[Rapport de branche FDMC] En 2020 des effectifs en légère hausse, mais un boom de l’apprentissage

Stéphane Vigliandi
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FDMC Rapport de branche 2020

Publié par la FDMC ce 9 février, le “Rapport de branche 2020 du négoce des matériaux de construction” affiche « une hausse sans commune mesure » concernant le nombre de contrats d’apprentissage signés et des perspectives plutôt encourageantes sur le front de l’emploi malgré – ou à cause de – la crise sanitaire. Inventaire.

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Embauches et départs, rémunérations, conditions et temps de travail, taux d’absentéisme, recours au chômage partiel, formation et apprentissage… Validé le 18 janvier dernier par la CPNEFP (Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation), le nouveau rapport de branche 2020 mis en ligne sur le site de l’Observatoire des métiers du négoce de matériaux de construction dresse un bilan 2020 globalement positif de la profession malgré la pandémie. Comme tous les ans, le document de 112 pages dresse un volet Emploi et un volet Formation portant sur les données fournies par l'OPCO Constructys. Avec des évolutions plus ou moins marquées par rapport à l’édition 2019.

Sur le volet Emploi

Premier constat, a priori, positif, la filière a vu ses rangs s’agrandit avec 3 551 entreprises recensées l’an dernier – dont 77 % de moins de 11 salariés – contre 3 301 en 2019. Reste que « cette hausse s’explique notamment par l’augmentation du nombre d’entreprises de la branche adhérentes chez Constructys », tempère le rapport. Au total, le parc commercial des négoces généralistes et multispécialistes compte « environ 8 900 établissements » (points de vente, entrepôts) : soit en moyenne 2,5 établissements par entreprise. En toute logique, l’Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes concentrent plus du quart des sièges sociaux des groupes de distribution. Cette proportion grimpe à près de la moitié en y intégrant l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.
Second constat sur le front des effectifs estimés : au 31 décembre 2020, ils étaient 79 900 dont 78 350 salariés et 1 550 non-salariés (dirigeants non-salariés, conjoints, bénévoles…). La hausse globale est de l’ordre de 1,5 % entre 2019 et 2020 après un +1 % entre 2018 et 2019, tandis que l’effectif moyen, lui, s'élève à 20,7 salariés par entreprise. Représentant moins de 1 % des sociétés du secteur, les 39 grands groupes et ETI (plus de 300 salariés) concentrent à eux seuls un peu plus de la moitié des collaborateurs de la profession (à hauteur de 51,5 %).

À l’autre bout de la chaîne, les 2 739 entreprises de moins de 11 salariés (indépendants purs ou adhérents à un ou plusieurs groupements) s’appuient sur des équipes composées en moyenne de 3,3 salariés. Dans l’ensemble, tous ces chiffres sont peu ou prou dans la même veine que ceux fournis dans le rapport 2019.
Si la pyramide des âges (42 ans quelle que soit la taille de l’entreprise) est plutôt similaire selon le sexe, les hommes restent toujours majoritaires (74,5 %) dans les allées des négoces et dans les cours matériaux. Satisfecit toutefois pour les enseignes ? Les femmes (25,5 % des effectifs) y sont aujourd’hui deux fois plus représentées que dans les entreprises du Bâtiment (environ 12 % selon la FFB).

En 2020, 15 100 salariés ont été recrutés dans les négoces : un taux de recrutement de 19,5 % dont 75 % d’hommes et 71,5 % en CDI et 2 % en contrat de professionnalisation. Ce chiffre global est en repli comparé à 2019 (taux à 23,7 %).

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À propos de l’ancienneté moyenne des salariés qui se fixe autour des 10 ans, elle s’érode légèrement (6 mois) comparée à 2019. Effet des départs en retraite plus conséquents en 2020, contre-coup de la crise sanitaire où le tourniquet des départs volontaires a joué – peut-être – un peu plus sur un marché de l’emploi toujours très tendu, fin de période d’essai pour des CDD non reconduits, licenciements pour raison économique ? Le phénomène n’est pour l’instant pas significatif pour en tirer de quelconques conclusions. Il sera intéressant d'observer l’évolution au fil de l’eau. Quoi qu’il en soit, 13 950 salariés ont quitté leur entreprise : soit un taux départ de 18,1 %. Un quart des départs sont liées à des démissions et plus de 20 % correspondant à des fins de CDD (le premier motif de départ chez les femmes). 

