Herige en modèle du "développement durable et profitable"

Grégoire Noble
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Edycem coulage béton bas carbone

Présent dans trois secteurs distincts de la construction (négoce de matériaux, béton et menuiserie) le groupe familial Herige a publié un chiffre d’affaires global de 712 M€ pour 2021. Benoît Hennaut, le président du directoire se montre très satisfait mais il est plus circonspect pour cette année, avec l’accumulation de difficultés au niveau économique. Son credo : chercher une croissance profitable et durable.

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VM, Atlantem, Edycem : autant de noms du groupe Herige que les acteurs du bâtiment connaissent bien. Trois activités distinctes et complémentaires qui ont réussi, en 2021, à dépasser les 700 M€ de ventes : 393 M€ en négoce de matériaux, 166 M€ en menuiserie et charpente et 128 M€ dans les bétons. Benoît Hennaut, le président du directoire Herige, relate : « Edycem a fait une très belle année, avec un plan de structuration et d’innovation pour nous inscrire dans la durée. Le négoce s’est également modernisé et digitalisé. Quant à la menuiserie industrielle, c’est celle qui a le plus progressé avec de nouvelles gammes ». Il poursuit : « L’année 2021 a été exceptionnelle, avec 31,2 M€ de résultat d’exploitation. Mais nous sentons la fatigue suite à la succession des crises et il y a beaucoup de stress, de tensions relatives à la conjoncture avec les ruptures d’approvisionnements de matériaux ou la hausse des coûts… ».

Face à une situation post-Covid fluctuante, entre rebond et pénuries, le groupe à actionnariat familial opte pour une stratégie : la croissance profitable et durable. « Il y a beaucoup d’opportunités à aller chercher en allant vers davantage d’environnemental et de sociétal », résume le président du directoire. Sur les tendances d’avenir, Benoît Hennaut anticipe « une chute de la construction neuve et une réorientation vers le petit collectif en raison des différentes réglementations comme le Zéro artificialisation nette et du prix du foncier », en même temps qu’un « développement de la rénovation et de la réhabilitation », moins gourmandes en ressources et fortement soutenue par tous les dispositifs d’aides (MaPrimeRénov’, PTZ, CEE…). Le programme ÉcoSolutions, mis en place en 2021, continuera à accompagner les artisans, en partenariat avec la Capeb.

La RSE sous tous ses aspects

La transformation digitale, déjà accélérée par la crise sanitaire, se poursuivra elle aussi selon le dirigeant. Dans le négoce notamment, cela se traduira par le déploiement d’espaces d’accueil « In Cube » pour les aménageurs et carreleurs. Un accent sera également mis sur l’activité bois et biosourcés, afin de coller à la nouvelle RE2020. Mais le groupe Herige, qui possède une importante expertise dans les bétons, poursuivra ses efforts de développement d’une offre bas carbone avec la gamme Vitaliss dont certains sont employés sur le chantier du futur siège d’Edycem à Boufféré. Côté menuiseries, Atlantem s’appuiera sur les nouveaux coulissants AM-X et la marque s’attèlera à intégrer Activence (Vitrolles), un acteur régional du volet roulant acquis en février dernier.

Concernant la politique RSE, le groupe a mis en place un comité au début de 2021, afin de s’assurer du suivi de la feuille de route selon trois priorités : Agir, Mesurer, Améliorer. La réduction de l’empreinte carbone sera au cœur de certaines actions, dont la généralisation du tri sélectif pour favoriser l’économie circulaire, ou l’adhésion à deux éco-organismes candidats (Écominéro pour les activités béton et Valobat pour toutes les autres). Les ressources humaines seront également mobilisées afin de surmonter les difficultés de recrutement. Benoît Hennaut note : « Nous avons 2 500 collaborateurs en tout, dont 95 % en CDI. Près de 1 100 dans le négoce, plus de 900 dans la menuiserie industrielle et 300 dans les activités liées au béton. Il y a eu 435 nouvelles embauches en 2021, dont 39 % de moins de 30 ans et 16 % de plus de 50 ans ». Le groupe dit rechercher la diversité des profils, avec cette mixité générationnelle et la poursuite d’actions en faveur des travailleurs handicapés. Mais il manquerait toujours au moins 100 personnes pour pouvoir monter des équipes supplémentaires et faire face à la demande. Le groupe insiste sur la diminution de la pénibilité des différents postes, grâce à l’automatisation des postes de travail, et à l’augmentation de la valeur ajoutée des emplois qualifiés. Interrogé sur les prévisions de résultats pour 2022, Benoit Hennaut estime que « les nuages vont s’amonceler » et que le secteur de la construction restera attentiste au moins jusqu’à la rentrée de septembre.
 

Grégoire Noble
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