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Cetiat : cap maintenu sur la transition énergétique en 2026

, mis à jour le 30/04/2026 à 16h29
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CETIAT schéma Contrat d’Objectifs et de Performance 2027

Dans un contexte économique défavorable pour la filière aéraulique et thermique, le Cetiat clôture 2025 sur un chiffre d’affaires en recul. Le centre technique lyonnais confirme néanmoins sa capacité de mobilisation et affiche ses priorités, entre accompagnement des politiques publiques, décarbonation et montée en puissance des pompes à chaleur.

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L’année 2025, marquant les 65 ans du Centre technique des industries aérauliques et thermiques (Cetiat), n’a pas échappé aux turbulences du marché. Le secteur du bâtiment neuf est resté à un niveau historiquement bas, tandis que la rénovation, malgré un léger rebond en fin d’année, n’a pas suffi à compenser le ralentissement global.

Symbole de cette contraction, le marché des pompes à chaleur air/eau a poursuivi son recul, avec environ 180 000 unités vendues en 2025 (contre 355 000 en 2022). En cause notamment : une instabilité persistante des dispositifs publics. « Les aides MaPrimeRénov’ ont connu 14 versions en deux ans », souligne le président du Cetiat, Yves Fanton d’Andon, pointant un facteur de complexité pour les ménages et un frein aux investissements.

Dans ce contexte, le chiffre d’affaires du Cetiat s’établit à 13,5 M€, en retrait par rapport à 2024. La Taxe fiscale affectée (TFA), ressource clé du financement des actions collectives, se stabilise toutefois à 4,7 M€, après une baisse marquée l’année précédente.

Des priorités stratégiques maintenues

Malgré un environnement contraint, le Cetiat a produit 5 M€ d’études collectives en 2025, en ligne avec les orientations de son Contrat d’objectifs et de performance (COP). Une part significative (1,8 M€) a été consacrée aux enjeux de décarbonation, de sobriété énergétique et d’économie circulaire.

Le centre technique intensifie notamment ses travaux sur les pompes à chaleur collectives et hybrides, en ciblant les freins techniques, économiques et organisationnels à leur déploiement dans le logement collectif et le tertiaire.

Autre axe structurant : les biocombustibles. Le Cetiat évalue les performances de solutions alternatives comme les liquides à base d’EMAG, le biométhane ou encore le biopropane rDME. L’objectif est double : caractériser leur comportement dans les équipements et analyser les conditions de leur déploiement à grande échelle.

Des activités contrastées selon les métiers

Avec 8,5 M€ de prestations, l’activité du Cetiat reflète des dynamiques différenciées.

  • La métrologie poursuit sa progression, confortant le positionnement du centre comme référence en étalonnage.
  • L’activité formation accuse un recul marqué de 33 %, lié notamment à la baisse des formations RGE, en particulier dans le photovoltaïque.
  • Les essais se stabilisent autour de 2,2 M€.
  • Les études reculent, notamment sur la décarbonation industrielle, malgré un rattrapage partiel en fin d’année.

« La trajectoire de décarbonation de l'industrie est en panne », constate le directeur général Pierre Claudel, évoquant des projets reportés face aux incertitudes économiques et géopolitiques. Néanmoins, des projets structurants sont en cours. Parmi les initiatives emblématiques, le projet DECLYC, mené avec le pôle Axelera, vise à optimiser la ventilation des laboratoires industriels. L’enjeu : concilier sécurité des opérateurs et réduction des consommations énergétiques. Le Cetiat s’est également engagé dans des essais de biofioul F100 en résidentiel, étape clé vers des solutions de chauffage 100 % biosourcées.

En 2025, le Cetiat a consacré 900 000 € à ses investissements, avec une priorité donnée à la modernisation des moyens d’essais. Une attention particulière a été portée à la sécurisation des plateformes dédiées aux pompes à chaleur utilisant des fluides frigorigènes inflammables. Le renouvellement des équipements de mesure (analyseurs acoustiques, étalons de métrologie) participe également à maintenir un haut niveau d’expertise technique.

Positionnement renforcé sur les politiques publiques

Pour 2026, le Cetiat vise un chiffre d’affaires de 13,8 M€, avec un équilibre entre actions collectives (4,9 M€) et prestations (8,9 M€). L’effort d’investissement sera maintenu à hauteur d’1 M€.

Le centre entend surtout jouer un rôle accru dans l’accompagnement des politiques publiques. Dans le cadre du programme PRODICEE, piloté par l’Ademe, il interviendra auprès des industriels pour évaluer les dispositifs de Certificats d’économies d’énergie (CEE) et formuler des recommandations.

Autre projet structurant : la création du CEPAC, un centre d’expertise dédié aux pompes à chaleur, en partenariat avec plusieurs acteurs de la filière. L’objectif est de soutenir l’électrification des usages dans le bâtiment, en accompagnant bureaux d’études, industriels et installateurs.

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
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