RE2020 : le ministre Jeanbrun ajuste le tir pour éviter le coup d’arrêt dans la construction

, mis à jour le 22/01/2026 à 14h26
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Les défenseurs d’un assouplissement de la RE2020 semblent avoir été entendus. Alors que la construction neuve peine à redémarrer, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé une série d’ajustements destinés à corriger certains effets jugés trop contraignants de la réglementation, sans en remettre en cause les objectifs environnementaux. Une tentative d’équilibre alors que la filière bâtiment alerte depuis plusieurs mois sur les surcoûts et les difficultés de mise en œuvre.

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Dès son lancement, la RE2020 a été conçue comme une réglementation évolutive, avec trois jalons successifs – 2025, 2028 et 2031 – correspondant à un abaissement progressif des seuils carbone. objectif : permettre aux acteurs de monter en compétence sans rupture brutale, tout en orientant durablement le marché vers des bâtiments plus sobres et plus durables. La RE2020 marquait en effet une rupture par rapport à la RT2012. en intégrant l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie des bâtiments, y compris la phase de construction, et donc les matériaux, modes constructifs et choix architecturaux dans le calcul. Une évolution structurelle pour le secteur, en réponse aux enjeux climatiques mais qui a rapidement mis en lumière des difficultés opérationnelles, accompagnées de surcoûts et d’arbitrages parfois défavorables au confort d’usage ou à l’équilibre économique des opérations.

 

Un premier bilan pour objectiver les tensions

À la demande du Gouvernement, un rapport d’évaluation de la RE2020, piloté par Robin Rivaton, président de Stonal, a été publié le 10 juillet 2025. Le constat : la réglementation a enclenché une dynamique industrielle vertueuse, mais elle comporte des effets de bord qui pourraient freiner la production de logements si aucun ajustement n’est opéré. Les 23 propositions issues de ce rapport ont été débattues avec les professionnels du secteur lors d’une phase de concertation menée entre août et septembre 2025.

Sur la base de ces échanges, le ministre du Logement lance une consultation obligatoire préalable à la publication d’un premier paquet de mesures, attendues par décret et arrêté en mars. L’objectif affiché est de concilier exigence environnementale et faisabilité des projets.

 

Premières mesures concrètes : un décret et un arrêté en mars

Plusieurs ajustements portent sur le confort d’usage et la conception des bâtiments. Des modulations sont prévues pour les balcons, loggias, terrasses ou les grandes hauteurs sous plafond, afin d’éviter que ces éléments ne soient systématiquement pénalisés dans le calcul carbone.

Les immeubles de grande hauteur (IGH) bénéficieront également d’adaptations spécifiques, notamment pour tenir compte des contraintes liées à la sécurité incendie. Dans ce cadre, la climatisation collective ne serait plus pénalisée lorsqu’elle est nécessaire dans des bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbain.

Autre point attendu par les professionnels : les projets de surélévation, identifiés comme un levier de densification en zone tendue, verront leurs seuils réglementaires adaptés lorsque l’extension reste inférieure à 30 % de la surface existante, hors maisons individuelles.

Une deuxième vague d’ajustements au premier semestre 2026

Ces premières évolutions ne constituent qu’une étape. Un second décret est d’ores et déjà annoncé pour le premier semestre 2026. Il doit notamment faire évoluer l’indicateur de confort d’été, afin de mieux prendre en compte les vagues de chaleur et les épisodes climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents sur l’ensemble du territoire.

Ce texte permettra également de réinterroger les seuils de contenu carbone de la construction, en s’appuyant sur les dernières données environnementales disponibles et sur les retours d’expérience du terrain.

Journaliste depuis plus de 20 ans, Marie-Laure dirige les rédactions du Pôle Bâtiment de Zepros depuis 2014, pilotant contenus et événements autour des enjeux de transition écologique, numérique, réglementaire et d’innovation.
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