Image
GRAND ANGLE - ONE BATI 2026
Image
GRAND ANGLE - ONE BATI 2026
Image
PAVE - ONE BATI 2026
Image
PAVE - ONE BATI 2026
Image
BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026
Image
BANNIERE BOTTOM - ONE BATI 2026

Uniclima affiche sa nouvelle ambition industrielle

, mis à jour le 05/02/2026 à 14h25
Image
Conférence Uniclima du 5 février 2026

Malgré un marché du bâtiment sous haute tension, Uniclima réaffirme sa feuille de route pour 2026. Entre ambition décarbonée et réalisme technologique, le syndicat appelle les pouvoirs publics à transformer les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone en une volonté cohérente, alliant réindustrialisation, économie circulaire et stabilité des aides.

Partager sur
Image
MEGA BAN - ONE BATI 2026
Image
MEGA BAN - ONE BATI 2026

Au cœur d'un paysage économique marqué par l'atonie de la construction neuve et une instabilité chronique des soutiens publics, Uniclima refuse de voir la décarbonation du bâtiment comme une simple contrainte de marché. Pour l'organisation représentative des industries thermiques, l'année 2026 doit être celle de la cohérence

Alors que les ventes de solutions thermodynamiques et aérauliques stagnent ou reculent, le discours porté auprès des décideurs s'articule autour d'une exigence de pragmatisme technique et de protectionnisme européen.

Sortir du dogme pour une SNBC pertinente

Bien que saluée pour son ambition, la Stratégie nationale bas carbone 3 (SNBC 3) cristallise une partie des inquiétudes des industriels. "Le cap des 8,8 millions de pompes à chaleur à l'horizon 2030 ne pourra être tenu si la politique reste focalisée sur une solution unique au détriment d'un mix énergétique équilibré", assure Stanislas Lacroix, le président d'Uniclima.

Uniclima plaide pour une levée des œillères réglementaires : "La transition doit intégrer les réalités du terrain, des zones rurales reculées aux contraintes spécifiques du logement collectif". Concrètement, cela suppose de réhabiliter le rôle du solaire thermique et de la biomasse, tout en acceptant que les solutions hybrides et les chaudières gaz de dernière génération restent des vecteurs de décarbonation progressifs et accessibles.

La qualité de l'air, grande oubliée

Cette vision inclusive de la technologie se double d'un impératif de santé publique encore trop souvent négligé dans les parcours de rénovation : la qualité de l'air intérieur. "Il existe un paradoxe où l'isolation thermique est encouragée sans que la ventilation ne soit traitée systématiquement ", alerte encore Stanislas Lacroix. 

Isoler sans ventiler met en péril la durabilité du bâti et la santé des occupants. Uniclima exige donc que la ventilation mécanique performante sorte de son statut de "parent pauvre" pour devenir un prérequis à toute aide publique sérieuse.

Combat pour la préférence européenne

Sur le front de la réindustrialisation, la bataille se joue désormais sur le terrain de la réciprocité commerciale. "Avec près de 90 usines sur le territoire, notre filière française dispose d'une force de frappe exceptionnelle qu'il convient de protéger contre la concurrence déloyale", estime le président d'Uniclima. 

Si l'agrément "Pompe à chaleur" favorisant la fabrication européenne dans l'obtention des Certificats d'économie d'énergie est un premier pas jugé encourageant, il demeure fragile face aux incohérences du Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF).

"En taxant les matières premières comme l'acier sans appliquer la même rigueur aux produits finis importés, l'Europe risque de pénaliser ses propres champions !", fustige Stanislas Lacroix. Uniclima se mobilise auprès des pouvoirs publics pour corriger ce biais fiscal qui menace de renchérir les coûts de production locaux de près de 10 %.

"Pacte de confiance" avec les ménages

Enfin, la relance durable du secteur ne pourra se faire sans un pacte de confiance avec les ménages. "Le système actuel, miné par les changements de fiches CEE, les stops & go de MaPrimeRénov' incessants et des budgets fluctuants, appelle une simplification radicale", affirme en cœur François Deroche, membre du bureau d'Uniclima et président de l'Afpac.

La proposition d'un parcours de rénovation par étapes, soutenu par un Carnet d'information du logement, permettrait de sortir du dogme du "tout ou rien", selon l'organisation. En permettant aux Français de planifier leurs travaux sur plusieurs années tout en garantissant la cohérence technique, l'État offrirait enfin aux industriels la visibilité nécessaire pour investir massivement dans l'excellence environnementale.

Économie circulaire : une filière en action

Enfin, l'année 2026 marque aussi un tournant opérationnel avec le lancement de la REP (Responsabilité élargie du producteur) pour les emballages professionnels au 1ᵉʳ juillet. Une avancée notable qui va structurer à l’échelle nationale une nouvelle REP qui représente plus de 60 % des emballages mis sur le marché en France.

"Les industriels du CVC se sont engagés très tôt dans la transparence environnementale en étant notamment membres fondateurs de PEP ecopassport", rappelle Camille Beurdeley, la déléguée générale d'Uniclima. "Aujourd’hui, nos travaux s’inscrivent dans une nouvelle étape avec de nouveau enjeux au niveau européen : accompagner l’émergence d’une réglementation produit intégrant les impacts carbone (ESPR), d’exigences carbone dans les bâtiments neufs et harmoniser les méthodes d’ACV des produits."

Rédacteur en chef de Zepros Énergie et Zepros Réno, expert de la transition énergétique dans le bâtiment.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire