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Le gaz renouvelable entre croissance et interrogations

Jérémy Becam
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GRDF, GRTgaz, le SPEGNN, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Teréga publient la sixième édition du Panorama du Gaz Renouvelable , état des lieux annuel d’une filière renouvelable en plein essor qui a connu, une nouvelle fois encore, un quasi doublement de ses capacités entre 2019 et 2020. Les acteurs du secteur s’inquiètent cependant du « manque d’ambition » de la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

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2020 a-t-elle été l’année du biométhane ? C’est en tout cas ce que souligne le Panorama du Gaz Renouvelable dévoilé début avril par GRDF, GRTgaz, le SPEGNN, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Teréga. En effet, la filière méthanisation semble être à un moment charnière de son histoire et en passe de réussir son passage à grande échelle. Plus que jamais, 2020 confirme cette tendance avec la mise en service de 91 nouveaux sites en France, ce qui porte à 214 le nombre d’installations raccordées aux réseaux gaziers français à fin 2020. D’une année sur l’autre, les quantités de gaz renouvelable injectées dans les réseaux sont quasiment doublées et atteignent cette année 2 207 GWh. La capacité maximale annuelle d’injection de l’ensemble des sites de production atteint 3 917 GWh fin 2020, contre 2 157 GWh fin 2019, soit l’équivalent de la consommation annuelle de plus de 320 000 logements chauffés au gaz.

Une démarche de plus en plus vertueuse

« L‘injection de gaz renouvelable a toute sa place dans les plans de relance de l’économie française et apporte plus que jamais une réponse aux enjeux climatiques, socio-économiques et agro-économiques. La méthanisation apporte de nombreux services aux territoires : valoriser localement les déchets des territoires, soutenir une agriculture durable, décarboner les secteurs énergétique et agricole, permettre le retour au sol du digestat comme matière fertilisante naturelle, dynamiser les territoires ruraux et développer une filière industrielle française », peut-on lire dans le Panorama du Gaz Renouvelable . La montée en compétences des acteurs sur la chaîne de valeur, la structuration et la professionnalisation de la filière ont permis d’atteindre 7 300 emplois directs et indirects en 2020. D’après les acteurs du secteur, la méthanisation permet de créer en moyenne 3 à 4 emplois locaux non délocalisables par installation, uniquement sur l’exploitation et la maintenance.

Ces derniers mois, les opérateurs de réseaux gaziers se sont fortement mobilisés pour définir des zonages de raccordement et ainsi apporter aux porteurs de projets une visibilité accrue. Fin mars 2021, 216 zonages ont été validés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), représentant des investissements estimés à 900 millions d’euros, avec la perspective de couvrir l’ensemble du territoire national d’ici 1 à 2 ans.

Des inquiétudes sur le cadre économique

Si la filière note l’inscription d’objectifs de développement du biométhane dans la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) publiée en mai 2020, elle s’inquiète de leur manque d’ambition. La filière gaz s'était d'ailleurs considérée la grande perdante de la future RE2020 . « En effet, l’objectif de 6 TWh en 2023, et de 14 à 22 TWh en 2028 n’est pas à la hauteur de la trajectoire nécessaire pour atteindre l’ambition fixée par la Loi énergie climat de 10 % de la consommation de gaz couverte par du gaz renouvelable en 2030 », explique-t-elle suite à la publication de ce panorama. Pour apporter des solutions pérennes au soutien du biométhane injecté, la filière a proposé en 2020 des mécanismes de financement extra-budgétaires pour prendre le relais du dispositif actuel, qui font l’objet d’une consultation lancée en février 2021 par les pouvoirs publics.

La PPE prévoit également des expérimentations sur la pyrogazéification et les opérateurs ont lancé des actions en 2020 en ce sens pour faire émerger les projets dans les territoires. « Le cadre de développement de ces expérimentations reste néanmoins à définir, au même titre que la mise en œuvre des dispositions de la loi énergie-climat sur les filières biogaz innovantes, qui pourraient aussi faire émerger d’autres filières comme la gazéification hydrothermale ou encore le couplage méthanisation-méthanation. De plus, si l’objectif de la PPE en matière de Power to Gas est très limité, les mesures adoptées fin 2020, à l’occasion du plan France Relance, pourraient changer la donne, notamment pour la production et l’usage de l’hydrogène », ajoute conjointement GRDF, GRTgaz, SPEGNN (Syndicat professionnel des entreprises gazières municipales et assimilées), le SER et Téréga. En conclusion, la filière souhaite davantage de visibilité et de la stabilité sur le long terme pour soutenir le secteur et conforter la mobilisation des financeurs. « La réforme des garanties d’origine et le futur cadre de soutien, basés sur un équilibre entre tarif d’achat révisé et appels d’offres, sont à mettre en place en concertation avec la filière », ajoutent les acteurs du Gaz renouvelable.

Jérémy Becam
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