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FFB : le PLF 2027, dernière chance du bâtiment

, mis à jour le 17/09/2026 à 10h17
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Frédéric Carré, président de la FFB
Le Bâtiment « va mal, voire très mal », résume Frédéric Carré, président de la FFB. La fédération anticipe un recul de 0,3 % du chiffre d'affaires en 2026 et 20 000 emplois détruits cette année. Elle attend du PLF 2027 « celui de la dernière chance » pour la filière.
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Le Bâtiment traverse une crise profonde qui touche désormais tous ses marchés. À l'occasion de sa conférence de presse de rentrée, Frédéric Carré, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), a livré un diagnostic sans détour : « Le Bâtiment va mal, voire très mal. Tous les segments sont dans le rouge. » La fédération retient un recul de 0,3 % du chiffre d'affaires du secteur en 2026, hors effet prix. Sur quatre ans, la contraction atteindrait 12,3 %, ramenant l'activité à son niveau de la fin des années 1990. Conséquence directe attendue cette année : 20 000 emplois détruits, après quelque 60 000 postes perdus sur la période.

Pour le dirigeant, l'enjeu dépasse la seule filière. « Il n'y aura pas de croissance sans la construction », affirme-t-il. La croissance française, attendue à 0,4 % en 2026 selon l'Insee, pâtit du repli de l'investissement en construction des ménages, des entreprises et, désormais, des administrations publiques.

FFB et crise du bâtiment : le logement neuf dans l’impasse

Ce premier volet du diagnostic dressé par la FFB france illustre l’ampleur de la crise du bâtiment sur le logement neuf. Dans ce guide crise du bâtiment, la fédération française du bâtiment rappelle que le redressement reste trop fragile pour inverser la tendance. Pour de nombreux acteurs, ce passage servira aussi de guide FFB afin de comprendre pourquoi le PLF 2027 est présenté comme un rendez-vous décisif pour 2027.

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crise du bâtiment - Photo de Hernan Lucio

Le logement demeure le premier motif d'inquiétude. Les mises en chantier avoisineraient un peu moins de 300 000 unités en 2026, soit 60 000 sous la moyenne des quarante dernières années. On reste très loin des 420 000 logements jugés nécessaires selon les travaux du ministère du Logement. La fédération estime déjà que la cible de deux millions de logements neufs d'ici 2030 restera hors d'atteinte.

Les indicateurs avancés confirment cette trajectoire. Les permis de construire reculent de 0,2 % sur les sept premiers mois à fin juillet, et de 8 % sur le dernier trimestre, le collectif chutant de 16,6 %. Les ventes de logements se sont effondrées, passant d'une moyenne de près de 322 000 par an entre 2018 et 2022 à 175 000 entre 2022 et 2026, une baisse de 46 %. Autre alerte : la production de crédit immobilier au neuf destiné aux ménages a reculé de 20 % sur un an, sur trois mois à fin août 2026. L'assouplissement des conditions d'accès au crédit figure donc parmi les priorités affichées.

La fédération rappelle le coût de cette crise pour les finances publiques : près de 5 Md€ de recettes de TVA perdues entre 2022 et 2025. « C'est un jeu perdant pour les ménages, perdant pour les entreprises et perdant pour l'État », résume Frédéric Carré.

Crise du bâtiment : la FFB alerte sur le non-résidentiel en 2027

Au-delà du logement, la fédération française du bâtiment souligne que l’absence de relais publics aggrave la crise. Cette lecture, proche d’un guide FFB 2025 pour les entreprises du secteur, montre que le non-résidentiel ne bénéficie plus d’un amortisseur suffisant. La FFB estime ainsi que 2027 pourrait prolonger les difficultés si la commande publique ne retrouve pas un rôle plus actif.

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crise du bâtiment - Photo de Milo Bunnik

Le non-résidentiel neuf n'échappe pas au retournement. Les surfaces commencées se maintiennent tout juste au-dessus de 20 millions de m², contre une moyenne de long terme de 31 millions. Les surfaces autorisées ont reculé de 6,7 % entre les sept premiers mois de 2025 et ceux de 2026, les locaux administratifs décrochant d'un tiers. La fédération pointe surtout le retrait des collectivités. « La commande publique ne joue plus du tout son rôle contracyclique », souligne-t-elle. Elle anticipe un nouveau repli des surfaces commencées et de l'activité en 2027.

