Un gymnase montagnard au design acéré
Du bois, du béton, de l'acier, du verre : tous les matériaux sont employés pour édifier un beau gymnase dans les Hautes-Alpes.
À Briançon, le sport est omniprésent. Projet phare du maire, le renouvellement des équipements municipaux comportait la construction d’un plateau omnisports avec piste d’athlétisme, terrain de foot synthétique, zone d’escalade et surtout, nouveau gymnase. Mais construire dans la plus haute ville de France (1 325 m d’altitude) signifie relever de multiples défis, notamment créer des structures capables de supporter de lourdes charges de neige en hiver, tolérer un fort rayonnement UV en été, et répondre aux exigences d’une zone sismique 4. Le tout en intégrant une intention architecturale forte.
C’est le cabinet Chabanne Architecte qui s’est penché sur la question. Selon le maire de Briançon, le bâtiment est inspiré des montagnes environnantes et des lignes angulaires de la citadelle Vauban. « Sa toiture papillon (…) illustre ce mariage réussi entre esthétique et fonctionnalité », racontait-il en septembre 2025 à TP & Bâtiments du Midi. L’architecte Nicolas Chabanne évoque pour sa part un jeu d’origami avec une dominante de triangles jusqu’en toiture, « car à Briançon, la 5e façade est extrêmement importante ». Pour les matériaux, le bois est omniprésent : pour la charpente, pour les murs mixtes ossature bois-voile béton, pour les bardages extérieurs, pour les bardeaux en toiture, mais également pour l’habillage des panneaux acoustiques en tasseaux. Finalement, seul l’isolant déroge à la règle puisqu’il est en laine de roche.
Du bois, des ferrures et beaucoup de calculs
La charpente a été modélisée et produite par l’entreprise Margueron (groupe Soprema) qui explique : « La volumétrie de la toiture se distingue ainsi par ses facettes double pan soutenues par une charpente mixte bois/métal, tandis qu’en façade des poteaux en bois lamellé-collé sont disposés en V ». En tout, près de 1 300 heures d’études ont été nécessaires pour parvenir à des plans définitifs. Puis l’ensemble des éléments ont été préfabriqués dans l’atelier de Belley (Ain), soit 24 poutres d’une portée de 29 mètres, 4 autres de 24 mètres pour le hall d’entrée, et 23 poteaux de 9,30 m de longueur pour les façades.
L’ensemble représente 315 m3 de bois, « soit environ 5 fois plus que sur un projet à l’architecture classique ». L’essence retenue pour les plus grands éléments est l’épicéa scandinave (classe GL28 pour une résistance à 28 MPa de flexion), mais le bâtiment fait également appel au mélèze et aux bois des Alpes pour d’autres usages dont les tavaillons pour la toiture. La quantité de biosourcé atteint les 24 kg/m² pour la construction.
Un équipement agréable
Sa façade principale est orientée au Nord, ceci afin de limiter les apports de chaleur en été. En hiver, pour réchauffer l’atmosphère de ce grand volume, c’est une source valorisée qui sert : la chaleur issue de la production de glace pour la patinoire voisine permet de chauffer le gymnase ainsi que la piscine ! Ce qui permet d’économiser 90 % de consommations de fioul.
L’élu en charge du parc des sports, interrogé sur l’emploi du tout nouveau gymnase relate : « L’idée est de pouvoir faire pratiquer à tous les clubs. Il y a aussi une forte demande pour les compétitions, car le gymnase est neuf, avec un accueil agréable. Il y a aussi l’utilisation par les scolaires ». Tout un petit monde ravi de pouvoir se dépenser dans un si bel équipement.
Fiche technique :
Projet : gymnase dédié aux sports collectifs (volley, basket, handball, badminton)
Surface : 2 000 m²
Maître d’ouvrage : commune de Briançon (05)
Maître d’œuvre : Chabanne Architecte ; Chabanne Ingénierie (BET structure, fluides, VRD, économiste) ; Salto (BE acoustique)
Entreprises intervenantes : Margueron (conception charpente bois), Chalets Bayrou (pose)
Poids de la charpente : 27 t.
Quantité de biosourcés : 24 kg/m² (équivalent au niveau 2 du label Bâtiment Biosourcé)
Poids des ferrures : 24 t.
Budget : >10 M€ (dont 653 k€ de subvention du département)