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Le PLF 2027, « celui de la dernière chance » pour le Bâtiment selon la FFB

, mis à jour le 15/09/2026 à 16h09
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Frederic-Carre FFB

Tous les segments du Bâtiment se retournent, les trésoreries se tendent et l’emploi repart à la baisse. Pour Frédéric Carré, président de la FFB, la situation impose d’agir sans attendre 2027. La fédération fait du prochain projet de loi de finances sa priorité, tout en préparant déjà ses propositions pour la prochaine élection présidentielle.

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« Le Bâtiment va mal, voire très mal. Tous les segments sont dans le rouge. » Pour sa deuxième conférence de presse, Frédéric Carré n’a pas cherché à minimiser la situation du secteur. La FFB retient désormais un recul de 0,3 % du chiffre d’affaires du Bâtiment en 2026, hors effet prix. Sur quatre ans, la baisse atteindrait 12,3 %, ramenant l’activité à un niveau comparable à celui de la fin des années 1990. Conséquence directe : 20 000 emplois supplémentaires devraient être détruits cette année, après près de 60 000 postes perdus en quatre ans. La croissance française, attendue à seulement 0,4 % en 2026 selon l’Insee, est notamment pénalisée par le recul de l’investissement en construction des ménages, des entreprises et désormais des administrations publiques.


Pour le président de la FFB, l’enjeu dépasse largement le seul secteur. « Il n’y aura pas de croissance sans la construction », estime-t-il. 

Logement neuf : un redressement en trompe-l’œil

Le logement reste le principal sujet d’inquiétude de la FFB. Les mises en chantier devraient atteindre un peu moins de 300 000 logements en 2026. Un niveau encore très éloigné des besoins : 60 000 unités sous la moyenne des quarante dernières années et surtout loin des 420 000 logements nécessaires selon les estimations issues des travaux du ministère du Logement. La FFB considère d’ores et déjà que l’objectif de deux millions de logements neufs d’ici 2030 ne sera pas atteint.
Les indicateurs avancés ne laissent guère entrevoir d’amélioration rapide. Les permis de construire reculent de 0,2 % sur les sept premiers mois à fin juillet et de 8 % sur les trois derniers mois, avec un collectif particulièrement touché (-16,6 %). Les ventes de logements, elles, se sont effondrées : de près de 322 000 par an en moyenne entre 2018 et 2022 à 175 000 entre 2022 et 2026, soit une chute de 46 %.
Autre signal préoccupant : la production de crédit immobilier destiné au neuf à destination des ménages a diminué de 20 % sur un an, sur trois mois à fin août 2026. Pour la FFB, l’assouplissement des conditions d'accès au crédit constitue donc une priorité.
La fédération rappelle par ailleurs que cette crise du neuf a déjà un coût pour les finances publiques : près de 5 Md€ de recettes de TVA perdues entre 2022 et 2025. « C’est un jeu perdant pour les ménages, perdant pour les entreprises et perdant pour l’État. »
Le non-résidentiel neuf n’échappe pas au retournement. Les surfaces commencées se maintiennent à peine au-dessus de 20 millions de m², très loin de la moyenne de long terme de 31 millions de m². Les surfaces autorisées ont, elles, reculé de 6,7 % entre les sept premiers mois de 2025 et ceux de 2026. Les locaux administratifs décrochent particulièrement, avec une baisse d’un tiers.
La FFB déplore surtout l’absence de soutien de la commande publique. « La commande publique ne joue plus du tout son rôle contracyclique », souligne-t-elle, alors que les autres segments du marché reculent également. Pour la fédération, cette situation laisse présager une nouvelle baisse des surfaces commencées et de l’activité du non-résidentiel neuf en 2027.
Rénovation énergétique : « un renoncement sans précédent »

Rénovation : 3,3 % en volume sur un an

L’amélioration-entretien représente désormais 60 % de l’activité du Bâtiment, mais elle recule elle aussi. Au deuxième trimestre 2026, son activité baisse de 3,3 % en volume sur un an, soit un septième trimestre consécutif de baisse.
La rénovation énergétique, pourtant présentée depuis plusieurs années comme l’un des principaux relais de croissance du secteur, est particulièrement touchée : -4,3 %, avec -4,5 % dans le logement et -3,5 % dans le non-résidentiel.
Dans ce contexte, les nouveaux arbitrages sur MaPrimeRénov’ et le Fonds vert suscitent la colère de la fédération. 

