
Intermédiation : la Capeb redonne le pouvoir aux artisans

« 150 plateformes d’intermédiation de travaux sont actives actuellement sur le marché, mais nous arrivons avec un concept unique », c’est par cette affirmation que Sabine Basili, vice-présidente de la Capeb en charge des affaires économique a souhaité lancer la plateforme 360travaux.

Créée par la confédération artisanale avec 5 autres partenaires au capital, cette plateforme, qui sera réellement ouverte en avril, revendique actuellement 2 800 artisans inscrits. Parmi ceux-ci 5 % des adhérents de la Capeb mais elle est ouverte à tous, et ambitionne les 10 000 adhérents fin 2019.
C’est un projet de longue haleine qui se concrétise, celui de proposer au particulier une plateforme de mise en relation faite par la communauté des artisans eux-mêmes. « Le contexte de fortes mutations du Bâtiment, liées à la transition numérique et énergétique, notamment, génère de nouvelles formes de concurrence. Notre volonté n’est pas de contribuer à l’ubérisation de la profession mais, bien au contraire, de réintroduire de la confiance tant chez le client final que chez les artisans, méfiants vis-à-vis d’internet et jaloux de leur autonomie », souligne la vice-présidente de la Capeb (voir encadré En pratique). Celle-ci rappelle d’ailleurs que ̕360 travaux est le fruit des enseignements tirés d’une large étude auprès des artisans, adhérents ou non de la Capeb, des particuliers et d’analyses approfondies du marché pour identifier les attentes. Parmi les engagements pris par la plateforme : la qualification des artisans ainsi que celle des chantiers en amont, et l’accompagnement et le suivi du projet jusqu’au bon achèvement. Contrairement à d’autres structures, 360travaux ne demande pas de frais d’adhésion aux entreprises. Le paiement des acomptes se fait par ordre bancaire à la plateforme, celle-ci ne se rémunère qu’en fin de chantier. Le pourcentage prélevé se situe dans une fourchette allant de 3,5 % pour les gros “faiseurs” et chantiers importants jusqu’à 14 % pour les entrants.

En pratique
- -Pré-inscription gratuite en indiquant ses activités et sa zone d’intervention, puis rappel par un conseiller pour activer le compte après vérification des informations.
- - L’artisan renseigne son compte avec une présentation de l’entreprise (logo, photo de chantier, photo de l’artisan) ; deux références clients pour permettre de rassurer le futur client ; l’attestation d’assurance (si l’artisan est qualifié Qualibat, ce n’est pas nécessaire) ; le détail de ses spécificités métiers.
- -L’artisan est alerté pour des propositions de chantiers correspondants à ses critères. Il reçoit alors le projet détaillé et les coordonnées du client.
- -L’artisan prend contact pour un rendez-vous sur le lieu d’intervention puis adresse un devis détaillé rapidement. Il reste en charge d’effectuer la réception des travaux et de facturer directement. La plateforme se charge de relancer les clients et de l’encaissement, ce qui permet d’optimiser la relation client et la bonne réalisation des fins de travaux.
- -Le particulier renseigne son projet.
- -Il est rappelé par un conseiller pour mieux qualifier les travaux.
- -Le particulier reçoit deux chiffrages comparatifs et sélectionne l’entreprise.
La mise en relation mais pas seulement
Pour l’heure, d’autres étapes de développement sont évoquées, comme par exemple la possibilité d’avoir des partenaires supplémentaires autour des solutions de financement, ou encore le travail mené actuellement pour proposer des bouquets de travaux packagés permettant de favoriser la massification des travaux de rénovation énergétique. Reste toutefois un préalable à régler : organiser et structurer des groupements de corps de métier, fédérés autour d’un « capitaine de chantier », afin de simplifier la relation avec le client final. Un enjeu important pour que les artisans restent dans le jeu de la rénovation énergétique en préservant leur indépendance. M.-L. B.
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