Image
GRAND ANGLE - ONE BATI 2026
Image
GRAND ANGLE - ONE BATI 2026
Image
PAVE - ONE BATI 2026
Image
PAVE - ONE BATI 2026
Image
BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026
Image
BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026

Qualité de l’air intérieur : le parent pauvre de la construction

, mis à jour le 09/02/2026 à 14h23
Image
Qualité de l'air intérieur

Une enquête révèle que 75 % des Français ignorent « comment détecter un air vraiment sain ». La qualité de l’air intérieur reste peu comprise et négligée, à la fois par les utilisateurs mais également par les professionnels. Pour les spécialistes, le suivi des concentrations de CO₂, de particules et de COV est pourtant un minimum afin de protéger bien être et santé des occupants d’un bâtiment.

Partager sur
Image
MEGA BAN - ONE BATI 2026
Image
MEGA BAN - ONE BATI 2026

Dans les espaces clos – qu’il s’agisse de lieu de travail ou de logement – l’air peut être pollué par des agents chimiques et biologiques provenant soit des personnes, des matériaux utilisés pour le bâtiment et son aménagement, ou d’objets stockés. La notion de « qualité de l’air intérieur » (QAI) est utilisée pour qualifier l’atmosphère de ces lieux, car l’exposition des personnes à des substances chimiques ou biologiques (moisissures, bactéries, virus) même à faibles doses, peut induire des risques pour la santé. Or, les bâtiments récents sont de plus en plus hermétiques pour une meilleure performance thermique (éviter les échanges non contrôlés avec l’atmosphère extérieure, trop chaude en été ou trop froide en hiver), ce qui exige une attention encore plus poussée lors de la conception et de la construction/rénovation.

La recherche d’une bonne QAI passe par plusieurs impératifs : choisir des matériaux aussi peu émissifs que possible, rechercher et éliminer les sources d’humidité (fuites de réseau d’eau ou de chauffage, infiltrations depuis la toiture ou le sol), assurer une ventilation efficace avec des apports d’air extérieur suffisants, et assurer une épuration de l’air introduit dans le bâtiment en cas d’environnement extérieur pollué. Enfin, il conviendra également de procéder à une maintenance régulière des installations de ventilation afin de préserver les performances dans le temps.

Depuis 2012, la réglementation (art. R 221-22 à 28 du Code de l’Environnement) oblige les fournisseurs de produits de construction à les étiqueter en fonction du niveau d’émission de 10 composés organiques volatils (dont le formaldéhyde), ce qui amène à un classement entre A+ et C (du moins au plus émissif). Les industriels ont tous fait des efforts pour réduire drastiquement les émissions de leurs produits et beaucoup se classent aujourd’hui A ou A+.

Côté ventilation (et aération), rappelons qu’il faut entretenir les grilles et bouches d’entrée d’air, pour garantir le bon débit de l’installation. Ce dernier dépend du nombre de pièces du logement, et il est d’au minimum 75 m³/h dans un studio et de 15 m³/h dans des WC, pour atteindre 135 m³/h dans un T5. Des valeurs qu’il est important d’atteindre dans des logements toujours plus étanches, en raison des exigences de performance thermique de la RE 2020. La VMC est désormais indispensable pour assurer le renouvellement de l’air et maintenir une hygrométrie optimale. Si la VMC hygroréglable B et la VMC double-flux sont les plus efficaces, l’hygroréglable type A reste une bonne solution pour les budgets limités et les rénovations. Enfin, dernier point d’attention, la présence de foyers ouverts et de poêles anciens, accroît considérablement la pollution intérieure, tout comme l’utilisation de chauffage d’appoint non électriques. Prudence donc lors des pics de froid.

Image
Julien Bodin, cogérant de MVN (expert en ventilation des bâtiments collectifs)

« Nous sommes tous concernés et surtout tous vulnérables face à une mauvaise qualité de l’air. Au-delà du logement, ce sont tous les intérieurs qui sont pollués, des bureaux aux écoles, en passant par les salles de sport. »

Julien Bodin, cogérant de MVN (expert en ventilation des bâtiments collectifs)

Chiffres clés

5 à 9 fois plus pollué que l’air extérieur, l’air intérieur peut être problématique.

