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Les grandes tendances du contrôle d’accès sans fil

Jérémy Becam
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[Zepros Bati] Saviez-vous qu’en 1980, McKinsey avait prédit 900 000 téléphones portables en service avant l’an 2000. Ils se sont complètement trompés. En 1999, c’est tous les 3 jours que se vendaient ces 900 000 téléphones portables ! Pourquoi une telle erreur ? Par manque d’anticipation de l’impact de l’innovation et de la réduction des coûts. Depuis le début des années 2000, la communication sans fil s’est vite propagée, touchant ainsi le secteur du contrôle d’accès. La communication NFC, et plus communément le BLE (Bluetooth Low Energy), se sont largement répandus. Malgré cette évolution, il s’avère que seulement 6 % des systèmes d’accès sont 100 % sans fil. Cependant, 31 % des systèmes sont un mix entre sans-fil et filaire. Ce sont deux tendances qui résultent d’une grande étude sponsorisée par Assa Abloy et qui a pour but d’évaluer la perception et la demande des technologies sans fil dans un marché où les systèmes câblés occupent encore une part importante. Les résultats proviennent d’un sondage fait sur une centaine de personnes, professionnels dans le domaine des achats, des opérations, de l’installation ou de la maintenance des systèmes de contrôle d’accès. Les câbles ont toujours été l’élément essentiel pour l’alimentation électrique, que ce soit à la maison, dans les bâtiments publics ou dans la rue. Bien que le câblage soit le moyen optimal d’alimentation d’un système centralisé, il y a beaucoup d’avantages à s’en passer pour certaines installations éloignées. Ces avantages sont de plus en plus reconnus par les responsables maintenance et sécurité, et se confirment par une croissance annuelle de 7,9 % du marché global du contrôle d’accès sans fil. Celui-ci a suivi la trajectoire habituelle des technologies émergentes, et est progressivement devenu moins cher, plus fiable et plus polyvalent. Près des deux tiers (63 %) des personnes interrogées « ont une vision plus positive du sans-fil qu’il y a cinq ans parce que la technologie s’est améliorée ». De même, 60 % des prestataires sont d’accord sur le fait que l’installation et la vente de technologie sans fil sont devenues plus faciles sur la même période. Conséquence directe, pour la première fois, la part des répondants ayant un système de contrôle d’accès exclusivement câblé a chuté au-dessous de 50 %.
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Un câblage plus compliqué à installer

L’installation de serrures sans fil est d’autant plus avantageuse que le câblage perturbe l’esthétique de la porte et est potentiellement coûteux à installer, en fonction de l’architecture électrique du bâtiment. Une solution câblée peut exiger l’installation de multiples composants comme une ventouse, un automatisme de porte, un lecteur de badge et même parfois une caméra de surveillance. Il est donc surprenant, que seulement 44 % des personnes interrogées pensent que les solutions sans fil sont particulièrement adaptées aux bâtiments présentant beaucoup de portes, et que les utilisateurs finaux adhèrent plus largement à cette pensée que les installateurs. Les fournisseurs de systèmes sans fil vantent régulièrement la simplicité et facilité d’intégration des solutions autonomes à un système existant. Un argument de taille, compte tenu de l’importance de l’intégration en matière de sécurité physique. Environ une personne sur trois (34 %) dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement confirme qu’un contrôle d’accès sans fil s’intègre facilement à une installation existante. Une plus grande proportion (41 %) d’installateurs soutient cette déclaration.

Quel bénéfice pour les installateurs ?

