gas-Plant-France Gaz

La consommation de gaz va continuer à reculer dans le bâtiment, mais elle ne disparaîtrait pas pour autant à l’horizon 2050. Dans ses nouvelles « Perspectives gaz 2050 », France gaz défend une trajectoire combinant rénovation, électrification et maintien d’usages gaz, avec une place importante accordée au biométhane et aux solutions hybrides. Une vision qui remet au centre la question du coût des conversions d’équipements.

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Le bâtiment restera un consommateur significatif de gaz en 2050, mais sur des volumes nettement inférieurs à ceux d’aujourd’hui. C’est l’un des enseignements des « Perspectives gaz 2050 », publiées par France gaz après la PPE 3 et la SNBC 3. Les deux scénarios étudiés tablent sur une baisse de la consommation de gaz du résidentiel et du tertiaire, principalement sous l’effet de l’efficacité énergétique, de la rénovation et de l’électrification.
En 2025, le résidentiel consomme 120 TWh de gaz naturel et 7,2 TWh de GPL. À l’horizon 2050, France gaz projette une consommation de gaz et de biométhane comprise entre 56 et 65 TWh dans les logements. Le nombre de logements chauffés au gaz ou au biométhane ne disparaîtrait toutefois pas : il serait encore compris entre 9,3 et 9,8 millions, contre 10,8 millions en 2025, en intégrant les solutions hybrides.

Le tout-électrique n’est pas la seule option

Pour France gaz, le principal changement ne réside donc pas uniquement dans le remplacement des chaudières par des équipements électriques. Les scénarios intègrent une montée en puissance de l’hybridation, notamment lorsque l’électrification complète présente des contraintes techniques ou économiques.
Dans le résidentiel, jusqu’à 3,3 millions de logements pourraient ainsi être équipés de solutions hybrides en 2050 dans le scénario PG1, contre 2,3 millions dans PG2. Plusieurs configurations sont envisagées : PAC hybride en logement collectif ou en maison individuelle, mais aussi association d’une chaudière THPE avec une PAC air/air réversible. Cette dernière configuration répond aussi à la montée des besoins de confort d’été et de climatisation.
Le raisonnement est similaire dans le tertiaire. La consommation de gaz y tomberait à 21 à 27 TWh en 2050, contre environ 67 TWh en 2025. Mais les solutions hybrides pourraient représenter 20 à 30 % du parc tertiaire gaz, selon les hypothèses. L’intérêt avancé est de faire porter à la PAC une grande partie du besoin thermique tout en conservant le gaz pour les pointes, avec un investissement inférieur à celui d'une conversion intégrale à l’électricité.


Pour les installateurs, cette trajectoire dessine donc un marché qui évolue davantage qu’il ne disparaît. La chaudière change de statut : elle ne serait plus nécessairement l’équipement central du chauffage, mais pourrait devenir un complément dans des systèmes hybrides. Le développement progressif des contrats de gaz verts et du biométhane est présenté comme un autre facteur de maintien de ces équipements.

Cette perspective ne signifie pas pour autant un moindre effort sur le bâtiment. Au contraire. La baisse des consommations repose d’abord sur la performance énergétique. Dans PG1, France gaz retient notamment un rythme d’environ 300 000 rénovations performantes par an après 2030, afin de se rapprocher des objectifs réglementaires européens.

La rénovation reste le premier levier

Le scénario privilégie ainsi la transformation du parc existant plutôt que la construction neuve. PG2 retient une trajectoire de rénovation plus proche de la tendance actuelle.
Le sujet économique est d’ailleurs central dans l’étude. France gaz, avec l’analyse d’E-Cube, compare les investissements nécessaires à ses scénarios avec ceux associés à la trajectoire SNBC 3. Selon cette modélisation, le scénario PG2 représenterait environ 460 Md€ d’investissements cumulés en moins d’ici 2050. Une partie importante de l’écart provient des coûts supplémentaires liés à l’électrification des usages et aux rénovations supplémentaires retenues dans la trajectoire SNBC 3.
Reste que ces chiffres sont ceux d’une étude portée par la filière gazière et doivent être lus comme une proposition de trajectoire. Son message est clair : plutôt que d’opposer gaz et électricité, France gaz défend un mix où chaque énergie serait mobilisée là où elle est jugée la plus pertinente, avec un gaz progressivement décarboné. Pour les professionnels du bâtiment, le débat se déplace ainsi vers les architectures de systèmes : quelle combinaison PAC, chaudière, régulation et rénovation permet de réduire réellement les consommations sans imposer systématiquement le remplacement complet des équipements ?
[Source : France gaz, « Perspectives gaz 2050 », édition 2026.]

Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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