37 % des Français estiment qu’on ne parle jamais de QAI.

19 h/24 : le temps que l’on passe à l’intérieur du bâti.

15 000 litres d’air sont respirés par une personne chaque jour.

20 000 décès/an en France sont imputables à 6 polluants majeurs (benzène, trichloroéthylène, particules fines, radon, fumée de tabac, CO).


Tout faire pour limiter les émissions de polluants

Peintures, vernis, revêtements de sol… tous les matériaux sont susceptibles de contenir des substances chimiques qui seront libérées au long cours dans l’air intérieur. Conscients de ce phénomène, les industriels cherchent à minimiser l’emploi de ces composés et assainir ainsi les espaces de travail et de vie.

Image
Formaldéhyde

Chez Tarkett par exemple, les dalles Desso AirMaster ont été étudiées pour réduire la quantité de poussières fines en suspension. Elles capturent et retiennent 4 fois plus de particules que les moquettes traditionnelles et 8 fois plus que les sols lisses. Cette poussière peut ensuite être éliminée à plus de 80 % lors du passage d’un aspirateur. De quoi limiter les allergies. Si vous n’êtes pas fan de la moquette, pas de souci, le parquet aussi sait se mettre au service de la santé : Pure Home by FP Bois déploie une technologie de purification de l’air qui élimine « 83 % des COV et 99,9 % des bactéries et virus » par simple contact, grâce à des molécules présentes dans le vernis.
Sus au formaldéhyde !

Sur les murs et plafonds, les peintures deviennent également dépolluantes. Chez Onip, la peinture Label Clean’R « possède une composition qui lui permet dans un premier temps de capter le formaldéhyde comme un aimant à la surface du film, et dans un second temps, de le transformer pour le rejeter en infimes particules d’eau ». L’efficacité se maintiendrait pendant au moins 7 ans. On retrouve cette technologie chez d’autres fournisseurs comme Comus (Effipur), Tollens (Capteo) ou Zolpan (Ondi Pur).

Enfin, les plaques de plâtre peuvent aussi participer à cette chasse au formaldéhyde (classé cancérogène depuis 2024 par l’OMS). Knauf a développé l’offre Cleaneo C aux propriétés dépolluantes. Son concurrent Placo propose un équivalent, la technologie Activ’air qui serait « capable de réduire jusqu’à 70 % la concentration de formaldéhyde de l’air ambiant lorsque le rapport entre surface de produits/volume de la pièce est égal à 1,4 (pour une pièce de 20 m² de hauteur sous plafond 2,5 m ce rapport est atteint en utilisant les produits Activ’air au plafond et aux murs ». L’activité de ces solutions serait maintenue pendant plusieurs décennies.


Des centrales modulaires pensées pour les petits espaces et la rénovation

Une mauvaise ventilation peut avoir des conséquences directes sur la santé et provoquer asthme, allergies et maux de tête.

Image
QAI module Zehnder

Si la construction neuve a intégré les contraintes de l’intégration de ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple ou double flux, il en va tout autrement dans la rénovation lorsque cette problématique n’a pas été embarquée d’emblée dans le projet. Conscients des énormes besoins, les industriels ont fait travailler leurs R&D et apporté des solutions pour disposer d’une qualité de l’air améliorée. Objectif, comme l’affirme Philippe Bitouzet, dg de France Air : « Accompagner les professionnels dans leurs projets de rénovation avec des solutions modulaires, flexibles et faciles à installer ». C’est ainsi qu’est née la Compact Box de l’industriel, une centrale double flux ultracompacte pour la rénovation tertiaire. Avec ses piquages modulables et son installation flexible (faux-plafond, sol ou mur), elle répond aux contraintes des espaces réduits.

