[Covid-19] Frans Bonhomme : un nouvel actionnaire et plus de 120 M€ de cash pour se relancer

Stéphane Vigliandi
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Avec « plus de 60 M€ » d’aide de financement garantie par l’État et 60 M€ de nouvelles liquidités, le numéro un français de la distribution spécialisée dans les travaux publics et l’adduction d’eau potable s'octroie les moyens de rebondir. Son actionnariat majoritaire, lui, change de mains.

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EN PHOTOPrêt garanti par l'État (PGE) et recapitalisation devraient permettre au Groupe Frans Bonhomme de repartir du bon pied dans un contexte de marché qui demeure toujours compliqué, voire incertain. Dans sa dernière note de conjoncture publiée le 7 juillet, la Fédération nationale des Travaux Publics (FNTP) constate que « la pandémie stoppe net l’activité ». Selon ses estimations, « le secteur devrait ainsi subir une perte d’activité de 15 % à 20 % sur l’ensemble de l’année » 2020.

Le combat de “titans” entre Hayfin Capital Management (dit “Hayfin”) et Centrebridge n’aura été que de courte durée. Alors que, début juin, le quotidien économique Les Échos s’interrogeait sur le « bras de fer pour le contrôle de Frans Bonhomme », les deux principaux protagonistes sont finalement parvenus à un accord. À l’époque, le journal soulignait qu’à la suite d’une demande de prêt garanti par l’État (PGE), « cette fois, le blocage ne vient pas des banques », mais d’« une passe d’armes entre son principal créancier, l’européen Hayfin, et son premier actionnaire, l’américain Centerbridge ».

Entre ces deux fonds de dette anglo-saxons, les rôles ont aujourd'hui littéralement changé. Dans un communiqué commun publié ce 10 juillet, le distributeur d’origine tourangelle, son ex-principal créancier Hayfin et son – désormais – ancien actionnaire majoritaire Centerbridge ont annoncé « plus de 120 millions d’euros pour accélérer la reprise » du premier grossiste hexagonal en canalisations.

À l’image de nombreux groupes français (Conforama qui vient d’être racheté par le frère ennemi But, Courtepaille, Camaïeu, La Halle, SoLocal, etc.), Frans Bonhomme qui a repris une activité “normale” le 8 juin, a assisté en somme à une joute à fleuret moucheté entre ses deux principaux bailleurs de fonds. Mais le duel vient de se solder par l’arrivée d’argent frais. Dans leur communiqué, les trois partenaires mentionnent en effet la signature d’un accord entre Hayfin et Centrebridge « pour recapitaliser le groupe […] en réponse aux difficultés liées à la pandémie de Covid-19 ».

Niveau de service clients et projet industriel

Comme beaucoup d’entreprises, Frans Bonhomme est lui aussi confronté à un “choc de trésorerie”. Au total, ce sont « plus de 120 M€ » de liquidités qui sont injectés en deux lots dans le capital du groupe. D’une part, un PGE « pour un montant total de plus de 60 millions d’euros ». Et d’autre part, Hayfin verse « près de 60 millions d’euros de capitaux propres ».

Au passage, cet investisser londonien et spécialiste de la private debt – mais également principal créancier du Frans Bonhomme depuis 2014 – prend le siège occupé jusqu’à présent par Centrebridge Partners. Et devient « le nouvel actionnaire majoritaire ». De son côté, le fonds de dette nord-américain conservera un pied dans le groupe tourangeau « en tant qu’actionnaire minoritaire ».

Grâce à cet accord et l’injection « importante » de cash, le groupe que Pierre Fleck préside depuis mars 2018 va pouvoir « réinvestir dans ses stocks, régulariser sa situation vis-à-vis des fournisseurs et ainsi poursuivre la réouverture progressive de son réseau ». Mais également « retrouver un niveau de service répondant aux attentes de ses clients » après plusieurs semaines d’activité dégradée forcée.

Alors que « le marché se redresse », estime le spécialiste des TP, le PGE et l’augmentation de capital lui permet de « reprendre son projet industriel et sa stratégie de développement aussi bien en France qu’en Espagne » où Frans Bonhomme s’appuie, pour l’instant, sur un réseau intégré de 22 agences et 150 employés.

Avec l’intégration de DMTP (Point.P TP) fin 2019, l’ETI aux 2 850 salariés aime souvent rappeler qu’elle est entrée dans son « troisième tournant » stratégique pour « devenir un acteur majeur sur un marché en pleine transformation ». À ce sujet, le rebranding des anciennes agences Point.P TP cédées par SGDB France se poursuit.

Après le passage d’enseigne DMTP aux couleurs de son repreneur sur les sites de Chassieu (69) et de Pont-du-Château (63) début juin, c’était au tour, voilà quelques jours, du dépôt de Gémenos (13) d’arborer le logo Frans Bonhomme. Selon le distributeur, la bascule de ses points de vente Point.P TP « se clôturera à la fin de l’été ». Le 17 juin dernier, la direction du groupe tourangeau estimait que « le processus de changement de marque [avait] atteint le seuil des 50 % ».

Stéphane Vigliandi
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