En termes de fonctions et postes occupés, les ouvriers-employés représentent toujours le gros des troupes (64 % des effectifs), tandis que 43,5 % des salariés occupent une fonction commerciale et un peu plus de 30 % une fonction logistique. C’est dans les sociétés de plus de 300 salariés que les postes de cadre sont, en toute logique, plus nombreux pour assurer les fonctions support (commerce, marketing, communication, ADV, finances, supply chain, SI…). Avec un taux de 17,5 % contre une moyenne nationale à 15,5 %.
Au chapitre des conditions de travail, la filière privilégie largement les CDI (à 95 %). Seuls 3,5 % des collaborateurs occupent un temps partiel : un phénomène qui touchent nettement plus les femmes comparées aux hommes : respectivement 9,5 % vs 1 % (tous salariés confondus).

À propos des horaires de travail hebdomadaire, près de 70 % des salariés sont aux 35 heures – à 90 % dans les sociétés de 300 salariés et plus. Crise Covid et confinements successifs en 2020 ont aussi obligé les enseignes à faire appel aux heures supplémentaires (42,5 % des négociants) pour assurer la continuité de service sur les chantiers et dans les ateliers.

Enfin six salariés sur dix ont connu au moins une période de chômage partiel – à tout le moins sur la première partie de 2020. Ce taux monte à 80 % dans les grands groupes (intégrés, ETI familiales…) qui avaient rouvert leurs points de vente moins rapidement que leurs confrères indépendants lors du premier confinement. Principales fonctions touchées ? Les postes commerciaux (plus de 40 %) et un tiers des salariés dans les fonctions logistiques. L’an dernier, le phénomène aura été à peine perceptibles puisque seuls 2 % des salariés ont été concernés.

« Le contexte difficile [en 2020] s’est traduit par des périodes de chômage partiel, mais nous constatons cependant une légère hausse des effectifs sur l’année. Les perspectives de recrutement témoignent également d’un dynamisme certain dans l’ensemble de la branche. »

Stéphanie Gazel, secrétaire générale en charge des affaires sociales et de la formation à la FDMC

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Sur le volet Formation

Autres faits intéressants à noter en 2020 : 517 contrats de professionnalisation ont été signés par 103 entreprises ; ce qui représente en moyenne 5 contrats par entreprise. En revanche, la branche en avait conclu 711 en 2019 et la courbe est largement descendante depuis 2016 où 1 013 contrats avaient été conclus. Si le rapport ne dresse que ce constat, il sera sans doute intéressant d’en connaître ultérieurement les raisons. Reste que la part des contrats de professionnalisation en CDI flirte avec les 30 %. C’est « plus du double de 2019 », se félicite l’Observatoire qui relève en outre que deux-tiers des contrats signés concerne “la” fonction pivot du négoce : le commerce et la vente. Carton jaune sans doute à propos de la durée moyenne ! Elle continue de se baisser : 15,2 mois en 2020 contre 16,6 mois en 2019 et 15,8 mois... il y a dix ans. Là encore, serait-ce lié à un effet collatéral momentané depuis le début de la crise sanitaire ?
En revanche, c’est en matière de contrats d'apprentissage que le rapport attribue ses bons points. En 2020, la profession a accueilli 1 794 apprentis contre 970 en 2019 : une véritable explosion (soit +85 % d’apprenti.e.s. en un an) qui concernent 70 % d’hommes. S'ils ne représentant que 3 % des contrats de travail chez les distributeurs matériaux, l’apprentissage occupent à 95,5 % les jeunes de moins de 26 ans dans les entreprises. D'après le rapport, chaque entreprise a accueilli en moyenne 3,2 apprentis. Quant aux CQP (140 salariés concernés en 2020), 33 % des collaborateurs a suivi une formation de vendeur conseil ; presqu’autant pour le CQP d’ATC (32 %) et 20,5 % pour les magasiniers. Quant à l’édition 2021, le rapport de branche sera publié en cours d’année. Avec des tendances de fond qui vont se confirmer… ou pas ?

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