Rénovation énergétique : « un renoncement sans précédent »

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crise du bâtiment - Photo de Annina Maria

L'amélioration-entretien pèse désormais 60 % de l'activité du secteur, mais elle fléchit à son tour. Au deuxième trimestre 2026, elle recule de 3,3 % en volume sur un an, septième trimestre consécutif de baisse. La rénovation énergétique, longtemps présentée comme un relais de croissance, décroche de 4,3 %, avec un repli de 4,5 % dans le logement et de 3,5 % dans le non-résidentiel.

Les nouveaux arbitrages sur MaPrimeRénov' et le Fonds vert nourrissent la colère de la fédération. « C'est un renoncement sans précédent ! », dénonce Frédéric Carré, alors que les épisodes de chaleur de l'été ont rappelé l'urgence d'adapter les bâtiments au changement climatique.

FFB 2025-2027 : des entreprises du bâtiment sous pression

Pour les artisans comme pour les PME, ce chapitre agit comme un guide crise du bâtiment centré sur les marges, la trésorerie et les défaillances. Il éclaire aussi les recherches autour de meilleur FFB ou indice FFB, souvent utilisées pour suivre l’état du marché et des coûts. Dans la lecture portée par la fédération française du bâtiment, la pression financière reste l’un des freins majeurs à toute reprise durable.

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FFB bâtiment - Photo de Jari Hytönen

À la baisse d'activité s'ajoute la pression sur les coûts. Entre février et le début de l'été, l'Insee a relevé des hausses atteignant 35 % pour le bitume et le gazole non routier, plus de 20 % pour le gazole à la pompe, les produits PVC et les plastiques alvéolaires, et près de 10 % pour les profilés plastique, les produits acier et les panneaux en bois. Le poste « matériaux » du BT01 a progressé de 4,3 % entre février et juin, soit 3,3 fois plus vite que l'inflation générale. Or les entreprises peinent à répercuter ces hausses. « Ce qui pèse sur les marges », relève la fédération.

Les tensions de trésorerie restent vives, alimentées par les délais de paiement. Les défaillances reculent de 4 % sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à 2025, mais la FFB table encore sur environ 12 000 entreprises concernées sur l'année. Les structures les plus solides sont davantage frappées : les procédures augmentent de 30 % chez les entreprises de 20 à 49 salariés et de 21,1 % au-delà.

PLF 2027 et FFB : l’emploi du bâtiment au cœur de l’alerte

La question sociale devient centrale dans l’analyse de la FFB. Ce focus complète le guide PLF 2027 en montrant que la crise du bâtiment 2025 produit encore ses effets sur l’emploi, l’alternance et le renouvellement des compétences. Pour la fédération, le PLF 2027 france devra donc répondre à la fois à l’urgence conjoncturelle et aux besoins structurels du bâtiment.

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crise du bâtiment - Photo de Hermann Wittekopf - kmkb

La dégradation gagne l'emploi. Entre les premiers semestres 2025 et 2026, le Bâtiment a perdu près de 15 000 postes : 16 500 salariés et 3 600 intérimaires en équivalent temps plein en moins, partiellement compensés par 5 900 non-salariés supplémentaires. La situation des jeunes préoccupe : les 15-29 ans sont plus exposés aux suppressions de postes, tandis que les contrats d'alternance reculent. Les embauches devraient chuter de 16,7 % en 2026, un signal que la fédération juge préoccupant pour le renouvellement des compétences.

Cette contraction fragilise les efforts engagés depuis plusieurs années pour attirer et former des jeunes vers les métiers du Bâtiment. Le repli de l'alternance touche directement le vivier de main-d'œuvre dont le secteur aura besoin pour la transition énergétique et l'adaptation des bâtiments.

Le PLF 2027, « celui de la dernière chance »

Face à ce diagnostic, la FFB place ses attentes dans le prochain budget. « Le PLF 2027 doit être celui de la dernière chance », martèle Frédéric Carré. La fédération réclame une stabilité fiscale, un maintien des dispositifs de soutien à la rénovation énergétique et une relance de la commande publique.

Parmi les mesures avancées figurent l'assouplissement de l'accès au crédit immobilier, la préservation de MaPrimeRénov' et du Fonds vert, ainsi qu'un soutien renforcé à la construction neuve. La fédération plaide pour un cadre lisible et durable, seul à même selon elle de restaurer la confiance des ménages et des investisseurs.

Le secteur attend désormais les arbitrages budgétaires. Ils détermineront, selon la fédération, la capacité de la filière à enrayer une activité tombée à son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, et à préserver l'emploi comme les compétences nécessaires aux chantiers de demain.

Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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