Rénovation énergétique : des copropriétaires largement favorables, mais des projets qui peinent à aboutir
Si une large majorité de copropriétaires se disent favorables à la rénovation énergétique de leur immeuble, le passage à l'acte reste difficile. Selon une étude OpinionWay pour Evoriel, le coût des travaux, les difficultés de décision en assemblée générale et le manque d'information et d'accompagnement freinent le lancement des opérations. Le rôle des syndics apparaît déterminant pour transformer cette adhésion en travaux concrets.
La rénovation énergétique des copropriétés se heurte moins à un rejet de principe qu'à des difficultés pratiques et financières. C'est l'un des principaux enseignements d'une étude réalisée par OpinionWay pour Evoriel, auprès de 648 propriétaires d'un bien situé dans un immeuble construit en 1990 ou avant.
Selon cette enquête, 72 % des copropriétaires seraient favorables à un projet de rénovation énergétique s'il leur était proposé aujourd'hui. Pourtant, au cours des cinq dernières années, seuls 26 % des projets présentés en assemblée générale ont été adoptés. Si 60 % des répondants indiquent qu'un projet leur a été soumis durant cette période, 14 % font état d'un report, 9 % d'un rejet et 3 % d'un abandon avant le vote. Dans 40 % des copropriétés, aucun projet n'a même été présenté.
Ce décalage entre l'adhésion déclarée et la réalité des décisions collectives souligne la difficulté à engager des opérations de rénovation à l'échelle d'un immeuble.
Le coût des travaux en première ligne
Sans surprise, le financement reste le premier obstacle cité par les copropriétaires : 63 % désignent le coût des travaux comme un frein à la rénovation énergétique. La difficulté à obtenir un accord en assemblée générale arrive en deuxième position (30 %), devant le montant des aides financières disponibles (28 %).
L'information sur les dispositifs de financement constitue un point de fragilité : même lorsqu'un projet de rénovation est présenté, 49 % des répondants estiment ne pas avoir reçu suffisamment d'informations sur les aides financières mobilisables.
L'étude met également en évidence un déficit d'information et d'accompagnement. Près de six copropriétaires sur dix (59 %) estiment ne pas être suffisamment informés par leur syndic pour s'engager dans un projet. Une proportion similaire (62 %) considère ne pas bénéficier d'un accompagnement suffisant.
Le syndic, un acteur clé du passage à l'action
Les résultats de l'enquête font apparaître une corrélation entre la qualité de l'accompagnement et l'aboutissement des projets. Dans les copropriétés ayant adopté une rénovation énergétique, 60 % des copropriétaires se déclarent bien informés et 51 % bien accompagnés. Lorsque aucun projet n'a été présenté, ces proportions tombent respectivement à 26 % et 22 %.
Le regard porté sur le syndic varie également selon l'avancement des opérations. Dans les copropriétés ayant voté des travaux, 70 % des répondants jugent leur syndic proactif sur les projets de rénovation, contre 43 % dans celles où aucun projet n'a été présenté.
Pour Evoriel, ces résultats confortent l'importance du travail de préparation en amont du vote, mais aussi de l'accompagnement lors de la mise en œuvre. Le groupe indique que plus de 10 000 foyers ont voté des travaux de rénovation énergétique au cours des deux dernières années avec l'appui des équipes de ses réseaux Lamy et Oralia.
Le calendrier des opérations constitue toutefois un autre enjeu. Selon les données de suivi communiquées par Evoriel, cinq années s'écoulent en moyenne entre le vote des travaux et leur réception. Un délai qui souligne la nécessité d'accompagner les copropriétaires au-delà de la seule décision en assemblée générale.
Le confort et les factures avant l'environnement
Les motivations des copropriétaires sont d'abord liées à leur quotidien. L'amélioration du confort thermique en été comme en hiver est citée par 61 % des répondants comme un facteur susceptible de déclencher une rénovation, devant la réduction des factures énergétiques (54 %). La valorisation du logement arrive ensuite (38 %), tandis que la réduction de l'impact environnemental ne recueille que 21 % des réponses.
Les bénéfices constatés après travaux correspondent à ces attentes : 43 % des copropriétaires concernés mentionnent une amélioration du confort thermique en hiver et 39 % une baisse des factures. L'amélioration du diagnostic de performance énergétique (DPE) est citée par 33 % d'entre eux.
Enfin, la stabilité des aides publiques pourrait faciliter le déclenchement des projets : 41 % des répondants la considèrent comme un levier favorable. Au-delà du montant des soutiens financiers, leur lisibilité dans la durée apparaît donc comme un facteur susceptible de sécuriser les décisions collectives.
Pour Erwan Dupuy, président-directeur général d'Evoriel, le succès des rénovations repose ainsi sur « l'accompagnement du syndic en termes de pédagogie et de pilotage opérationnel ». Le groupe indique avoir créé une direction dédiée à la transition énergétique, mis en place un programme de formation de ses gestionnaires et organisé des réunions d'information auprès des copropriétaires.
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