Le groupe Liébot imagine l’industrie de la construction à l’horizon 2050
À l’occasion d’Équibaie, le n°1 tricolore de la fenêtre et de la façade publie son premier livre blanc dédié au “Futur des modes constructifs”. Avec, en fil rouge, une vision prospective de l’évolution de l'industrie de la construction d’ici 2050 – date butoir pour que la filière du Bâtiment atteigne ses objectifs de neutralité carbone.
Rédigé avec le concours d’une vingtaine de partenaires et d’experts indépendants du monde du Bâtiment et de l’immobilier (groupe Alliance Économie, Icade, Vinci Construction, Arcora - filiale spécialisée du groupe Ingérop), le livre blanc du groupe Liébot veut apporter sa pierre à l’édifice en identifiant cinq périodes charnières qui pourraient « redessiner progressivement l’industrie de la construction ».
Son opus collaboratif de 36 pages esquisse aussi la perspective d’un bâtiment “auto-régénératifˮ – c’est-à-dire « un système vivant conçu pour s’adapter, se transformer et dialoguer avec son environnement ». Une industrie de la construction qui, cependant, s’avèrerait en décalage face à l’accélération des grands changements.
« L'industrie de la construction est traversée par des mutations profondes et combinées : contraintes climatiques, tensions sur les ressources, évolutions démographiques, révolution numérique. Alors que ces transformations s’accélèrent, elle se retrouve en décalage. Marges limitées, organisation fragmentée et faibles capacités d’investissement dans l’innovation ont ralenti sa capacité de transformation », estime l’industriel.
Le livre blanc “Futur des modes constructifs” ne prétend pas prédire l'avenir mais imagine une trajectoire plausible et décrypte les mécanismes susceptibles d'orienter durablement le secteur, sans rupture spectaculaire mais par adaptation progressive, à partir de l'observation des dynamiques actuelles.
Cinq grandes séquences d’ici à 2050
Cinq périodes charnières, de 2025 à 2050, y sont identifiées. Et pourraient « redessiner progressivement l’industrie de la construction ».
• 2025 - 2030 : le réveil réglementaire. Face à l’atteinte des limites planétaires, la constitution de nouveaux blocs économiques et la dégradation progressive de nos avantages concurrentiels historiques, l’industrie accélère sa transformation.
• 2030 - 2035 : la recherche de l’efficience. L’ère du carbone continue de structurer les décisions, mais elle entraîne désormais l’industrie dans une transformation plus profonde : celle de ses modes de production.
• 2035-2040 : la mutation de la valeur économique et patrimoniale. Peu à peu, l’industrie apprend à considérer les bâtiments comme des systèmes évolutifs, appelés à être transformés, adaptés et maintenus dans le temps. Elle n’est plus seulement productrice d’ouvrages, elle doit anticiper l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.
La valeur immobilière n’est plus seulement fondée sur le diptyque “surface + localisation” ; d’autres critères deviennent incontournables : performance sur le cycle de vie, résilience climatique, capacité d’adaptation des bâtiments et traçabilité des composants.
• 2040-2050 : la construction renouvelable. Carbone, climat, ressources, démographie et compétitivité redéfinissent durablement le cadre dans lequel l’industrie opère et l'adaptation permanente devient la norme. Face à une stagnation démographique, le besoin de surface utile est stable et la transformation du parc immobilier existant devient le moteur du secteur. Le bâtiment devient évolutif et indissociable des services et usages qu’il apporte à ses occupants.
« Nous avons également décidé de le partager avec l’ensemble des parties prenantes de notre industrie car nous avons la conviction que c’est grâce à la mutualisation des connaissances et à l’énergie collective que nous relèverons les grands défis de demain. »
Jean-Pierre Liébot, président du groupe Liébot
Selon les contributeurs de cet ouvrage didactique, un nouveau modèle industriel au service d’un bâtiment “auto-régénératifˮ pourrait émerger à partir de 2050. « L’industrie de la construction reste reconnaissable. Elle construit toujours, mais elle conçoit différemment, produit plus efficacement et accompagne désormais dans le temps l’évolution permanente de ces systèmes bâtis », anticipent-ils.
Et de poursuivre : « Grâce aux capteurs, aux plateformes de données et aux jumeaux numériques, les bâtiments réagissent aux conditions climatiques, aux flux d’occupation, aux besoins énergétiques ou aux contraintes urbaines. Ils sont devenus des organismes capables d’anticiper et de réagir à leur environnement. Le bâtiment n’est plus condamné à l’obsolescence, il est devenu “auto-régénératifˮ ».
Selon Jean-Pierre Liébot qui préside le groupe Liébot, « si les contraintes qui s’imposent à nous sont réelles, la vision qui émerge de ce livre blanc est résolument positive. Elle esquisse une industrie plus structurée, plus responsable, plus consciente de ses impacts et de ses limites ».
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