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La PPE3 tout juste publiée, diversement appréciée

, mis à jour le 19/02/2026 à 10h54
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énergies renouvelables solaire PV éolien

Les réactions à la publication de la PPE3 ce 13 février sont très nombreuses : toutes les filières énergétiques apprécient le texte de diverses manières. Le monde de l'électricité est très satisfait, mais celui des renouvelables électriques un peu moins, et celui des autres énergies renouvelables reste circonspect.

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La nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), pour la période 2026-2035, vient d’être rendue publique, après une longue attente. Si elle fait une très large place à l’électricité décarbonée, elle suscite tout de même quelques inquiétudes dans différentes filières. La Fédération française des intégrateurs électriciens (FFIE), forte de 8 500 entreprises, salue bien entendu cette publication « qui confirme la priorité donnée à la décarbonation et à l’électrification des usages ». Pour Pascal Toggenburger, son président : « La PPE3 trace une trajectoire claire et ambitieuse, faire de l’électricité le vecteur principal de la décarbonation ». Pour cette branche professionnelle, « cette nouvelle feuille de route renforce le rôle stratégique du photovoltaïque et des solutions électriques intelligentes ». Même son de cloche pour le Gimelec, Serce et Sycabel (industriels et intégrateurs de l’électricité), qui y voit une cible ambitieuse de 35 % de la consommation énergétique finale française couverte par l’électricité en 2030 puis 40 % en 2035, nécessitant une approche volontariste. La visibilité apportée par cette PPE3 leur permettrait de créer 50 000 emplois dans les 5 ans, qui viendrait s’ajouter aux 100 000 dans la partie production de la filière électrique.

Un manque d'ambition pour d'autres

Le syndicat Enerplan (professionnels de l’énergie solaire) salue lui aussi la publication de la PPE3, qui était attendue depuis plus de 2 ans, et « qui va donner aux filières énergétiques le cadre indispensable des prochaines années ». Mais le constat est moins enthousiaste que celui de la FFIE : « Nous notons cependant un recul des objectifs pour le solaire par rapport aux 54 GW qui avaient été mis initialement dans la concertation pour 2030 ». Daniel Bour, président d’Enerplan, confirme : « Nous attendions avec impatience ce texte, qui reflète un point d’équilibre. Cependant, je suis déçu par le volume qui ne correspond pas à nos attentes, en régression par rapport aux volumes prévus au démarrage des discussions. Il nous faut maintenant travailler rapidement pour assurer une insertion optimale sur le réseau des nouvelles capacités ».

Le réseau Amorce lui aussi écrit que cette PPE est « une étape essentielle malgré des concessions, mais surtout des ambitions à concrétiser pour la transition énergétique ». Pour ce mouvement de métropoles et communautés urbaines, la PPE3 constitue un signal politique fort en faveur de la souveraineté énergétique et de la décarbonation de l’économie nationale, qui maintient des objectifs ambitieux en matière de chaleur renouvelable/récupérée (biomasse, géothermie, solaire thermique ou chaleur fatale). Amorce note cependant une inflexion des objectifs dans la production solaire ou éolienne. Ce que souligne également France Renouvelables : « La filière des énergies renouvelables électriques alerte sur des orientations contrastées : si le photovoltaïque conserve une dynamique compatible avec la poursuite des installations et le maintien d’un socle industriel national, l’éolien en mer subit un nouveau glissement de calendrier et l’éolien terrestre voit ses objectifs fixés à un niveau insuffisant, en deçà du scénario minimal objectivé par la filière. Cette trajectoire, combinée à un empilement de contraintes réglementaires, fragilise l’outil industriel et l’emploi ».

La biomasse en manque de reconnaissance

Chez Coénove (gaz vert), on s’inquiète également d’un manque d’équilibre entre les sources énergétiques, alors que le biogaz est le seul à avoir dépassé ses objectifs dans la PPE2. Le mouvement « salue la publication de la 3e PPE et le maintien d’objectifs ambitieux en matière de transition énergétique, notamment pour le développement des gaz renouvelables » mais estime que « l’adoption de ce texte sans débat parlementaire et sans une approche plus équilibrée et pragmatique du mix énergétique, soulève de nombreuses questions ». Le monde du biogaz soutient qu’avant de vouloir tout électrifier, il faudrait prioriser la réduction des consommations et préserver un mix plus diversifié : « au lieu d’un plan d’électrification réducteur et risqué, il faut revenir à une vision globale de la PPE en sortant des oppositions stériles entre les vecteurs énergétiques (…) Une transition durable suppose avant tout de maîtriser la demande, en faisant de la sobriété et de l’efficacité énergétique les leviers prioritaires ».

Pour l’association ProPellet, la PPE3 suscite une inquiétude majeure : celle d’un basculement vers une vision quasi exclusive de l’électrification des usages qui relèguerait les autres EnR au second plan. Eric Vial, le délégué général, déclare : « Miser quasi exclusivement sur l’électrification revient à fragiliser notre système énergétique. Le chauffage au bois moderne est une énergie renouvelable locale, pilotable et performante, qui soulage le réseau électrique au lieu de le surcharger ». Le bois énergie dans son ensemble espère une reconnaissance de toutes les énergies renouvelables performantes et appelle à ne pas transformer le mix énergétique en « tout électrique » déguisé afin de poursuivre la valorisation des ressources locales et rurales.

Des syndicats pas rassurés

Tout un ensemble de syndicats de salariés des énergies renouvelables qui avait manifesté avant la publication de la PPE3, rassemblant plus d’un millier de participants (Akuo, Valorem, Solarhona, BayWare, Eolfi, Corsica Sole, Enercoop, Urbasolar…), n’a pas été convaincu par le texte rendu public le 13 février. « Comme anticipé, les volumes d’installations dans les EnR sont à nouveau revus à la baisse, laissant le secteur dans une grande fragilité. La baisse drastique du carnet de commande ne permettra pas de maintenir le niveau d’emploi dans la filière. Aucune entreprise n’est capable d’assumer une baisse soudaine et brutale ». Ils redoutent même que cette PPE3 ne soit revue au moment des présidentielles de 2027.

Fort de 13 ans d’expérience dans la presse bâtiment, Grégoire, Rédacteur en chef de Zepros Bâti depuis 2019, est spécialisé dans les matériaux, l’isolation, la charpente, la couverture et les innovations énergétiques.
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