« Il faut préserver l’accès au marché pour les artisans », J-C. Repon, président de la Capeb

, mis à jour le 06/10/2026 à 11h17
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Soirée anniversaire Capeb

Rénovation, apprentissage, REP PMCB...Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, a répondu aux questions de Zepros lors du salon Paris Builders Show, fin septembre à Paris. Alors que la confédération fête cette année ses 80 ans, ses réponses suivent un fil rouge : la défense de l'accès au marché pour les artisans. 

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Le logement était au cœur du Grand Oral de Batimat. Qu'attendez-vous désormais des candidats et des pouvoirs publics ?

Jean-Christophe Repon : La première satisfaction, c’est que le logement soit au cœur des réflexions des trois candidats potentiels, même si leurs visions sont très différentes. Nous ne validons évidemment pas toutes leurs propositions. Pour nous, l’accompagnement de la rénovation doit continuer, mais évoluer vers une rénovation par étapes.
Nous réclamons depuis deux ans un Grenelle du logement. Je ne comprends pas qu’on ne soit pas capable, en France, de considérer que le logement est une priorité et de se réunir, de manière transpartisane, avec des experts. Ce sujet devrait être au-delà des partis.  

« Je me bats contre le fantasme de toujours plus de logement.  La question est d’abord de savoir où sont les besoins. Il faut une intelligence de besoin, pas une intelligence d’intérêt. Cela suppose de regarder les spécificités des territoires, de transformer des bureaux en logements, de simplifier les PLU et de redonner du pouvoir aux territoires. »

Vous défendez le modèle artisanal, à la fois sur l'accès au marché et sur la formation. Est-il aujourd'hui réellement menacé ?

J-C.R. : Oui, et de manière insidieuse. Les consortiums annoncés pour massifier l'installation des pompes à chaleur illustrent ce risque : un même acteur peut prendre en charge l'énergie, le financement et l'installation. Que devient alors le tissu des 500 000 entreprises artisanales ? Nous défendons un autre modèle. Nous avions constitué un consortium avec Coedis et Sofinco, en associant fabricant, distributeur, financier et artisan. Ça a du sens et cela permet de conserver un partage de la valeur. Car plus on intègre les systèmes, moins on contribue au partage de cette valeur. 

« Là, c'est une déclaration de mort de l'artisanat. »

Cette défense du modèle artisanal passe aussi par l’apprentissage. C’est d’ailleurs l’un des sujets sur lesquels j’ai interpellé les candidats. Je ne partage pas la vision selon laquelle l’apprentissage serait un cadeau fait aux entreprises. Une TPE qui prend un apprenti ne fait pas une opération lucrative. Elle récupère un engagement et se sécurise sur son investissement. C’est juste un accompagnement.
L’apprentissage permet surtout d’accompagner un jeune vers le marché du travail. « Le jeune, il est déjà opérationnel, il a un contrat de travail » et il commence à cotiser dès 16 ans. Je préfère parler d’accompagnement plutôt que d’aide : on accompagne l’entreprise qui prend un jeune et le met dans le marché du travail

Quelles solutions concrètes peuvent permettre de conserver cet accès au marché ?

J-C.R : Nous essayons justement de trouver des modèles économiques qui préservent l’accès au marché. La VAE* en est un exemple. Le système actuel est trop coûteux. Nous travaillons sur une solution avec l’IA qui permettrait, à partir de photos, de leur datation et d’éléments techniques, de vérifier que les travaux ont bien été réalisés.  L’objectif est maintenant d’obtenir l’agrément permettant de faire reconnaître cette solution.
Nous travaillons également sur le contrat de construction de maisons artisanales (CCMA). L’idée est de sécuriser à la fois le client et l’artisan, en permettant notamment à des TPE de se regrouper dans le cadre d’un GME avec un mandataire commun. Le principe existe, mais il manque aujourd’hui une volonté politique pour permettre pleinement à ces entreprises de se regrouper et d’accéder à des marchés plus importants.  Il nous faut un projet de loi, il nous faut des signes forts. 

* (ndlr  validation des acquis de l'expérience)

La REP PMCB reste également un sujet de confrontation. Que demandez-vous aujourd'hui ?

J-C.R. : Nous demandons simplement le respect de la loi. Depuis le début, nous défendons, avec les collectivités territoriales le principe d’une contribution qui permette une reprise sans frais des déchets et un véritable maillage territorial. 

« La distinction entre matériaux matures et non matures  n’est pas acceptable pour nous. » 

Aujourd’hui, chacun interprète la loi à sa manière. Des distributeurs peuvent refuser certains déchets alors que les éco-contributions continuent d’augmenter. C’est le Far West. Notre position est simple : lorsque la contribution est payée, le service doit être assuré. On ne peut pas demander aux entreprises de payer et, dans le même temps, réduire le service de reprise et le maillage territorial. 

Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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