Est-ce que le contrôle d’accès élargit l’éventail de secteurs à cibler pour un installateur et un intégrateur ? Environ une personne sur trois a répondu que oui, une proportion similaire à ceux qui ont affirmé qu’ils peuvent plus facilement cibler les clients gérant plusieurs sites et sites distants. (35 %). La grande majorité des prestataires de service interrogés — à savoir, les installateurs, les intégrateurs et les consultants, etc. —, vendent, installent ou prescrivent déjà des dispositifs sans fil. Ce qui n’est pas une surprise dans la mesure où la grande majorité (75 %) confirme que les systèmes sans fil facilitent et accélèrent l’installation et ont un retour sur investissement plus rapide. Dans cette majorité, la part des installateurs partisans a légèrement augmenté (78 %), ces derniers étant plus informés et expérimentés sur le processus. Un installateur atteste qu’il a « moins de câblage à faire dans des endroits difficiles ». Un autre déclare : « Installer un système sans fil est facile, presque magique. » Un troisième témoigne que « le contrôle d’accès sans fil autonome peut être déployé très rapidement et est un pas rapide vers un environnement sécurisé ». Certains pourraient dire que les systèmes sans fil permettent également de réduire la probabilité d’interventions répétées pour réparer des dommages causés par des fils coupés, coincés et autres. Même si les prestataires de service sont en grande majorité les promoteurs du sans-fil, il n’est pas toujours facile de convaincre : seulement 37 % sont d’accord sur le fait que « il est plus facile de convaincre les clients des avantages par rapport aux systèmes câblés ».
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Et l’utilisateur final ?

Les utilisateurs finaux pourraient être dissuadés par la contrainte de devoir remplacer régulièrement des dizaines, voire des centaines de piles, éventuellement sur plusieurs sites. Peut-être quelques-uns des “mythes” qu’Assa Abloy a tenté de dissiper dans une campagne de 2014 persistent encore, à savoir que la maintenance des dispositifs sans fil est plus coûteuse, que ces derniers ne peuvent pas être intégrés aux systèmes câblés existants, ne fonctionnent pas avec des clés multiples et ne représentent pas un bon rapport qualité/prix. Dans l’ensemble, les utilisateurs finaux ne sont pas très enthousiastes envers le sans-fil. Moins de la moitié pense que ces systèmes ont un faible coût d’acquisition, sont plus respectueux de l’environnement, et réduisent les factures d’énergie. Vraisemblablement, le point de vue le plus répandu est que remplacer des piles peut coûter aussi cher que la consommation électrique du système même. Plus préoccupant, surtout pour les développeurs de solutions sans fil, un sur trois pense que ces systèmes présentent un « risque majeur d’indisponibilité ».

La question de la sécurité, et des mobiles

Les préoccupations en termes de sécurité sont un thème récurrent parmi les interlocuteurs. Un installateur raconte qu’ils « ont eu des questions et remarques sur l’aspect sécurité-piratage ». Un fabricant affirme que la « sécurité des systèmes sans fil est perçue comme problématique ». L’employé d’un autre fabricant a témoigné de sentiments semblables, même en reconnaissant les mérites de la technologie dans le secteur de l’hôtellerie – un marché en croissance rapide pour les systèmes sans fil : ils sont « faciles à gérer et à faible coût, d’où l’adoption par les hôtels –, déplorant toutefois qu’ils pâtissent d’une sécurité précaire ». Or les systèmes alimentés par pile fonctionnent même en cas de coupure d’électricité, un aspect de la solution que beaucoup considèrent comme un avantage. Néanmoins, un directeur de la sécurité persiste à croire qu’ils restent quand même « exposés à un risque d’intrusion dans le cas d’une coupure de courant ». Les fournisseurs peinent à convaincre que les avantages peuvent réellement justifier l’investissement dans l’accès par un téléphone mobile et que les risques sont négligeables. Quand les fournisseurs parlent de l’amélioration de l’expérience utilisateur et de l’efficacité opérationnelle, les professionnels de la sécurité les plus conservateurs n’y voient que des coûts inutiles, des risques et de la complexité. Il est vrai que presque tout le monde possède un téléphone mobile, mais ceux-ci présentent une grande variété de système d’exploitation, capacités et compatibilités ou protection. Alors que par ailleurs, tout le monde détient un même badge d’accès standard ; et cette simplicité attire un grand nombre. Néanmoins, avec l’amélioration des infrastructures d’entreprise, la technologie d’accès mobile arrive à maturité et la base installée croît, ce qui pousse de nombreux opposants à se rallier. Ainsi, Gartner, qui prévoit que 20 % des organisations utilisera le mobile pour l’accès physique en 2020, rappelle que les smartphones peuvent se connecter aux données biométriques centrales, ce qui élimine le besoin en lecteurs biométriques, et autorise des économies non négligeables. Un accès mobile offre une plus grande flexibilité en termes d’adaptation des droits d’accès en temps réel grâce à l’analyse des risques. Il est également intéressant de noter que les gens sont plus vigilants envers leur téléphone, ce dernier ayant plus de valeur qu’une carte d’accès en plastique. En plus, contrairement au badge classique, lorsqu’un téléphone est volé, le mot de passe et les restrictions biométriques peuvent empêcher un voleur d’accéder aux locaux.