Alors même que les épisodes de chaleur de cet été ont rappelé l’urgence de l’adaptation des bâtiments au changement climatique.«il y a un renoncement sans précédent  sur la rénovation énergétique ! », dénonce Frédéric Carré, 

Les entreprises prises entre baisse d’activité et hausse des coûts

À la baisse d’activité s’ajoute la pression sur les coûts. Entre février et juin ou juillet, l’Insee a relevé des hausses pouvant atteindre 35 % pour le bitume et le gazole non routier, plus de 20 % pour le gazole à la pompe, les produits PVC et les plastiques alvéolaires, et près de 10 % pour les profilés en matière plastique, les produits acier et les panneaux en bois.
Plus globalement, le poste « matériaux » du BT01 a augmenté de 4,3 % entre février et juin, soit 3,3 fois plus vite que l’inflation générale. Or les entreprises peinent à répercuter ces hausses à leurs clients. « Ce qui pèse sur les marges », souligne la FFB.
Les tensions de trésorerie restent également fortes, notamment du fait des délais de paiement. Les défaillances reculent légèrement, de 4 % sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, mais la FFB anticipe encore environ 12 000 entreprises concernées sur l’ensemble de l’année. 
Cette dégradation de l’activité commence à peser lourdement sur l’emploi. Entre les premiers semestres 2025 et 2026, le Bâtiment a perdu près de 15 000 postes : 16 500 salariés et 3 600 intérimaires en équivalent temps plein en moins, partiellement compensés par 5 900 non-salariés supplémentaires. La situation des jeunes et de l’alternance inquiète particulièrement la FFB. Les 15-29 ans sont davantage touchés par les suppressions d’emplois, alors même que les contrats d’alternance reculent.
La fédération s’alarme également du décrochage des embauches. En 2026, elles devraient diminuer de 16,4 % dans la construction, contre 6,5 % pour l’ensemble de l’économie.
 

PLF 2027 : ne pas attendre la présidentielle

Face à cette situation, la FFB veut agir sur deux horizons : le PLF 2027 à court terme et l’élection présidentielle à plus long terme.
Premier levier : le projet de loi « Relance et décentralisation du logement ». La fédération demande notamment d’améliorer le dispositif Jeanbrun dans l’existant, d’y intégrer l’individuel neuf et de lancer l’Anru III.
Le deuxième levier est le projet de loi de finances. Pour Frédéric Carré, il est impératif d’éviter une nouvelle « loi spéciale » qui bloquerait les décisions budgétaires. La FFB demande notamment de ne pas raboter le PTZ et de ne pas relever la RLS. Elle réclame également une amélioration du dispositif Jeanbrun pour le rendre réellement attractif.
Sur la rénovation énergétique, la fédération demande le maintien en 2027 des engagements inscrits dans la loi de finances initiale de 2026 pour MaPrimeRénov’, les CEE et le Fonds vert.

RE2020, apprentissage, REP PMCB... : les autres batailles

L'assouplissement de la RE2020 fait également partie des demandes de la fédération. Celle-ci souhaite une pause normative, avec la suspension des prochaines marches prévues en 2028 et 2031, tout en travaillant à une meilleure prise en compte du confort d’été. La FFB considère que chaque nouveau palier ajoute des coûts de production et contribue à désolvabiliser les ménages, alors que la réglementation française est déjà supérieures aux exigences européennes.
Sur l’apprentissage, la FFB demande une stabilisation des budgets en 2027, mais aussi des mesures permettant de lever les freins liés au logement et à la mobilité des jeunes. « Ceci n’est pas une option, il faut le faire », insiste la fédération.

« La FFB refuse la REP PMCB actuelle en bloc ! », martèle Frédéric Carré.


Enfin, la REP reste un sujet de confrontation directe avec le gouvernement. La FFB dénonce un système dont le coût devait initialement être ramené à 325 M€, mais qui atteindrait désormais 600 M€, sans amélioration suffisante du service de reprise des déchets.
La facturation électronique constitue une autre source d’inquiétude. La FFB demande que ses modalités tiennent compte des spécificités du Bâtiment : acomptes, situations de travaux, DGD, retenues de garantie, sous-traitance, paiements directs ou encore autoliquidation de la TVA. Le dispositif devra être simple, lisible, sans coût supplémentaire pour les entreprises et prévoir une certaine tolérance lors de son déploiement.

2027 : la construction au cœur du débat présidentiel

La FFB prépare déjà la prochaine échéance présidentielle. Mais son message est clair : elle entend obtenir des réponses dès maintenant et ne pas attendre le scrutin de 2027.


« La rentrée sera donc offensive ! », prévient Frédéric Carré. 

Le PLF 2027 constitue désormais le premier rendez-vous. La présidentielle sera le second. À cette occasion, la FFB entend évaluer les candidats sur leurs propositions et leurs actes en matière de logement, de construction, de rénovation et d’emploi. Batimat qui ouvre ses portes le 28 septembre et le Sommet de la Construction qu'elle organise en novembre seront deux belles caisses de raisonnences pour faire entendre sa voix. 
 

Memo chiffres (source FFB)

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FFB Memo chiffres 2026
Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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