« La gestion des risques doit être abordée comme un actif stratégique »
Alors qu’Expoprotection, le salon international de la prévention et de la maîtrise des risques, ouvre ses portes le mardi 3 novembre, son organisateur RX France en détaille les principaux temps forts. L’occasion aussi de revenir sur les défis et enjeux à venir pour les entreprises.
Il s’agit tout d’abord d’une édition anniversaire, la 30e, le salon ayant été créé au milieu des années 1960. L’événement s’annonce sous de très bons auspices cette année encore. Nous accueillons du 3 au 5 novembre plus de 620 exposants issus de quarante pays dont un peu moins de 50 % d’exposants français parmi lesquels on retrouve des fabricants, distributeurs, prestaires de services, institutionnels et organisations professionnelles comme l’OPPBTP (Organisation professionnelle de prévention du BTP) par exemple. Au total, près de 14 500 visiteurs dont 15 % de professionnels étrangers sont attendus durant trois jours, sachant que la filière du BTP représente bon an, mal an environ 10 % du visitorat d’Expoprotection.
L’événement permet d’apporter aux décideurs et acteurs de la prévention une vision à 360° du marché des risques, qu’ils soient professionnels, industriels, climatiques ou liés aux actes malveillants. Expoprotection se veut avant tout un vaste espace de sourcing où les visiteurs peuvent découvrir, cette année encore, de nombreuses innovations – qu’il s’agisse, par exemple, d’équipements de protection individuelle (EPI) et de workwear dont les gammes embarquent de plus en plus de solutions digitales et d’IA, de systèmes de signalisation, d’identification et de communication pour sécuriser les environnements de travail quels qu’ils soient ou pour gérer le risque incendie. Environ deux-tiers de l’offre présentée concerne les problématiques liées à la santé et la sécurité au travail.
« Dans une économie de chocs permanents, la complexité des risques peut directement menacer la trajectoire de croissance des entreprises. Elle doit être abordée comme un actif stratégique. Sa gestion ne doit plus se faire en silos. »
Ce projet a été pensé comme une plateforme d’accompagnement des préventeurs et responsables QHSE qui s’inscrira dans la durée pendant et hors-les-murs du salon. À travers ce “salon dans le salon”, nous avons souhaité apporter une nouvelle dimension dans la manière d’accompagner les acteurs de la santé et de la sécurité au travail (SST).
La mission du hub consiste à rompre leur isolement tout au long de l’année en apportant des réponses concrètes et une expertise opérationnelle immédiate face aux réalités du terrain auxquelles ils sont confrontés : développement d’une culture Sécurité, enjeux RH, risques professionnels et psychosociaux, bien-être au travail, lutte contre les addictions, etc. Durant le salon, le hub leur donne un accès direct à des méthodologies, des ateliers participatifs et des partages d’expérience… sans filtre.
Aux crises économiques, aux tensions sociales et à l’instabilité géopolitique s’ajoutent aujourd’hui les risques liés au changement climatique et aux menaces numériques notamment qui, il y a encore quelques années, étaient sous la ligne de flottaison. Par exemple, la multiplication des épisodes de forte chaleur a des impacts directs sur l’activité des chantiers du BTP. Il est maintenant question d’une hybridation des risques qui s’impose comme la nouvelle norme structurelle à laquelle les entreprises doivent s’adapter.
Le temps des crises isolées et facilement modélisables appartient au passé. Le changement de posture doit être radical. Chaque organisation doit apprendre à gérer l’imprévisibilité des risques et leur interconnexion. Il s’agit dorénavant de piloter le risque comme un ensemble d’éléments interdépendants, et de l’aborder sous l’angle d’une approche globale pour en faire un actif stratégique. C’est d’ailleurs le fil rouge de la 30e édition du salon : “Décloisonner la gestion des risques face à la convergence des menaces et des technologies”.
En 2025, environ 50 % des entreprises disposent d’un plan de continuité d’activité face aux risques. Et 64 % des dirigeants considèrent la gestion des risques comme un investissement stratégique.
(Source : 9e baromètre QBE/OpinionWay, février 2026)
L’IA permet par exemple d’améliorer la détection et la surveillance en temps réel des situations à risque telles que les postures pénibles, bruits excessifs, fatigue ou défaillance dans le port des EPI. Mais d’un autre côté, l’IA induit une intensification des rythmes et une surcharge cognitive, sans parler de la question de la place future de l’homme dans le travail.
C’est donc un champ entier qu’il faut s’attacher à comprendre pour l’intégrer pleinement dans les bonnes pratiques SST et QVCT [qualité de vie et des conditions de travail : Ndlr] et, très bientôt sans doute, dans le DUERP [document unique d'évaluation des risques professionnels : Ndlr] de toutes les organisations.
Tout d’abord, le salon couvre la prévention et la maîtrise des risques dans un périmètre particulièrement large : santé et sécurité au travail, protection et équipements de protection individuelle (EPI), risques climatiques, sécurité, etc. Parmi les plus de 110 conférences et ateliers proposés, plusieurs thèmes intéressent directement les chefs d’entreprise du Bâtiment : la lutte contre le bruit sur les chantiers, la prévention des chutes de hauteur ou encore la coactivité sur chantiers entre autres. L’un des objectifs d’Expoprotection est d’amener les TPE-PME vers une maturation de leurs pratiques.