Durabilité et efficacité énergétique

Rien ne réduit autant les coûts d’énergie que les technologies autoalimentées. Plutôt que de récolter la puissance provenant de sources externes, une technologie autoalimentée génère sa propre puissance, à chaque mouvement de poignée de porte, par exemple. Les avantages, en théorie, sont importants : pas de câblage, pas besoin d’acheter ou jeter les piles, aucun entretien, et pas de coût d’énergie. Cependant, selon certains sondés « les technologies autoalimentées restent chères, mais deviendront plus populaires quand leur développement sera plus avancé ». Les premières tentatives de ce type de serrures ne sont pas tout à fait adaptées aux environnements professionnels. Un utilisateur devrait manipuler plusieurs fois une poignée pour générer suffisamment d’énergie et pouvoir ouvrir une porte. Mais les dernières innovations procurent suffisamment de puissance au moindre mouvement. Même lorsqu’une porte reste inactive pendant plusieurs jours, semaines ou mois, la serrure reste en veille et libère la porte en une seule manipulation de la poignée. « La récupération d’énergie ainsi que des batteries ou alimentations seraient suffisamment fiables pour être exploités dans la sécurité », selon un installateur. Et pourtant, une proportion non négligeable des personnes interrogées (38 %) pense que les technologies autoalimentées ne produiraient pas assez d’énergie pour satisfaire les besoins de sécurité. Tandis que le mécanisme d’auto alimentation ne génère pas beaucoup de puissance, les lecteurs de badge et les serrures sans fil n’ont pas vraiment besoin d’autant d’énergie. Ils sont inactifs, et peuvent rester éteints pendant de longues périodes. Leur seule tâche (lire les informations d’identification de carte lorsqu’elles se présentent et libérer la serrure) est terminée en moins d’une seconde avec un minimum d’énergie. Il y a un fossé énorme en matière de consommation d’énergie entre les équipements de contrôle d’accès et, par exemple, des caméras de surveillance vidéo. Les panneaux solaires sont susceptibles de générer suffisamment d’énergie en utilisant uniquement la lumière artificielle. Et même si l’on trouve des portails et barrières alimentés en énergie solaire, le marché des portes intérieures reste confidentiel. Les portes extérieures peuvent produire de l’énergie thermique si elles sont équipées d’un moteur à effet Peltier, qui met à profit les différences de température entre le côté interne et externe de la porte pour charger une batterie. Cependant, encore une fois, la puissance thermique n’est pas largement utilisée. Presque la moitié des répondants (46 %) considère les technologies autoalimentées comme une source d’énergie plus fiable que la récupération d’énergie, car celle-ci repose sur des variables imprévisibles. Et 34 % pensent que la récupération d’énergie solaire, thermique et d’autres sources sans carbone est trop peu fiable pour être largement adoptée au-delà de situations très précises. Les deux solutions de récupération d’énergie et auto-alimentation maintiennent le fonctionnement même quand l’alimentation secteur est perdue ; une aubaine dans des environnements sensibles.
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Jérémy Becam
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