Le fleuron français Atlantic passe sous pavillon nippo-américain
Le leader européen du confort thermique, le Groupe Atlantic, a officialisé son rapprochement avec Paloma Rheem. Retour sur ce séisme industriel qui redessine les contours du marché des pompes à chaleur.
C'est une page qui se tourne pour l'industrie tricolore. Fondé en 1968, le Groupe Atlantic, mastodonte vendéen aux 12 000 collaborateurs et 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, s'apprête à entrer dans le giron de Paloma Rheem Holdings.
Ce consortium, né de l'union entre le japonais Paloma et l'américain Rheem, consolide ainsi sa position dans le top mondial des fabricants de solutions CVC.
Une alliance née de la nécessité
Pour Atlantic, ce mouvement n'est pas présenté comme une reddition, mais comme une réponse à la "guerre thermique" mondiale. Face à l'offensive massive des constructeurs chinois et à la consolidation des acteurs européens (comme le rachat de Viessmann par Carrier), Atlantic devait changer d'échelle.
« Cette opération nous donne les moyens de renforcer durablement notre compétitivité dans un contexte de concurrence internationale accrue », a ainsi déclaré Damien Carroz, président du directoire du groupe français.
Un partenaire de longue date
Le choix de Paloma Rheem ne doit rien au hasard. Les deux groupes collaborent depuis plus de 30 ans : Atlantic distribue en France les produits de Fujitsu General, une entreprise elle-même rachetée par Paloma Rheem en août 2025.
Ce rapprochement peut donc être perçu comme l'aboutissement logique d'un partenariat technologique et industriel historique.
Souveraineté et garanties industrielles
L'État français, par la voix de Bercy, a immédiatement placé l'opération sous haute surveillance.
Les enjeux sont triples :
• Emploi : maintien des 31 sites industriels, dont la majorité sont situés en France.
• Savoir-faire : protection de la R&D sur les technologies de pompes à chaleur, cruciales pour la transition énergétique.
• Indépendance : l'acheteur s'est engagé à maintenir le siège social en France et à laisser au groupe une autonomie opérationnelle.
Quel impact pour les chauffagistes et installateurs ?
Pour les partenaires des marques Atlantic, Thermor ou Sauter, rien ne change à court terme. La production reste locale et les réseaux de distribution ainsi que le SAV demeurent inchangés.
À plus long terme, cette puissance financière accrue devrait accélérer l'innovation sur les solutions bas carbone.