Zehnder a aussi dévoilé une nouvelle unité semi-décentralisée, la ComfoAir Fit 100. Conçue spécifiquement pour la rénovation des surfaces résidentielles jusqu’au T2, cette solution modulaire entend démocratiser l’accès à une ventilation double flux performante (débit de 110 m³/h), en conjuguant compacité, simplicité d’installation et coût réduit. Dans le même ordre d’idée, l’Ease 200, de Brink Climate Systems, peut se loger dans une armoire de cuisine standard ou un local technique exigu, avec sa profondeur de seulement 31,5 cm et poids plume de 17 kg. L’appareil, pouvant être piloté à distance, offre une capacité de ventilation maximale de 200 m³/h à 200 Pa et peut être associée à divers accessoires : capteurs de CO₂, sondes d’humidité ou encore filtres à particules fines ou à charbon actif.

Plus “low tech”, la VMI Urban, insuffle de l’air filtré dans l’habitation à partir d’un unique point. Grâce à une légère surpression, l’air vicié est évacué vers l’extérieur via des sorties d’air passives (portes et fenêtres). L’installation de cette petite box ne nécessite pas de combles, rendant son déploiement simple et accessible. Autre approche du côté de S&P, qui a développé un système double flux décentralisé conçu pour optimiser la QAI dans les bâtiments tertiaires, particulièrement les établissements scolaires. Idéal dans le cadre du programme Edu’Rénov ! L’installation ne nécessite pas de lourds travaux d’installation, et le plus petit modèle traite jusqu’à 450 m³/h, suffisant pour une salle de 30 élèves.


Les capteurs se rendent indispensables

L’augmentation de l’étanchéité des bâtiments, la diversité des sources de pollution et le renforcement des exigences réglementaires poussent les industriels du génie climatique à intégrer des fonctions avancées de mesure, de pilotage et de dépollution directement dans les climatiseurs, PAC air-air et unités de ventilation.

Image
QAI module AIRZONE AirQ Sensor

Les capteurs multi-paramètres deviennent la pierre angulaire de ces dispositifs. Mesurant en continu CO₂, COVT, PM10, PM2.5 et hygrométrie, ils ne servent plus uniquement au diagnostic mais déclenchent des actions correctives automatisées sur les débits d’air, la régulation thermique ou les systèmes de traitement. Airzone illustre cette approche avec son AirQ Sensor. Connecté aux régulations Eazyzone 25 et Flexa 25, le dispositif est capable d’assurer un monitoring permanent de la QAI et d’activer des processus d’assainissement dès qu’un seuil est dépassé, notamment via des ioniseurs intégrés aux registres.

La logique de pilotage intelligent se retrouve également chez F2A, avec le système Si-Mo et les registres e-VAV autonomes en énergie, équipés de capteurs CO₂, température et humidité, qui adaptent le renouvellement d’air aux besoins réels. Une philosophie partagée par d’autres tels que France Air et son Opti Drive Smart+. Parallèlement, les fonctions de dépollution s’étendent au-delà des environnements sensibles. Si CIAT reste une référence pour les applications hospitalières et pharmaceutiques avec Climaciat Airclean, conforme à la norme NFS 90-351, le fabricant décline aussi des solutions tertiaires intégrant filtration fine PM2.5 et diffusion maîtrisée. Les fabricants de PAC air-air suivent la même trajectoire : le monosplit Clivia+ de Gree associe ionisation, lampe UVC, filtration des particules fines et autonettoyage de l’évaporateur à 55 °C pour limiter la prolifération microbienne.

Enfin, dans les écoles et ERP, la pression réglementaire accélère le déploiement de solutions dédiées, à l’image de Pureclass, système double flux décentralisé avec capteurs CO₂ intégrés, maintenant les concentrations sous les 800 ppm recommandés. Ensemble, ces technologies traduisent une évolution profonde : la QAI devient une fonction pilotée, mesurée et traitée en continu, au même titre que le chauffage ou la climatisation.

Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire