Revibat fait revivre la laine de verre
L’entreprise Revibat s’échine, depuis 1 an, à rendre l’isolation par laine de verre la plus vertueuse possible en récupérant de la matière en fin de vie et des chutes de chantier afin de les recycler en isolant neuf.
Chaque année, en France, 140 000 t. de laines minérales (verre et roche) sont enfouies ou incinérées. Un gaspillage inacceptable qui représente, pour Nicolas Brousse et ses associés, un gisement potentiel important et donc une opportunité à saisir au moment où l’Indice carbone de la construction prend de l’importance. Après 3 ans de R&D, un gros travail de sourcing des machines et la mise au point d’une ligne pilote, Revibat lance son activité en 2025 : produire un isolant incombustible 100 % recyclé.
Depuis, l’entreprise n’a pas chômé : elle a déposé 4 FDES, obtenu la certification Acermi et proposé une gamme complète de panneaux isolants Reviver, compatibles avec l’ITE, l’ITI, l’isolation des planchers, des combles perdus ou aménagés et des cloisons intérieures. Le produit se présente sous la forme d’une laine de verre densifiée (40 kg/m3 contre 15 à la laine de verre native), d’une résistance thermique de 0,035 W/m.K et d’un poids carbone de moins de 3,5 kg CO2/m². Pour la mise en œuvre, pas de souci, les laines recyclées se posent strictement comme des laines de verre classiques, sans modifier ses habitudes de travail. Côté prix, la laine de verre recyclée reste plus onéreuse que la laine native mais moins chère que les biosourcés. Et ces derniers n’ont pas un comportement au feu A2s1d0 (incombustible).
140 000 t/an de laines minérales de gisement potentiel disponible
Le procédé industriel est protégé par 6 brevets différents. Mais, dans les grandes lignes, les laines de verre issues de déconstructions en Île-de-France, sont triées, vérifiées puis traitées et mélangées afin de garantir un produit homogène avant un passage en four basse température (moins de 200 °C) avec ajout d’un liant chimique. La nappe obtenue est ensuite découpée en panneaux semi-rigides conditionnés en fardeaux et palettes. Détail intéressant, ce process « bas carbone » repose à la fois sur la réutilisation d’une ancienne usine Siniat à Monthyon (Seine-et-Marne), sur l’emploi de machines de seconde main, d’emballages en plastique lui aussi recyclé, et sur un approvisionnement en énergies vertes (électricité décarbonée et biogaz). La première ligne de production est capable de traiter 10 t./jour de laines, soit l’équivalent de 2 000 m² d’isolant (sur 13 cm d’épaisseur). Le tout grâce à une seule équipe de 7 personnes. La capacité pourrait être doublée voire triplée avec plusieurs équipes, tandis que la ligne de production pourrait être dupliquée dans une autre région où le gisement de laines de verre à recycler serait important, comme à Lyon ou Toulouse. L’objectif pour Revibat sera d’atteindre 3,9 M€ de chiffre d’affaires en 2026, puis de le doubler en 2027 afin de pouvoir lancer des constructions de nouvelles unités en 2028… puis de s’étendre hors des frontières françaises vers la Belgique et l’Allemagne notamment. L’entreprise compte déjà parmi ses clients Bouygues Immo, Nexity, Léon Grosse et Leroy Merlin, mais aussi F2A (industrie), ou des entreprises comme Goyer, Davitec et Cathelain, et avait identifié environ 400 prospects en 2025. Les ambitions sont donc grandes pour la laine de verre recyclée, apte à répondre aux exigences carbone accrues de la RE2020. D’autant qu’une laine de roche recyclée pourrait peut-être venir la compléter ultérieurement.