Les intentions de travaux d’isolation reculent de trois points en 2026
En parallèle, 14% des propriétaires envisagent d’installer des panneaux solaires, soit quatre points de moins qu’en 2025. Selon le baromètre énergie-info du médiateur national de l’énergie, le coût des investissements freine l’adoption de solutions moins carbonées ou plus efficaces.
L’électrification des usages est perçue comme une opportunité économique et environnementale par 60% des répondants. Pourtant, 53% des foyers n’envisagent d’électrifier aucun équipement. Parmi ces derniers, le prix d’achat constitue le premier obstacle, cité par 53%, devant le coût de l’électricité, à 34%, et la crainte d’une hausse de la facture, à 23%. Les contraintes techniques du logement et le manque d’information arrivent ensuite.
L’installation d’une pompe à chaleur reste envisageable pour 26% des foyers. Cette proportion atteint 38% chez les moins de 35 ans, malgré une plus grande fragilité financière. Dans cette tranche d’âge, 55% déclarent avoir rencontré des difficultés à payer certaines factures d’électricité ou de gaz, contre 34% de l’ensemble des ménages.
L’enquête est menée par l’agence Mantu du 2 au 15 septembre 2026 auprès de 2 000 foyers représentatifs de France métropolitaine, interrogés en ligne. Pour 86% d’entre eux, les factures d’énergie pèsent lourdement sur le budget. Cette proportion reste stable sur un an, mais demeure à son plus haut niveau depuis 2007.
Le chauffage réduit pour contenir les dépenses
La réduction des factures motive les économies d’énergie pour 87% des foyers, loin devant les préoccupations environnementales, citées par 35%. Pour éviter des dépenses trop élevées, 72% des ménages déclarent avoir limité leur chauffage, contre 53% en 2020.
Au cours de l’hiver dernier, 35% des foyers déclarent avoir souffert du froid chez eux pendant au moins 24 heures, comme en 2025. Parmi eux, 38% l’expliquent par les restrictions de chauffage imposées pour des raisons financières et 35% par une mauvaise isolation. Les locataires sont davantage exposés à cet inconfort hivernal, à 44%.
Une forte progression de l’inconfort estival
Après les fortes chaleurs de l’été 2026, 65% des ménages déclarent avoir souffert d’une chaleur excessive dans leur logement pendant au moins 24 heures. C’est 16 points de plus qu’en 2025. Parmi les foyers concernés, 87% citent la canicule, 28% la mauvaise isolation et 12% la mauvaise ventilation. Cette gêne touche particulièrement les Franciliens, à 73%, et les locataires, à 71%.
Au total, 28% des foyers cumulent froid en hiver et chaleur en été. Cette proportion atteint 46% chez les bénéficiaires du chèque énergie. « La précarité énergétique se manifeste désormais en hiver comme en été », souligne Bernard Doroszczuk, médiateur national de l’énergie.