France Gaz remet les gaz renouvelables au cœur du débat sur la décarbonation
À quelques mois de la présidentielle de 2027, France Gaz défend une trajectoire énergétique davantage fondée sur les gaz renouvelables et bas carbone. Lors de son congrès annuel, la filière a mis en avant les enjeux de coût, de souveraineté et de développement territorial, tout en plaidant pour le maintien des infrastructures gazières.
Près de 400 décideurs politiques, industriels, économistes et représentants de la société civile étaient réunis le 22 septembre à Paris pour le Congrès France Gaz 2026. Placée sous le thème « L’autre voie de la décarbonation », cette journée a été l’occasion pour la filière de remettre sur la table la question du coût et des conséquences industrielles des choix énergétiques français.
En s’appuyant notamment sur l’édition 2026 des Perspectives gaz 2050, publiée le 8 septembre avec le concours du cabinet E-cube, France Gaz défend une accélération de la production de molécules renouvelables. Selon cette étude, une trajectoire fondée sur ce développement permettrait de réduire de 330 à 460 milliards d’euros le coût global de la transition énergétique par rapport à la trajectoire actuelle de la SNBC3. L’organisation estime que près de 90 % de cette économie bénéficierait directement aux consommateurs.
Ces chiffres constituent le principal argument avancé par la filière pour demander que les différentes options technologiques soient évaluées sur la base de leurs coûts complets, de leur efficacité climatique et de leurs conséquences pour les consommateurs.
Près de 14 Md€ d’investissements dans les territoires
France Gaz met également en avant le potentiel industriel déjà engagé dans les territoires. Près de 40 TWh de capacités de production de gaz renouvelables seraient aujourd’hui recensés dans les projets inscrits au registre, représentant environ 14 milliards d’euros d’investissements susceptibles d’être réalisés d’ici 2030.
La filière attend notamment une meilleure visibilité réglementaire après 2028. Selon France Gaz, la publication de la trajectoire de la contribution proportionnelle biométhane (CPB) au-delà de cette échéance pourrait, à elle seule, permettre de débloquer environ 1 milliard d’euros d’investissements.
Derrière ces chiffres, l’enjeu est aussi territorial : développer la production de gaz renouvelables doit, selon France Gaz, contribuer à renforcer la souveraineté énergétique tout en soutenant l’activité économique locale.
Véronique Bel prendra la présidence le 1ᵉʳ octobre
Le rendez-vous a marqué un changement à la tête de France Gaz. Après son mandat, Frédéric Martin passera le relais à Véronique Bel, élue présidente de l'organisation. Elle prendra officiellement ses fonctions le 1ᵉʳ octobre 2026.
Ingénieure diplômée de l’École des Mines de Nancy, Véronique Bel a commencé sa carrière chez Gaz de France en 1995. Elle a ensuite exercé plusieurs fonctions de direction chez GRDF, notamment dans le développement du GNV et à la tête de plusieurs directions territoriales.
Les infrastructures gazières comme outil de résilience
Autre message porté lors du congrès : la décarbonation ne signifierait pas la disparition du système gazier. France Gaz considère au contraire que le maintien des réseaux et des infrastructures constitue un élément de résilience du système énergétique et de son équilibre économique.
La filière défend ainsi une approche reposant sur la complémentarité des énergies et des infrastructures, dans un contexte où les impératifs climatiques doivent également composer avec la maîtrise des dépenses publiques, la compétitivité industrielle et la sécurité d’approvisionnement.
Cette approche devra désormais trouver sa place dans le débat politique précédant l’élection présidentielle de 2027. France Gaz a d'ailleurs diffusé lors du congrès un film destiné à interpeller les candidats sur les choix énergétiques appelés à engager le pays pour plusieurs décennies.
France Gaz et la FNCCR renforcent leur coopération
Le congrès a également été marqué par la signature d'une convention entre France Gaz et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). Signé par Jean-Luc Dupont, président de la FNCCR, et Frédéric Martin, président de France Gaz, ce partenariat doit renforcer les échanges entre les deux organisations autour de la transition énergétique des territoires.
Il prévoit notamment de travailler au développement des gaz renouvelables et bas carbone, de partager les évolutions réglementaires du secteur et de mieux anticiper les besoins des collectivités, régies et syndicats membres de la FNCCR.
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